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    Entreprise Internationale

    Rachat d'Orangina: Coca-Cola recalé, mais toujours intéressé

    Par L'Economiste | Edition N°:485 Le 14/04/1999 | Partager

    · Le Conseil d'Etat français confirme le rejet de l'acquisition de la petite bouteille par le géant d'Atlanta

    · Après la France, l'Allemagne pourrait s'opposer au rachat des marques de Cadbury-Schweppes

    Secousses au rayon des boissons gazeuses. La plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'Etat, a rejeté le 9 avril le recours présenté par Coca-Cola pour l'annulation de l'arrêté du ministre français de l'Economie et des Finances du 17 septembre 1998 qui bloquait le rachat d'Orangina par le géant d'Atlanta.
    Après l'annonce de cette décision, le titre Pernod Ricard a perdu lundi 12 avril 4,27% à la Bourse de Paris, à 56 Euros (1 Euro=10,7 DH). L'action est pénalisée par l'incertitude qui plane sur la vente d'Orangina et donc sur la plus-value que Pernod Ricard pourrait en tirer.
    Le protocole d'accord signé entre le groupe français et Coca-Cola, concernant la cession d'Orangina pour la somme de 5 milliards de Francs, remonte déjà à décembre 1997.
    Le 17 septembre 1998, la nouvelle tombe: Bercy refuse l'acquisition faute d'avoir obtenu des garanties suffisantes sur le respect de la concurrence dans le secteur des ventes dites "hors-domicile".

    Avant de formuler une décision définitive, le ministre français de l'Economie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn, a pris l'avis du Conseil de la Concurrence qui a effectué une analyse très fine du marché. Sa conclusion: l'acquisition d'Orangina conduirait, sur le marché des boissons gazeuses vendues hors domicile, à un quasi-monopole de la Coco-Cola Company. Stratégique, le "hors-domicile" est le créneau où se construisent les images des marques et où se prennent les habitudes alimentaires. Dans ce secteur, expliquent des spécialistes, les fabricants proposent des gammes de produits vendues en bloc. Les clients choisissent soit les marques de Coca-Cola (Coca-Fanta-Sprite), soit la combinaison Pepsi-Orangina-Seven Up. En achetant Orangina, Coca-Cola allait priver son ennemi juré Pepsi-Cola de la possibilité de présenter une gamme cohérente.
    Après la décision du Conseil d'Etat, Coca-Cola s'est déclaré "toujours intéressé" par le rachat de la petite bouteille. Du côté du Ministère français de l'Economie et des Finances il est précisé que "l'Etat garde la pleine capacité d'examiner une nouvelle notification dans les conditions actuelles du marché".
    La décision du Conseil d'Etat a donné ainsi un sérieux coup de frein aux ambitions expansionnistes du géant d'Atlanta.
    Après cela, il aura aussi à gérer un autre dossier épineux. En effet, l'Office allemand des cartels à Berlin a confirmé le 9 avril dernier qu'il envisage d'interdire le rachat par Coca-Cola des marques non alcoolisées du Britannique Cadbury Schweppes en Allemagne. Là aussi, les craintes d'atteinte à la concurrence sont fortement relevées.
    Aujourd'hui, en Europe comme aux Etats-Unis, face à des multinationales de plus en plus grandes qui acquièrent des monopoles mondiaux, les Etats et les pouvoirs publics usent de leur légitimité pour préserver les règles du marché.

    Meriem OUDGHIRI (AFP)

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