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Entreprises

"Nous avons respecté nos engagements avec la CGEM"

Patrick Boyeaux, DG d'Ericsson Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:711 Le 24/02/2000 | Partager


· Le groupe suédois a travaillé d'arrache-pied pour terminer le réseau de Médi Telecom dans un temps record
· Dix-sept PME ont participé auprès de lui pour la réalisation de ce projet
· Ericsson se présente à l'appel d'offres de Maroc Telecom pour le protocole WAP

Fournisseur de Maroc Telecom en 1992, Ericsson a aussi remporté une grande partie du marché du deuxième opérateur GSM, pour un montant de 135 millions d'Euros. Aujourd'hui, la première phase du réseau du 2ème opérateur GSM est prête. Avec ce contrat, le Suédois, présent au Maroc depuis 1984, a raflé la mise sur le marché marocain à tous ses concurrents.

- L'Economiste: Où en êtes-vous dans le déploiement du réseau de Médi Telecom?
- M. Patrick Boyeaux:
Le réseau de Médi Telecom est fin prêt pour la phase de démarrage, car je rappelle qu'un réseau GSM n'est jamais définitivement prêt, il y aura toujours des extensions à faire selon le trafic et la croissance du parc des abonnés. Nous avons construit ce réseau en un temps record, la rapidité du déploiement étant essentielle pour le deuxième opérateur. Actuellement, nous sommes en phase d'essai et de contrôle. Ce que je peux dire, c'est que le deuxième opérateur respectera ses promesses et démarrera avant la date limite du mois d'avril.

- Vous avez mis en place un programme d'urgence pour ce déploiement. Quels sont les problèmes qui ont justifié cette procédure?
- Dans tout projet de cette envergure, l'équipementier doit prévoir plusieurs éventualités pour éviter tout retard. N'oubliez pas que notre client est tenu de respecter des échéances. Ayant misé une grande somme (1,1 milliard de Dollars), il se doit de démarrer le plus tôt possible.
Au début, nous avons été trop dur avec nos sous-traitants. (NDLR: le Suédois a retenu 17 PME). Nous avons mis la pression et nous nous sommes rendu compte qu'ils étaient confrontés à plusieurs problèmes notamment d'ordre financier. Le programme d'urgence consistait à les encadrer davantage et leur faire des avances financières pour qu'ils puissent respecter les délais.

- La plupart de vos sous-traitants sont étrangers alors que vous avez signé une convention avec la CGEM pour faire participer les entreprises locales
- Vous savez, des sous-traitants locaux qui disposent d'une expertise se comptent sur les doigts d'une main. Mais, conformément à l'esprit de la convention signée avec la CGEM à la veille de l'attribution de la deuxième licence, tous les sous-traitants auxquels nous avons fait appel sont en partenariat avec des entreprises locales, l'objectif étant de transférer l'expertise. Nous leur avons d'ailleurs imposé de constituer des sociétés de droit marocaines. Du reste, nous avons également retenu quelques sociétés à 100% marocaines qui ont des expériences dans des travaux de génie civil. Curieusement, ce sont ces derniers (tel ADS et G 3) avec qui nous avons eu la meilleure collaboration.
Cela s'explique par leur connaissance du terrain et de la culture qui sont des facteurs essentiels et par leur détermination à fournir le meilleur d'eux-mêmes.

- Vous étiez nombreux sur la ligne du départ pour la construction. Quels sont les facteurs qui ont fait pencher la balance vers l'offre d'Ericsson?
- Une connaissance du marché et aussi des exigences techniques de Telefonica et Portugal Telecom (partenaires à 60% du consortium Médi Telecom), avec qui nous avons déjà travaillé sur d'autres projets en Europe. Pour être prêt en huit mois, le deuxième opérateur avait besoin de confier une partie de son travail à des constructeurs qu'il connaissait pour se concentrer sur le commercial et l'édification de la société.
Du reste, puisque nous avons construit le réseau de l'ex-ONPT en 1992 couvrant Fès, Marrakech, Casablanca et Rabat, nous avons une idée sur l'architecture du réseau du concurrent notamment pour l'interconnexion.

- Vous êtes aussi en compétition pour le protocole WAP(1) pour la transmission de données sur le réseau de Maroc Telecom. Que va rapporter ce protocole à l'utilisateur?
- Nous proposons des packages de démarrage (terminaux, applications et serveurs). Notre proposition est en cours d'étude comme celle de nos concurrents et je ne vous en dirais pas plus. Techniquement, on peut ajouter à un réseau existant une multitude d'applications. Personnellement, je ne conçois pas un réseau GSM sans le protocole Wap. Longtemps, on a cru que le Wap était destiné uniquement aux hommes d'affaires. Aujourd'hui, il est essentiel que tout individu ait la possibilité de consulter à partir de son mobile sur le Net des données, que ce soit sur la bourse ou des réservations d'avion, de restaurant...


20 points de vente pour le mobile

Si Ericsson talonne son frère ennemi, le Finlandais Nokia sur le marché international des terminaux mobiles avec 15% en 1999, il revendique néanmoins 30% du marché marocain. Un chiffre difficilement vérifiable, vu que ce marché est homogène et se distingue par une absence de structuration. En effet, le circuit informel (Derb Ghallef) fausse le jeu et il est difficile d'avoir une idée exacte.
Le groupe suédois commercialise ses produits à travers deux représentants, Moena et Performance. Il dispose un réseau d'une douzaine de points de vente qu'il va d'ailleurs étendre, étant l'un des huit distributeurs de Médi Telecom. Autre réseau utilisé par Ericsson, celui de Performance avec 3 points de vente.
Le Suédois a raté l'année dernière le marché de Maroc Telecom pour la commercialisation des terminaux subventionnés dans les agences. Et c'était son concurrent français, Alcatel, qui avait remporté l'appel. "On ne peut pas toujours gagner, mais nous avons signé dernièrement un contrat avec Maroc Telecom pour 50.000 terminaux", indique M. Boyeaux. Probablement qu'ils ont aligné leurs prix. Pour l'avenir, Ericsson souhaite renforcer ses parts du marché, d'autant plus qu'avec le nouvel entrant (Médi Telecom), le marché est appelé à connaître une extension exponentielle. Un seul moyen pour l'accompagner, indique le DG: une bonne reconnaissance de la marque (traduisez publicité) et des services après-vente. Le constructeur a d'ailleurs mis en place près de 17 points de service après-vente chez ses distributeurs. Il affûte ses armes pour le démarrage du réseau Médi Telecom. Il n'est de secret pour personne que le deuxième opérateur commercialisera des packages forfaitaires (terminaux et communication). Plusieurs observateurs estiment qu'Ericsson serait en bonne position étant déjà équipementier. "C'est infondé, nous ne sommes pas du tout avantagés, explique M. Boyeaux, car les opérateurs ont leurs propres critères pour le choix des terminaux".

Propos recueillis
par Badra BERRISSOULE

(1) Le WAP (Wirless Application Protocol) est une spécification qui définit la développement d'applications conçues pour fonctionner à travers un réseau de communications sans fil.














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