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    Rabat: Que de Chantiers!
    Bouregreg: Le financement assuré

    Par L'Economiste | Edition N°:2886 Le 22/10/2008 | Partager

    . Le management de l’Agence écarte tout problème. Projet par projet, le point sur l’état d’avancement «LA crise boursière a surpris le monde entier. Quand il y a un problème sur les valeurs boursières, les investisseurs et les épargnants essayent de trouver des valeurs refuge, dont l’immobilier et le foncier», commente Lemghari Essakl, directeur général de l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg. Les niches de croissance se trouvant dans la sphère sud du globe, il écarte tout risque de perturbation sur le financement de l’aménagement de la vallée.Le cas échéant, les institutionnels marocains ont la capacité d’investir aux côtés de l’Agence pour développer le site. «Nous n’avons pas beaucoup tablé sur l’investissement direct étranger. La dimension internationale de ce projet est indépendante des financements extérieurs», martèle le patron de l’Agence, une manière de rassurer tous ses partenaires. Dotée de 3,25 milliards de dirhams, l’Agence a démarré ses travaux depuis trois ans tout en essayant de trouver des financements extra-étatiques. «Dans la lettre de mission, le Souverain a demandé d’innover en matière de montage financier institutionnel et de gouvernance», rappelle le management. Il cite l’exemple de l’appel d’offres pour le tramway dans lequel l’Agence a exigé des soumissionnaires une offre de financement intégral pour l’acquisition du matériel roulant. Chose faite puisqu’elle a pu obtenir un emprunt concessionnel de 1 milliard de dirhams assorti d’une maturité de 30 ans. Un délai de grâce de huit ans lui a été également accordé. Aujourd’hui, des discussions sur d’autres sources de financement sont menées et un business plan sur l’exploitation du tram est finalisé. «Il donne de bonnes perspectives pour rembourser l’emprunt et permettre l’extension future du réseau. Le ticket ne sera pas trop supérieur à ce qui se pratique aujourd’hui dans l’agglomération», affirme Essakl. Au total, le projet Bouregreg porte sur l’aménagement de 6.000 hectares dont 20% seront urbanisés, avec un impératif constamment mis en avant: la protection de cette zone sur le plan écologique. Ce qui veut dire aussi que 4.800 hectares vont rester à l’état naturel. Les rumeurs récurrentes d’expropriation sont démenties par le directeur de l’Agence. «Je ne vois pas une structure comme l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg qui a besoin d’être rationnelle en matière budgétaire acheter du terrain qui ne lui sera d’aucune utilité», affirme Essakl. Le projet compte six séquences réparties sur 1.200 hectares urbanisables. Pour chacune, un projet de développement est prévu ainsi que des structures dédiées. Celles-ci constituent leur tour de table et font appel à des partenaires. «Dans les pactes d’actionnaires, il est convenu que les partenaires soutiennent aussi les efforts de financement de l’infrastructure. Sur Amwaj par exemple, Sama Dubaï financera 60% du pont Moulay El Hassan», révèle le management de l’Agence. «In fine, nous devons nous inscrire comme autorité urbaine et faire en sorte que les structures de droit privé fassent le développement», poursuit-il. Depuis le lancement du projet, l’Agence a dû s’attaquer à l’épineux dossier du foncier. Les terrains appartenant aux départements publics ont fait l’objet de conventions. «Nous avons proposé de les protéger contre les risques d’inondation ou de les valoriser en y apportant toute l’infrastructure nécessaire», explique Essakl. En échange, il a été proposé aux départements ministériels concernés et aux conseils communaux de Rabat et de Salé des biens immobiliers (résidentiel, équipements sportifs...). Par exemple, en contre-partie de terrains appartenant à la municipalité de Rabat, l’Agence intervient pour réaliser le tramway, le pont Moulay El Hassan ou encore le tunnel sous les Oudayas. Sur les séquences I et II, Bab El Bahr et Amwaj, l’Agence a assaini près de 170 hectares et elle détient 95% de la superficie de cette zone. Sur la séquence III et IV, les besoins en foncier sont de 600 à 700 hectares. L’Agence est en possession de 55% de cette surface et le reste appartient à des privés. «Nous discutons sur la manière de se porter acquéreurs de ce foncier et éventuellement, comme le prévoit la loi, d’associer les propriétaires aux projets de développement et de les intégrer dans les sociétés de promotion et de commercialisation», explique le management. Il est même jugé souhaitable de les associer au projet, ce qui évitera de lourdes procédures d’expropriation. Par rapport à la séquence V, El Manzeh Al Kabir qui se trouve dans la commune Hssaine, (commune rurale Sidi Hmida), l’Agence est inquiète sur le développement que connaît cette zone. Celle-ci est une commune rurale qui n’est pas dotée de plan d’aménagement. «Nous avons constaté la prolifération d’habitats non réglementés. Les autorités locales font un effort considérable pour rappeler à l’ordre ceux qui y autorisent les constructions illégales», confie Essakl. Le management de l’Agence reconnaît avoir reçu des personnes détenant des autorisations de construire sur des endroits où ils n’ont pas le droit de le faire puisqu’ils ne disposent ni de l’accord de l’Agence urbaine ni d’une dérogation du wali de la région. «Ils sont dans l’illégalité», commente le directeur général. Cette pratique est assez courante. C’est même «un sport» auquel s’adonnent certains élus véreux contre de l’argent. Le risque sur cette séquence, qui se trouve à mi-chemin entre le projet d’aménagement du Bouregreg et le Technopolis, est de se retrouver face à des quartiers qui se sont développés de manière anarchique tels que El Karya ou Ank Ejmal. Or, ce plateau de 850 hectares se retrouve sous le coup de la loi 16/04 et devient une zone d’utilité publique. «Ceux qui y habitent commencent à s’inquiéter sachant que rien n’est encore annoncé. Nous considérons cette zone comme une réserve du projet. Elle a besoin d’être dotée d’un plan d’aménagement détaillé», affirme le management. Ce n’est qu’à ce moment que des propositions seront faites aux propriétaires. Le moment venu, ils auront le choix entre l’intégration des projets de développement ou le rachat de leurs terrains à l’amiable. L’expropriation étant l’ultime recours. Jusque-là, l’Agence n’a entamé aucune procédure d’expropriation. Son plan d’aménagement n’est pas encore promulgué. Et même la fameuse commission d’expertise censée fixer les prix des terrains n’a pas encore été désignée. «Il y a des tentatives de déstabilisation de l’Agence. Nous agissons dans le cadre de la loi, le droit commun et le droit spécifique à travers la loi 16-04 promulguée en décembre 2005». Pas sûr que cela suffise à dissiper les inquiétudes de ceux qui sont dans le périmètre visé par les programmes.


    Plan d’aménagement: Pas avant février 2009

    LE projet de décret sur le plan d’aménagement en est en période d’enquête publique qui s’achève le 28 octobre. Par la suite, toutes les remarques seront étudiées. L’Agence est tenue de les regarder attentivement et de les prendre en considération quand elles vont dans le sens de la vision fixée. Par la suite, place à la procédure d’homologation qui nécessitera trois mois. D’ici janvier à février 2009, le plan d’aménagement sera définitivement adopté et publié au Bulletin officiel.


    L’état d’avancement
    C’EST une ville en chantier. L’aménagement de la vallée de Bouregreg avance. Sur les six séquences programmées, deux sont entamées. Il s’agit de Bab El Bahr, à laquelle tout un programme de mise à niveau des infrastructures du transport est lié, et de Amwaj, séquence développée avec Sama Dubaï.
    Bab El Bahr: Séquence I
    . Tramway Le bétonnage et la pose des rails ont démarré et une première soudure vient d’être effectuée. Le projet du tramway est sur la bonne voie. Le tram est composé de deux lignes totalisant 19,5 km exploités et comprenant 32 stations. La distance inter-stations est de 550 mètres en moyenne. Aujourd’hui, les travaux sur la ligne 1 sont presque achevés (95%) et ceux de la ligne 2 avancent conformément au planning établi. La ligne 1 s’étend sur 11,7 km, elle lie le centre universitaire Al Irfane à Rabat et Hay Karima à Salé Tabriquet. La ligne 2 de 7,8 km lie l’hôpital Moulay Youssef à Yacoub El Mansour à Rabat et le carrefour Bettana à Salé. Un tronc commun de 2,8 km traverse la vallée du Bouregreg et se situe au niveau du futur pont Moulay El Hassan. Il est implanté dans la partie la plus dense de l’agglomération de Rabat-Salé, reliant ainsi les principaux axes de déplacement. Les travaux ont démarré en mars 2007 par la déviation de 80 km de réseaux (eau, électricité, assainissement et télécoms). Objectif, libérer l’espace souterrain nécessaire pour réaliser la plateforme et d’autres équipements du tramway et dégager la voie pour les travaux de plateforme. Le coup d’envoi des travaux de construction de la plateforme et voies ferrées ont démarré en décembre 2007. Au total, cinq fronts sont engagés sur Rabat et Salé pour les travaux d’infrastructures sur un linéaire de 5,5 km. Le design du matériel roulant conçu en collaboration avec Alstom est validé et sera spécifique pour le tramway de l’agglomération de Rabat-Salé. Des artistes marocains ont été sollicités afin de décliner le thème du «Zellige» sur les rames. La première rame est prévue pour avril 2010. Par ailleurs, les appels d’offres pour la réalisation du centre de maintenance sont en cours et le démarrage des travaux est prévu pour début 2009. La mise en service est prévue pour fin 2010.. Pont Moulay El Hassan Le pont Moulay El Hassan est en cours de réalisation. C’est un moyen de franchissement mais aussi un ouvrage censé embellir l’estuaire du Bouregreg. Ce pont reliant Rabat et Salé sera long de 1,2 km et comptera trois tabliers juxtaposés supportant les deux voies du tramway, trois voies véhicules dans le sens Salé-Rabat et trois voies véhicules dans le sens Rabat-Salé ainsi qu’un passage sécurisé de part et d’autre pour les piétons et les deux roues. De 46 mètres de largeur, ce pont sera haut de 14 mètres, une surévaluation qui facilitera l’accès des bateaux. «Un des objectifs est de restituer la navigabilité dans ce fleuve», affirme Essakl. Lancé en décembre 2007 par le Souverain, sa construction fait appel à des techniques de pointe et novatrices qui en font un ouvrage d’art s’inscrivant dans la durabilité et la pérennité. Les bétons utilisés dans les infrastructures et les superstructures sont de hautes performances assurant une durée de vie de l’ouvrage de 100 ans. Leur processus de fabrication sur site (centrale à béton de capacité 80 m3/h) et de mise en œuvre est contrôlé dans toutes ses phases et même après l’achèvement des travaux. L’Agence précise aussi que les essais de durabilité sur les bétons se poursuivront dans un laboratoire créé sur site pendant les 10 ans suivant l’achèvement des travaux. Les fondations des ouvrages sont réalisées en pieux forés sous boue bentonitique. Leur profondeur varie de 25 à 50 m et leur diamètre est de 1,20 m. Les délais de réalisation du projet nécessitent l’utilisation de deux ateliers complets de forage comprenant une machine de forage équipée spécialement pour des pieux de grande taille et une centrale à bentonite avec un circuit fermé permettant le recyclage continu de la boue.. Immobilier Sur 335 hectares, Bab El Bahr, la séquence I du projet d’aménagement de la vallée du bouregreg, s’étend de l’estuaire du fleuve au nouveau pont Moulay El Hassan. Sur cette zone, l’ensemble immobilier prévu comprendra sur 500.000 m2 plancher des unités résidentielles, hôtelières, tertiaires, un ensemble de pôle d’animation et de loisir dans la cité des arts et des métiers. Le développement immobilier de cette séquence s’effectuera par une joint-venture maroco-émiratie Bab El Bahr SA, détenue à part égale par l’agence et Al Maabar International. L’accord d’association entre les deux parties porte sur un montant d’investissement de 750 millions de dirhams. Sur le plan des infrastructures de transport, il est prévu de construire un nouveau pont, Moulay El Hassan, et de creuser un tunnel sous la falaise des Oudayas. Cette séquence compte aussi une marina dont les travaux ont été finalisés en sept mois. . Séquence II: Amwaj Amwaj, séquence II du projet Bouregreg, s’étend entre le pont Moulay El Hassan et le pont ONCF. Le concept général de l’aménagement de cette zone repose sur la création de deux axes transversaux à la vallée. Cette zone prévoie l’aménagement de jardins suspendus, une esplanade, une île artificielle, une zone de loisirs et de tourisme et un mall commercial et d’activité. Cette séquence a fait l’objet d’une joint-venture entre l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg (20%), le Groupe CDG (20%), la Caisse marocaine des retraites (10%) et la holding Sama Dubaï (50%). Le projet couvre 112 hectares. La gestion opérationnelle du projet est confiée à Sama Dubaï qui dispose d’une expertise dans le développement de grands programmes immobiliers et touristiques intégrés. . Les autres séquences: Au total, six séquences sont prévues dans le projets d’aménagement de la vallée du Bouregreg. Si dans les deux premières les travaux sont en cours, ceux des quatre autres n’ont pas encore été entamés. Il s’agit de Kasbat Abi Raqraq, Sahrij Al Oued, El Menzeh Al Kebir et Bouhayrat As Souhoul. Khadija MASMOUDI
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