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    Rabat: Que de Chantiers!
    Les nouvelles locomotives de l’économie régionale
    Entretien avec Nabil Kharroubi, directeur du Centre régional d’investissement

    Par L'Economiste | Edition N°:2886 Le 22/10/2008 | Partager

    . L’offshoring, l’aéronautique, l’automobile et l’industrie textile. Face à l’investisseur, tous les services de l’Etat ne vont pas à la même vitesseCasablanca n’a plus le monopole des grands projets d’investissement. Son statut de centre financier du pays ne suffit plus pour garder le leadership d’antan. Grâce à un travail en profondeur, Rabat et sa région sont devenues en quelques années de principaux destinataires des investissements étrangers. Et il n’y a pas que le Bouregreg. L’automobile, l’aéronautique, le textile et depuis peu l’offshoring, sont les nouveaux piliers de l’économie régionale. - L’Economiste: Peut-on considérer que la région de Rabat est en train de réduire le gap d’attractivité par rapport à Casablanca?- Nabil Kharroubi: Non, pas encore. La région a beaucoup à faire avant de devenir un grand pôle économique de la dimension de Casablanca. Pour autant, la mutation est certaine. Il y a quelques années, elle était essentiellement une concentration d’administrations. Aujourd’hui, la région est devenue un des pôles d’attraction de l’investissement à l’échelle du Royaume. Cette marche en avant va se poursuivre. Rendez-vous dans cinq ans pour faire le point.- Beaucoup de rumeurs circulent sur le projet d’Emaar dans la région. Il se dit que le groupe serait en difficulté financière et qu’il aurait réduit la voilure de son projet. Qu’en est-il exactement?- Pas du tout, le business plan du groupe est toujours le même. Le seul projet de ce groupe dans la région est celui de la valorisation de la corniche. Aujourd’hui, nous en sommes à la validation définitive du programme portant sur la première tranche. Comme vous le savez, la corniche de Rabat qui s’étend sur 13 km, a été séquencée en plusieurs phases avec l’obligation pour le groupe Emaar de valoriser tout ce qui peut l’être et en parallèle, d’embrayer sur un programme de réhabilitation. C’est clair qu’il y a une péréquation à faire. Nous lui avons demandé de se concentrer sur la première tranche afin de donner une impulsion à l’offre immobilière et touristique et d’attirer de nouveaux investisseurs et opérateurs sur la corniche. Après, viendra la phase de réhabilitation de la corniche pour être en cohérence avec la vallée du Bouregreg.- Selon une enquête publiée dans L’Economiste, un investisseur sur trois serait insatisfait des prestations des CRI. Où sont les failles?- Je dois vous avouer que j’ai été surpris par les conclusions de cette enquête, mais je pense qu’elles doivent être analysées d’une façon nuancée. Aujourd’hui, qu’il s’agisse de l’assistance à la création d’entreprises ou de l’aide à l’investissement, les Centres régionaux d’investissement sont garants des procédures et du respect de la réglementation. Si l’on accuse des retards sur telle autorisation ou tel autre acte juridique, c’est sûrement à cause d’un grain de sable dans la machine qui peut avoir plusieurs sources: une panne du système d’information, un déficit ou un manque de coordination entre différents services concernés ou une indisponibilité de l’information, …Tout cela peut se traduire par des délais supplémentaires. Mais, grosso modo, six ans après la création des CRI, que ce soit dans la création d’entreprises ou dans l’accompagnement des investisseurs, il y a eu des améliorations qui ont dépassé nos prévisions. Aujourd’hui, quelle que soit la forme juridique, la création d’une entreprise dépasse rarement les 48 heures et au maximum, elle est de 72 heures. Néanmoins, je vous concède que tout n’est pas parfait. Malgré l’institution des procédures, nous n’avons pas le même écho de la part de tous les départements. Nous souhaiterions aller plus vite que les délais de rigueur de traitement des dossiers. Une commission ad hoc au ministère des Affaires économiques planche actuellement sur la simplification des procédures. Il va falloir non seulement en revoir certaines, mais aussi en élaguer afin de fluidifier l’accompagnement des investisseurs et la création d’entreprises. Certaines légalisations de signatures par exemple sont aujourd’hui sans objet. - Ce n’est pas le délai de création d’entreprise qui est en cause, mais les tracasseries que rencontrent les investisseurs. C’est cela qui fait douter de l’efficacité du CRI.- Sur l’action d’aide à l’investissement proprement dite, il y a encore des difficultés, je vous le concède. Nous-mêmes, nous avons beaucoup de mal à répondre à toutes les requêtes qui émanent des investisseurs. L’une des difficultés les plus récurrentes concerne la recherche du foncier. Aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure de donner satisfaction à toute demande de terrain. Ce type de requête exige des délais qui ne sont pas prescrits dans la réglementation, et cela crée forcément de l’impatience et de l’insatisfaction chez les promoteurs. La recherche d’un terrain appartenant au domaine privé de l’Etat nécessite plus de temps d’autant plus que nous ne disposons pas d’une base foncière, ni de partenariat stratégique avec les principaux intervenants dans ce domaine. - Qu’est-ce qui vous en empêche alors que le problème est identifié?- Ecoutez, ce sont des lacunes. C’est ce sur quoi nous sommes en train de travailler avec les différentes administrations. Il n’est pas évident d’avoir une cartographie foncière du domaine privé de l’Etat pour offrir des terrains à des prix raisonnables. Vous savez, le CRI n’est pas seul à décider dans ce domaine, chaque membre de la commission a sa vision, ses contraintes, etc. Il nous revient de concilier entre les contraintes du territoire et celles du projet d’investissement, chaque demande étant spécifique à la nature du projet. En ce qui nous concerne, nous recevons la requête, mais nous sommes dépendants des autorisations qui viennent de plusieurs services de l’Etat et des commissions. Or, qui dit commission, dit délais de consultation, de traitement, etc. Tout cela prend du temps et encore plus lorsque les administrations ne se mettent pas d’accord à cause de divergences.- N’est-ce pas à ce niveau qu’il y a urgence en matière de simplification? C’est-à-dire, alléger un peu plus le processus de décision…- Pour nous, c’est tout aussi important que les procédures proprement relatives à la création d’entreprise, même si dans un dossier d’investissement il est plus difficile de faire en sorte que tous les intervenants aillent à la même vitesse. Notre rôle est d’être l’interface entre l’investisseur et les administrations pour optimiser la concertation et faire la synthèse. Au CRI, nous sommes en quelque sorte l’avocat de tout projet. Ce n’est pas facile d’être dans cette position parce qu’il y a des plans d’aménagement à respecter, des dérogations à obtenir, des études d’impact à réaliser et, donc, des coûts supplémentaires pour l’investisseur. Tout cela ajoute des contraintes supplémentaires à l’investisseur.- Le décret portant création des CRI transfère un certain nombre de compétences en matière foncière au niveau local. Bien de vos collègues estiment que ce point est resté lettre morte. Est-ce le cas de Rabat?- Dans l’ensemble, nous sommes plutôt conformes à l’esprit du texte auquel vous faites allusion même si nous ne sommes pas d’accord sur un certain nombre d’arguments avancés par certaines administrations pour ne pas donner une suite favorable à un projet. En tant que CRI, ce qui nous importe, c’est de favoriser au maximum les projets, mais vous savez, chacun a sa spécificité et ses difficultés. Notre valeur ajoutée consiste justement à passer outre ces contraintes. C’est vrai que l’on arrive parfois à des compromis à l’arraché. - C’est encore la direction des Domaines qui vous fait des misères…- Non, non, je ne blâme personne. Chaque département a son mot à dire, et toute la difficulté est là justement. Le consensus est pratiquement impossible, d’où notre rôle d’avocat que j’ai évoqué auparavant. Ceci étant, ce n’est pas que le foncier qui pose problème, mais aussi des plans d’aménagement qui ne sont pas en cohérence avec la nouvelle donne de la région. Il y a par ailleurs un certain nombre d’administrations qui ne sont pas encore en phase avec la mutation que connaît notre pays.- Qui tranche en cas de divergences profondes entre les administrations?En cas de divergences, et il y en a très souvent, c’est au wali que revient le dernier mot.- Mais dans certaines régions, il y a eu des cas où l’arbitrage du wali n’a pas été appliqué, notamment en matière foncière.- C’est possible, mais franchement, je n’en ai pas eu connaissance. En ce qui nous concerne, nous préférons ne pas donner suite immédiate à un projet parce qu’il nécessite des délais d’instruction beaucoup plus longs. Dans tous les cas, nous sommes tenus d’émettre un avis et lorsque le wali intervient, c’est le CRI qui assure le suivi de l’exécution de sa décision.- Les PME se plaignent du déficit de l’immobilier professionnel. Malgré le Technopolis, l’offre existante est inaccessible sur le plan tarifaire. Que faites-vous dans ce domaine? - Je reconnais qu’il y a eu un déficit de l’offre destinée aux petites entreprises. Mais le marché est en train de s’autoréguler. Beaucoup d’efforts ont été réalisés pour mettre à disposition une offre immobilière compétitive. Rabat est en train de connaître une mutation urbaine, dans les années à venir, une offre de millions de mètres carrés de bureaux arrivera sur le marché.Par ailleurs, tous les nouveaux programmes immobiliers comprennent au moins une composante à usage de bureau. C’est une clause systématique incluse dans la convention lorsque le promoteur obtient une dérogation. Il faudra bien que les bureaux d’études s’installent, des cabinets de dentistes, des cabinets-conseils, des fiduciaires, des médecins, pour accompagner la dynamique actuelle de la région.


    Investissement: L’immobilier ne ralentit pas
    Sur un total de 4,7 milliards de dirhams d’investissements projetés dans la région au premier semestre de l’année en cours, 3,4 milliards proviennent du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), soit près des et à la clé 2.300 emplois, selon un document du Centre régional de l’investissement. - Dans ce paquet, l’immobilier tient le haut du pavé. Le projet initié par Chaabi Lil Iskane à Témara porte sur un ensemble immobilier de 700 appartements (4R+4) pour une mise de 2,11 milliards de dirhams.- Le projet de l’aménagement du mail central de Sala Al Jadida à travers la construction de nouveaux immeubles, des commerces et des équipements collectifs. L’ensemble du programme nécessitera 700 millions de dirhams.- Un projet de la réalisation d’une centaine de villas pour l’équivalent de 150 millions de dirhams est promu par la CGI à Skhirat.- Le projet de «Comptoir des Promoteurs» pour la construction à Témara d’un ensemble immobilier moyen standing d’une centaine d’appartements (85 m2/ pièce). L’investissement projeté est de 130 millions de dirhams.- Pour 85 millions de dirhams, la société Farchidi et Consorts entreprend un projet d’un ensemble immobilier dans la commune Hssaine à Salé avec une composante «bureaux et commerces».- Une filiale du groupe Chaabi (Afca) réalisera un ensemble immobilier de 182 appartements et plateaux de bureaux, plus un centre commercial (Asswak Assalam) au quartier Yacoub Al Mansour.- Juste derrière le BTP (surtout l’immobilier), les IMME (Industries métalliques, métallurgiques et électriques) concentrent 1,215 milliard de dirhams d’investissements. Deux gros projets ressortent du lot dans ce secteur: celui de Sews Maroc (filiale du groupe britannique Sews), d’un montant de 250 millions de dirhams, porte sur la création d’un site de production de câbles pour l’industrie automobile et d’un centre d’ingénierie et de recherche pour Renault et le groupe PSA (Peugeot-Citroën). Le second, le projet Nemotek, consiste en la réalisation à Technopolis d’un centre de conception, fabrication et commercialisation de caméras miniatures destinées aux téléphones portables.Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA
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