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Courrier des Lecteurs

"Le Maroc se prête mieux au schéma d'acquisition"

Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

Les concepts de fusions et acquisitions sont souvent confondus. M. Marc Hürner, consultant international qui, sur ce thème, a animé un séminaire organisé par AOB Consulting, précise les deux opérations et leurs implications.


- L'Economiste: On emploie indifféremment les termes de fusion et acquisition. Quelle est la différence entre les deux?
- M. Marc Hürner: La confusion entre les deux termes est courante.
La fusion est une opération par laquelle une entreprise transfère l'universalité de son patrimoine à une autre, contre des actions de la société absorbante. Elle se traduit donc par la dissolution de l'entreprise absorbée sans la liquider. Ce point est important, car la liquidation a des conséquences juridiques vis- à- vis des créanciers.
La dissolution sans liquidation permet aux créanciers de la société absorbée de maintenir la totalité de leurs créances sur les actifs de la société absorbée, alors même qu'elle va être fusionnée avec une autre. La condition essentielle pour que cette opération puisse être décrite comme une fusion est que les actionnaires de la société absorbée reçoivent en échange des titres de la société absorbante.

- Les conséquences de l'opération?
-La fusion peut s'effectuer sans contrepartie monétaire. Il s'agit davantage d'un problème technique puisqu'il faut convaincre les actionnaires de la société cible de se confondre avec les actionnaires de la société absorbante et de se répartir le pouvoir. Il faut savoir néanmoins que le problème numéro un de l'opération réside dans le volet fiscal. Ce type d'opération doit être fiscalement neutre, car la pénalisation sur ce plan aura un effet dissuasif sur les entreprises.

-Qu'en est-il de l'acquisition?
-Le Maroc se prête mieux au schéma d'acquisition.
Il consiste pour une entreprise à acheter des actions d'une autre entreprise, notamment contre de l'argent ou contre des actions.
Et là, la difficulté réside dans la détermination des critères de valeur. Comment déterminer la valeur d'une entreprise à acheter et quel est son prix? Ce sont deux concepts totalement différents.

-Comment les déterminer?
- Là réside toute la difficulté. Sur le plan financier, la valeur d'une entreprise est indépendante de son prix. L'entreprise génère des flux financiers, à savoir le cash-flow.
L'actualisation du cash-flow à un moment donné détermine sa capacité à générer des richesses susceptibles d'être distribuées aux actionnaires. Pour obtenir la valeur de l'entreprise, il faut donc déduire de ce cash-flow les besoins en fonds de roulement et les investissements nécessaires au maintien de l'outil de production.
Le calcul de la valeur de l'entreprise à partir des flux est donc objectivable. Les autres approches basées sur les bilans (PER, ROE, ROI) sont plus discutables.
Le prix, lui, est différent. Il est déterminé par la Bourse si celle- ci est efficiente. Le prix de l'action résulte alors de la confrontation de l'offre et de la demande de titres.

-Est ce parce que la Bourse n'est pas totalement efficiente que ces opérations ne se sont pas multipliées jusqu'à présent?
- C'est l'histoire de la poule et de l'oeuf. La réforme de 1993 commence à produire ses effets. Maintenant, il faut encourager les industriels à faire appel public à l'épargne, et là les banques ont leur part de responsabilité.
Les industriels n'osent pas faire appel public à l'épargne de peur de l'échec. Imaginez qu'une entreprise lance un appel pour lever 100 millions de DH sur le marché. Si l'opération échoue, le coup sera fatal pour sa notoriété. Il faut donc que la banque qui monte l'opération fasse une prise ferme. En cas d'échec, celle-ci pourra replacer les titres dans son portefeuille. Si la banque a confiance dans son client, elle aura de toute façon des retombées positives.

-Hormis les trois récentes opérations d'acquisitions, peu de concrétisations dans ce domaine. Que faut-il pour que le processus démarre réellement?
-Il faut que le manager marocain s'intéresse aux mouvements de concentration des entreprises, de façon à améliorer la productivité et être attractif pour les investisseurs. Cette culture de concentration et de management par développement externe est de toute façon récente. Il faut donc donner le temps au manager de s'adapter à toutes ces mutations.

- Qu'est-ce qui motive le passage de la phase d'acquisition à la fusion?
- Cela résulte de l'analyse des effets de synergie probables entre les deux sociétés. Pour répondre à la question, les motivations peuvent différer.
Il faut distinguer les fusions et acquisitions réalisées par les industriels qui, eux, sont préoccupés par le développement de leur industrie de celles qui relèvent d'opérations financières pures. Ces dernières ont pour objet de réduire la marge entre la valeur de l'entreprise et son prix. L'utilité économique de ces opérations n'est pas perceptible, mais elles ont une fonction dans un marché financier performant.

Propos recueillis
par Mouna KABLY

Rentabilité et création d'emplois


La fusion est un processus irréversible. Dans l'opération d'acquisition, la société qui achète devient une société holding et a toujours la possibilité de revendre la cible par la suite.
En revanche, après une opération de fusion, elle est obligée de scinder les entités et ressortir ce qui a été acheté.
Ces opérations sont onéreuses pour l'entreprise.
Dans le contexte actuel, il est donc préférable dans un premier temps de favoriser les acquisitions avant d'engager des fusions. L'entreprise acheteuse devra d'abord digérer l'acquisition sur le plan financier et de la gestion interne notamment, avant de décider soit d'avaler définitivement la cible, soit de la céder.

Dans l'immédiat, l'incidence de ces opérations sur l'emploi n'est pas évidente. Ces mouvements vont d'abord se traduire par des mouvements de rationalisation, le but étant d'augmenter la productivité et les recettes de la nouvelle entité. "Cela va permettre à l'acquéreur de rembourser ses dettes qu'il a dû contracter pour acheter la cible", explique M. Hürner.
Les vendeurs doivent à leur tour être encouragés à placer le produit de la vente dans des investissements productifs. D'où l'augmentation de la masse des capitaux disponibles pour développer les affaires.
"C'est par l'amélioration de la rentabilité des entreprises que de nouveaux capitaux seront drainés".
Au total, l'amélioration de la productivité va amener à la fois les investisseurs marocains et étrangers à investir, et donc à créer de nouveaux emplois.

Mouna KABLY




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