×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    RAM-Exportateurs de tomates : L'affrètement d'un cargo bloqué par défaut de garanties

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    La RAM et un pool d'exportateurs ne se sont toujours pas entendus sur les modalités d'affrètement d'un cargo pour le Canada. La politique d'exportation souffre encore d'une stratégie mal définie.


    «NOTRE campagne risque d'être compromise parce que nous ne disposons toujours pas d'un avion cargo devant acheminer directement notre marchandise sur le Canada», souligne, l'air désabusé, M. Baha Eddine Shanableh, directeur général de Village Farms, une société membre d'un pool de 9 exportateurs de tomates. La cause de cette inquiétude: la Ram n'aurait pas traité avec toute la diligence requise la demande émanant de ce pool et relative à l'affrètement d'un cargo pour une opération qui devait s'étaler entre la fin novembre 1996 et la mi-mars 1997. La demande des exportateurs portait sur la programmation de 13 vols Agadir-Montréal à raison d'une rotation par semaine dans la perspective d'écouler 1.300 tonnes de tomates sur le marché canadien.
    A ce jour, le transporteur et les exportateurs ne se sont pas encore entendus sur les modalités. Mais pour M. Saâd Azzioui, directeur Pôle clients fret de la RAM, «il n'existe aucun litige». Le contact est toujours maintenu avec les exportateurs afin de trouver une issue favorable.

    L'initiative d'entreprendre une telle opération sur le Canada remonte à la dernière campagne. A la demande des exportateurs, la RAM avait affrété un cargo d'Air France, permettant ainsi de livrer 2.600 tonnes de tomates. Pour le pool, ce fut une réelle réussite. Cette opération portait pourtant les germes de l'actuel malentendu.
    En effet, sur les 35 vols arrêtés par le contrat RAM-Air France, 22 avaient été effectivement effectués. Au lieu de deux rotations hebdomadaires initialement prévues, les opérateurs avaient manifesté, en milieu de campagne, le désir de limiter la fréquence à une seule. La requête fut rejetée par la compagnie française. Elle soulignait avoir déjà bloqué son avion uniquement pour cette opération. Faute de consensus, les 13 vols restants avaient été annulés. Se sentant lésée, «Air France réclame aujoud'hui 1,3 million de Dollars à la RAM», fait remarquer M. Azzioui.
    Echaudée par ce litige, la RAM a donc décidé de modifier son approche. Après prospection, le choix s'est porté d'un commun accord sur Evergreen, une compagnie américaine qui a accepté de fournir un avion B747-200. En contrepartie, elle réclamait cependant des garanties en raison du nombre limité de vols et du fait qu'elle avait l'opportunité de placer son avion en Asie.

    La RAM a en retour normalement cherché à se protéger. Il était convenu que les exportateurs lui remettent une garantie en deux tranches (1,573 million de Dollars au total) couvrant l'ensemble du programme. Les opérateurs devaient également s'engager conjointement et solidairement dans cette opération. Conditions jugées irreceva-bles par ces derniers. Faute d'accord, «la RAM n"a pu contracter avec Evergreen», indique M. Azzioui.
    Une capacité de 30 tonnes par semaine est cependant mise à la disposition de la tomate sur les vols réguliers de la RAM en partance pour Montréal. Des facilités sont en outre obtenues, notamment avec Air France via Paris et Américan Airlines au départ de Bruxelles.
    Quelle que soit l'issue, ce différend illustre les approximations qui fragilisent encore les décisions d'exportation.

    L'opération sur le Canada constitue en effet une composante de la stratégie mise en place pour pénétrer le marché nord-américain, celui des Etats-Unis en particulier. En principe, ce pays doit s'ouvrir à la tomate rouge marocaine en décembre 1997. «Un échec serait mal perçu» , souligne M. Shanableh qui craint que la crédibilité du Maroc ne soit entamée par une défaillance.
    Pourtant, un GIE contractant pour toutes les sociétés impliquées dans cette opération aurait pu au départ limiter les risques de divergences. A l'évidence, la conquête de nouveaux marchés implique une organisation et une stratégie bien élaborées et réunissant l'adhésion de toutes les parties: exportateurs, transporteurs et structures d'accompagnement, entre autres.

    Alié Dior NDOUR.





    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc