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    Affaires

    Rabat/Transport urbain
    Rififi autour de la ligne 55

    Par L'Economiste | Edition N°:2703 Le 30/01/2008 | Partager

    . Des failles au niveau des procédures administratives. Deux compagnies se disputent le gâteau LE conflit qui oppose depuis plusieurs semaines les deux sociétés de transport Karama bus et STAB, s’enlise. Aussi, les autorités ont décidé de passer à l’action. Lundi dernier, 60 bus appartenant à la première compagnie ont été arrêtés par les brigades de la police de circulation de Salé et mis en fourrière. Sans manquer de retirer les permis de conduire des chauffeurs opérant sur la ligne 55, objet du litige. Rappelons que l’exploitation de ce trajet a été dernièrement à l’origine d’un conflit entre les deux sociétés qui a dégénéré en de violents affrontements en pleine rue. Des personnes ont même été gravement blessées. La bagarre a pris des allures de guérilla urbaine avec la mise en place de barrages pour bloquer le passage des véhicules. Une situation déplorable qui prend en otage les usagers et qui trouve son origine dans une mauvaise gestion du dossier. En effet, chaque société est, documents administratifs faisant foi, dans son bon droit. «Nous avions acquis d’une manière légale la société Raha bus à laquelle a été confiée la concession de l’exploitation des lignes 42 et 55», précise El Joumani Sidi Brahim, directeur de Karama Bus. Pour ce dernier, STAB ne veut pas de concurrent au niveau de Salé considéré comme son territoire protégé. «Notre tarif de 4 DH appliqué pour la ligne 55 a été apprécié par les habitants», souligne El Joumani. «Cette ligne, d’une longueur de plus de 76 km, facilite le déplacement des citoyens directement vers plusieurs quartiers de Rabat et de Salé, sans changement de bus», argumente-t-il. «Et jusqu’à présent, nous n’avions reçu aucun écrit de la wilaya nous interdisant expressément l’exploitation de cette ligne», conclut El Joumani. Autre son de cloche du côté du concurrent. Son patron, Abdellah Bouzid estime que «la concession est strictement personnelle, et, par conséquent, non partageable avec un autre exploitant». STAB est catégorique: la société Karama n’aurait jamais dû avoir l’autorisation de desservir la ligne 55. Dans ce cas, qui a tort, qui a raison? En tout cas, une chose est sûre: depuis 2002, tous les opérateurs privés travaillent dans l’illégalité, car les contrats de concession n’ont pas été renouvelés. Ce conflit a permis également de révéler qu’une grande partie des opérateurs se trouvent en situation irrégulière vis-à-vis du fisc ainsi que des organismes sociaux. Des sommes colossales sont en jeu! Des conditions dont devra tenir compte le futur délégataire des transports publics sur les agglomérations de Rabat, Salé et Témara. Rappelons que trois consortiums restent en compétition pour la gestion déléguée de ce secteur. Il s’agit de Keolis, National Express (maison mère d’Alsa) et Veolia. Les conditions de cet appel d’offres exigent la participation des opérateurs privés locaux dans le capital de la future société gestionnaire. Les compagnies de Bouzid et d’El Joumani ont rejoint Veolia. Mais la société Karama s’est retirée du groupe la veille de la remise des appels d’offres fin juin dernier. Ainsi, contrairement au groupe Bouzid, la société Karama ne pourra pas continuer ses activités à Rabat après la désignation du futur opérateur. «C’est ce qui explique le conflit autour de la ligne 55», selon certains observateurs. Il est certain que les autorités devront au plus vite tirer les choses au clair et dénouer le problème. Sinon, la gestion déléguée du secteur risque de capoter. «Il s’agit d’un projet complexe qui porte sur des milliards sans oublier son importance pour l’avenir de la capitale», rappelle une personne proche du dossier. Les usagers attendent aussi impatiemment de savoir qui va assurer leurs déplacements quotidiens. Et dans les meilleurs conditions.


    Réserves

    LA wilaya et l’autorité délégante bouclent les dernières négociations avec chaque soumissionnaire pour examiner les conditions prévues dans les offres. A titre d’exemple, Veolia soulève le problème des investissements pour l’aménagement des couloirs des futurs bus. Pour l’opérateur Alsa, il faut prévoir une clause en cas de pertes consécutives à la mise en service du tramway en 2010. Aussi, le délégataire, pour éviter ce genre de problème, envisage de confier la gestion des bus ainsi que le tramway à un seul opérateur. Cela permettra également la mise en place d’un système de gestion efficace et faire bénéficier les habitants du système de l’intégration tarifaire. Comme cela a été recommandé lors des travaux de la rencontre régionale de Skhirat sur les déplacements urbains, les 22 et 23 janvier (www.leconomiste.com).Nour Eddine EL AISSI

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