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Economie

RAM, le grand test de politique économique

Par L'Economiste | Edition N°:1144 Le 15/11/2001 | Partager

. Le gouvernement va-t-il choisir la globalisation ou le renfermement?. Les centrales syndicales vont-elles oser la modernisation?Avec sa crise en “live”, la RAM sera un test d'importance primordiale. Avec ses ramifications dans la globalisation, dans l'Etat, dans les finances publiques, dans la politique du tourisme, les stratégies des syndicats… elle implique une grande partie des rouages de la nation. La solution qui en sortira aura valeur de schéma de référence pour chacun d'entre eux.La première référence et la plus importante des références concerne évidemment les choix des pouvoirs publics.L'Etat se trouve devant une compagnie à capitaux publics, assurant une mission de service public où le côté porte-drapeau et diplomatie a été très fort, voire dominant, depuis 40 ans. Or, on sait que cette mission fonctionne très mal dans la globalisation. Il coûte fort cher, plus que l'Etat ne peut payer dans la situation où il est aujourd'hui. De même, les contribuables comme les voyageurs le supportent de plus en plus mal. Mais les pouvoirs publics peuvent décider de maintenir les choses en l'état car les arguments politiques ne manquent pas: nationalisme, indépendance, volant d'action diplomatique, problèmes sociaux… Dans ce cas, cela voudrait dire que l'ensemble du secteur public peut réclamer le même traitement et que des secteurs privés peuvent le faire aussi en s'appuyant sur ces mêmes arguments. Cela signifierait que le Maroc coupe une partie de ses liens avec la globalisation ou bien fait financer par les contribuables les protections dont il estime avoir besoin. C'est un type particulier de politique économique qui en découle. On sait par expérience que ce n'est pas très efficace et qu'au bout de quelques années les mêmes problèmes reviennent en plus grands et plus compliqués. Mais cela peut avoir des avantages politiques sur le moment.Les pouvoirs publics peuvent aussi décider que l'entrée dans la globalisation est plus importante que les avantages politiques du moment. Dans ce cas, les problèmes sociaux, le volant d'actions diplomatiques, l'indépendance ou encore le nationalisme doivent se traiter d'une tout autre manière. Il faudra le reconnaître, ce serait une manière nouvelle pour le Maroc, qui a fort peu développé de doctrines dans ce domaine. Ainsi, pour les questions sociales, il n'a ni la conception américaine (qui préfère licencier plutôt que d'affaiblir les entreprises), ni la conception européenne (avec ses filets de sécurité des allocations chômage préparées depuis trente ans). De même en matière de diplomatie, il faudra repenser les actions et les budgets puisque les voyageurs captifs n'auront plus à financer. En tout état de cause, comme dans le choix précédent, le tissu économique, public et privé, comprendra immédiatement la leçon: la rentabilité se calculerait désormais par rapport aux marchés internationaux. Mais pour stabiliser ce choix, encore faudrait-il restructurer la compagnie et par exemple la faire passer sous le régime de la régulation vis-à-vis des marchés financiers, locaux et étrangers. Là encore, c'est un sérieux défi puisque les marchés locaux sont largement débranchés par rapport aux marchés étrangers. Le branchement imposera aux institutions comme à l'Etat lui-même une discipline nettement plus sévère que celle à laquelle ils sont douillettement habitués depuis toujours. Il ne faut pas négliger les difficultés d'un tel exercice. La deuxième référence, celle des actions syndicales, est aussi fort importante. Naturellement, aucune centrale ne voudrait porter la responsabilité politique d'une faillite de la compagnie: Djebel Aouam, General Tire, la SCIF… sont un passif lourd à porter. Mais d'un autre côté, reculer sur les “avantages acquis” n'a pas seulement un impact sur le moral et la taille des troupes. Il implique une remise en cause totale de la conception syndicale. Fini le confort du principe selon lequel les employés ne sont pas responsables de la gestion et donc ne doivent pas en supporter les conséquences. Or, les efforts de modernisation conceptuelle des trois grandes centrales au cours des années 90 ont été stoppés et ont reculé avec la reconduite systématique des vieux états-majors, l'année dernière. Les centrales sauront-elles remobiliser leurs modernisateurs après un tel camouflet? Là, la question du changement conceptuel se double d'un problème de ressources humaines, ce qui la rend encore plus difficile. Ce qui va se passer dans les semaines qui viennent à la RAM sera le guide de ce qui se passera ailleurs dans les relations de travail, dans la conception même du lien organique salariés-entreprise.On le voit, le cas RAM polarise des enjeux qui dépassent très largement la taille et la place de la compagnie dans le tissu économique. N. S.

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