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    RAM: Le nouvel envol du centre industriel

    Par L'Economiste | Edition N°:521 Le 03/06/1999 | Partager

    · Les ateliers de Nouaceur tournent à plein régime

    · Règle de base: Prévenir, sinon anticiper

    · La notion de petite panne n'existe pas dans l'aérien


    Autant une voiture peut se permettre de prendre la route avec un petit pépin de feux de position, un avion, lui, ne peut s'autoriser la moindre largesse. Il est vrai qu'à 10.000 mètres d'altitude C'est la théorie du risque zéro qui prévaut donc dans la maintenance des avions avec par dessus tout, la sécurité des passagers, priorité absolue des compagnies. "La notion de petite panne n'existe pas dans l'aviation", précise d'emblée Fouad Benbrahim, directeur commercial du Centre Industriel Aéronautique de la Royal Air Maroc. Le contrôle qualité est l'un des plus sévères que l'on retrouve dans l'industrie.
    Dans un avion, dit-il, tout équipement est sensible, y compris le siège du passager. Le droit à l'erreur ici est banni. La démarche dans l'aérien privilégie l'anticipation, et donc la prévention. Il y a ce que les experts qualifient d'entretien préventif, de petites vérifications de grandes fonctions sur un avion en transit, et la "daily check", la visite de fin de journée.
    Il n'est pas question d'attendre un dysfonctionnement pour intervenir sur l'appareil. Après 300 heures de vol, c'est l'immobilisation obligatoire d'une journée. Rien n'est fait au hasard, les équipements à vérifier et les procédures sont listés dans un manuel établi par le constructeur à la livraison de l'appareil. C'est le minimum qui doit être réalisé, libre à chaque compagnie de le dimensionner selon la densité de son activité. Ce planning de maintenance retrace les tâches qui doivent être accomplies pour chaque type de visite. Les visites A, B et C relèvent de ce que l'on peut qualifier de petit entretien. Elles durent respectivement 8, 48 et 120 heures. A cela s'ajoutent la visite intermédiaire et la grande visite. La première intervient tous les trois ans, et l'avion est arrêté pendant 21 jours. La grande visite, dite D, est une révision générale. Elle a lieu tous les 5-6 ans et dure entre six et huit semaines.

    La croissance du trafic aérien, mais surtout le boom spectaculaire de la demande des séjours vers le Maroc se ressentent dans les ateliers du centre d'entretien de la RAM. La majorité des touristes arrivant par vols charters, les avions sont de plus en plus sollicités. La moyenne d'utilisation des machines de la compagnie a grimpé au-delà de dix heures par jour. Du coup, les installations de Nouaceur sont au bord de la saturation et la Direction a dû refuser des commandes de compagnies étrangères faute d'espaces disponibles. Plus les avions volent, plus la cadence des visites s'accélère. Le transporteur étudie par ailleurs la faisabilité d'étendre les capacités de son centre d'entretien en aménageant un nouvel hangar capable d'accueillir des avions gros porteurs.
    Il y a encore peu, le centre industriel était un boulet pour le compte d'exploitation de la compagnie, car sous-utilisé. Il constituait en plus un des foyers de tension sociale dans l'entreprise avec la multiplication des grèves des techniciens. Le retournement de la conjoncture a tout basculé, même si les responsables restent prudents en raison de la volatilité du transport aérien. Sa productivité s'améliore, car le site travaille avec les mêmes effectifs, alors que l'activité de la compagnie est en hausse de 20%. Autre conséquence: le centre a fait appel au contingent des techniciens redéployés dans les autres départements pour faire face à ce regain d'activité.

    Le centre de maintenance et d'entretien de la Royal Air Maroc est un des principaux pôles technologiques du pays. Il est aujourd'hui compétent pour les petit et grand entretiens des modèles de la gamme Boeing à l'exception du célèbre 747. Pas non plus apte pour les Airbus, car il faut le recyclage des équipes. C'est là le paradoxe de centres de maintenance qui sont spécialisés par marque. Le site réalise aussi le petit entretien et la maintenance modulaire des moteurs et la révision générale des équipements. Pour l'instant, seule la révision générale échappe au centre technique de la RAM. La création prochaine d'une joint-venture d'entretien des moteurs avec le Français SNEGMA répond à cet objectif de garder sur place le maximum de valeur ajoutée.


    24 heures sur 24


    Le centre de maintenance et d'entretien de la RAM est en lui-même une entreprise dans l'entreprise. Avec un effectif de 1.300 employés dont 90 ingénieurs, il représente à lui seul le quart des effectifs de la compagnie. Ses installations bâties sur 38.000m2 jouxtent l'aéroport international Mohammed V de Casablanca. Côté organisation, le centre est structuré par atelier: avionique, pneumatique, moteurs, électronique, etc. Les installations tournent 24 heures sur 24 sous forme d'équipes de "3 fois 8".

    Abashi SHAMAMBA

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