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    Economie

    "L'ère des grandes décisions est révolue"

    Par L'Economiste | Edition N°:400 Le 15/12/1998 | Partager

    La croissance affichée par le Maroc les quinze dernières années est insuffisante pour le projeter dans le prochain siècle. Il ne sera pas possible d'améliorer cette croissance sans une coopération régionale plus poussée.


    - L'Economiste: Comment le Maroc se positionne dans le Maghreb et dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord?
    - M. Kamal Dervis: Le Maroc a une performance assez bonne, mais la croissance est plutôt insuffisante surtout ces quinze dernières années. Celle-ci s'est située autour de 4 à 5%. Elle demeure insuffisante pour résoudre les problèmes sociaux, relever le défi du chômage et projeter le pays dans le prochain siècle. Evidemment, il a connu sur cette période un grand nombre de difficultés: problème de la dette, sécheresse. Un second domaine où il y a malheureusement des problèmes: le Maghreb. Les espoirs de voir un Maghreb uni se sont quelque peu dissipés. Ce manque de coopération surtout économique nuit à l'ensemble des pays de la région. J'espère cependant que l'atmosphère évoluera dans le bon sens pour que le marché maghrébin puisse se créer surtout à un moment où il a en face une Europe unie.

    - Croyez-vous en l'intégration régionale?
    - Oui, absolument... pas comme une alternative, mais comme une contrainte face au marché mondial, une façon d'être plus compétitif.
    - Les taux de croissance des PIB de la région sont faibles pour permettre aux différents pays de faire face aux défis de l'ouverture?
    - Les défis se résument en deux priorités fondamentales: ressources humaines et éducation. Beaucoup d'efforts ont été déployés dans l'éducation dans la région, cependant ils n'ont pas porté les fruits escomptés. L'enjeu est là. Le 21ème siècle va être un siècle de connaissance et de savoir-faire.
    Autre élément important, la coopération régionale. Celle-ci est fondamentale, je ne cesserais de le répéter. Il ne sera pas possible d'accroître la croissance sans une coopération plus poussée. On ne peut se permettre des frontières fermées à l'heure de la globalisation. Il faut trouver les moyens politiques et psychologiques de surmonter ces divisions.

    -Que pensez-vous des réformes entreprises au Maroc et du gap social qui persiste?
    - Il est vrai qu'un grand nombre de réformes ont été entreprises dans la région, mais cela ne suffit pas. L'ère des grandes décisions est révolue. Ce qu'il faut faire maintenant, c'est un travail au quotidien de manière à augmenter l'efficacité des actions. Nous travaillons également avec le gouvernement sur une réflexion accélérée sur une stratégie sociale intégrée. Mais, il est clair que les ressources budgétaires sont très limitées. Il y a peu de marge de manoeuvre, mais il faut travailler dans cette bande. Je pense que les réformes engagées vont porter leurs fruits dans quelques années. Nous, en tant qu'institution internationale, sommes là pour soutenir le gouvernement et conjuguer notre effort de financement au sien.


    Les maîtres du monde?


    Difficile de déterminer avec précision qui a aujourd'hui la légitimité de réguler les flux dans le monde. Kamal Dervis répondra en toute franchise "personne". Pourtant cette question de légitimité est tout à fait centrale dans le débat du 21ème siècle où la mondialisation devient le maître-mot. Cette légitimité est d'autant plus débattue au niveau international que "nous sommes dans une période d'économie globale et de régulation minimale", poursuit-il. Ces hautes Institutions que sont la Banque Mondiale, le FMI... se proposent d'offrir une certaine stabilité à l'économie mondiale à condition d'avoir le cachet des gouvernements qui les légitimerait dans ce rôle. Il faut pour cela qu'elles le méritent. Or, la contestation dont fait l'objet le Fonds Monétaire International surtout après la crise asiatique pousse à s'interroger. M. Dervis estime en tout cas qu'il suffit de créer une architecture de coopération mondiale où chacun a son rôle à jouer et où les duplications seraient minimisées. Il conclut: "Nous avons besoin de cette gouvernance internationale qui permettrait à l'économie de fonctionner sans trop d'anarchie".


    Le Maroc et la Banque Mondiale


    Les prêts de la Banque Mondiale au Maroc totalisent un peu plus de 7 milliards de Dollars (un peu moins de 70 milliards de DH) pour 123 projets. Il s'agit du montant le plus important de la région. Parmi ces projets, 102 sont antérieurs à 1994 et 21 s'étalent sur la période 1994-1999. Les crédits Banque Mondiale proprement dits sont de 6,98 milliards de Dollars pour 118 projets. Les crédits IDA (International Development Association) sont, eux, moins nombreux, en raison du niveau de développement du Maroc. Son niveau économique fait qu'il a peu accès à ces crédits destinés aux pays les moins avancés. Sur ces 7 milliards de Dollars, près de 3 milliards ont déjà été remboursés par le pays.
    Rien que depuis le début de la décennie, le cumul des prêts est de 1,37 milliard de Dollars. C'est le montant du portefeuille courant, pour lequel les montants distribués n'excèdent pas 50%. Il concerne pas moins de 20 projets, dont le plus important est le développement du secteur financier datant de 1991 et débloqué à 92%. Pour le reste, les sommes débloquées sont variables et destinées à des projets très différents, telles que l'eau, l'éducation, la santé, la formation ou un côté plus financier comme l'épargne institutionnelle ou la restructuration et la privatisation de l'ONCF.
    Le dernier prêt approuvé, et qui est en cours de signature, concerne la réhabilitation de la Médina de Fès pour 14 millions de Dollars. A cela s'ajoute un autre emprunt de 250 millions de Dollars destiné au programme économique et social du pays.

    Fatima MOSSADEQ

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