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Entreprises

Rabat transport: Staréo s’en va

Par L'Economiste | Edition N°:3509 Le 15/04/2011 | Partager
La filiale de Véolia Environnement a perdu plus de 700 millions de DH en deux ans seulement
Très forte concurrence déloyale
Pas de menace sur l’emploi, ni sur la continuité du service, dit Oualalou

Le maire Fathallah Oualalou (ici lors du Forum de Paris-Casablanca Round de 2011) assure qu’il n’y aura pas de rupture du service des transports urbains ni de menace sur les 3.500 emplois

C’EST pratiquement officiel: Staréo renoncera à exploiter son contrat de transport urbain sur l’ensemble Salé-Rabat-Témara. L’affaire est pendante depuis plusieurs semaines. La raison en est l’accumulation de pertes colossales sur une très courte période et peu d’espoir de redresser la barre compte tenu du contexte. Ce contexte est celui de la concurrence déloyale, exercée d’une part, par le transport informel et d’autre part par la prise en charge directe par les ministères du transport de leurs fonctionnaires. Ces derniers, qui ont le pouvoir d’achat le plus élevé de la capitale politique, utilisent de préférence les quelque 500 bus, propriétés de leurs ministères respectifs. Des promesses auraient été faites à Véolia Environnement de rendre ce contexte plus transparent. Ce qui n’a pas été fait. En cause, semble-t-il, la résistance des syndicats de fonctionnaires, d’une part, et les hésitations des autorités publiques à lutter contre les transports informels.
En problème annexe à l’informel, les grands taxis qui assurent les transports
interurbains, et qui à ce titre peuvent intervenir au sein même de la conurbation puisque ce sont trois villes différentes, même si elles se touchent aujourd’hui.
Sur ces points, ce sont donc de fortes pertes de marché que Staréo a essuyées.
Autre point en question, la présence au capital de Staréo de deux actionnaires marocains, Hakkam et Bouzid, lesquels au départ disaient contrôler la moitié du capital, et qui aujourd’hui seraient aux alentours de 25%, sans que l’on puisse savoir si les engagements de ces groupes ont été honorés. Cette situation est un facteur supplémentaire d’opacité et de difficultés. Rappelons que ces présences avaient déjà fait l’objet d’interrogations, il y a plus de dix ans, alors que Driss Basri avait la haute main sur le transport urbain. Le maire de Rabat, Fathallah Oualalou, assure qu’il n’y aura pas de rupture du service public. Il promet aussi que l’emploi restera garanti, même pendant l’inévitable période de transition, qui s’ouvrira à partir de l’annonce officielle du retrait de Véolia Environnement du transport urbain de Rabat. Staréo emploie 3.500 personnes, pour exploiter 440 bus, soit un peu moins de 9 employés par bus. Notons pour mémoire qu’au moment de la grande crise de la RATR, la vieille Régie autonome des transports de Rabat, au début des années 2000, il y avait presque 15 employés par bus, avec un déficit de 1,4 milliard de DH ! Le témoignage direct de la gestion népotique des services municipaux (cf. notamment, www.leconomiste.com des 30 juillet 1998, 23 juin 2003 et 29 juin 2005).
Aujourd’hui, le déficit de Staréo, tout juste deux années pleines d’exploitation, dépasse les 700 millions de DH. En effet, le contrat ne date que de 2008 et est entré en vigueur en 2009. La délégation de service aurait dû courir sur 15 ans. Valeur aujourd’hui, un arrangement entre la mairie, l’entreprise et la wilaya prévoit une période de transition, en attendant de trouver un nouvel exploitant. Cependant, le montage sera différent, avec une société patrimoniale et une société d’exploitation. Les autorités politiques de Rabat verraient d’un bon œil que l’exploitant du tramway s’intéresse à cette opération. «Mais, souligne le maire, ce sera après un appel d’offres de service». L’autorité délégante de transport public de Rabat a décidé de créer une société de développement locale chargée de gérer ce secteur en remplacement de Staréo. Elle entrera en fonction dès la semaine prochaine pour une durée de deux mois avec un parc estimé à 320 autocars.
Il faudra aussi remettre de l’ordre dans le contexte imposé à l’exploitant, quel qu’il soit. Si la situation est moins dramatiquement désordonnée qu’à la fin des années 90, il n’en reste pas moins que les autorités politiques, municipales et gouvernementales, ont peu de prise sur les conflits d’intérêts que suscitent les transports urbains.


Une filiale de Véolia Environnement


STARÉO est une des filiales marocaines de Véolia Environnement. Staréo aura donc accumulé des pertes de l’ordre de 700 à 750 millions de DH en à peine deux ans d’exploitation des transports urbains de l’ensemble Salé-Rabat-Témara. En 2010, le chiffre d’affaires total de Véolia Environnement dans le monde a été de 35 milliards d’euros, soit l’équivalent du tiers du PIB du Maroc. Le résultat net part de groupe, tel que publié à Paris courant mars, est de 581 millions d’euros. Outre le Maroc, Véolia est présent dans 73 pays et y emploie plus de 300.000 personnes.
Le métier de base et le plus grand contributeur au chiffre d’affaires reste l’eau. C’est d’ailleurs sur ce secteur que l’entreprise a essuyé de fortes critiques et des protestations à Tanger et Tétouan. Fathallah Oualalou assure que le retrait de Véolia, s’il est officiellement confirmé, n’est pas lié à ces manifestations.


N. S.

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