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Enquête

"L'accord sur les saisonniers marocains en Espagne sera très bientôt signé"

Maria Dolores Cospedal, secrétaire générale technique du Ministère espagnol du Travail et des Affaires Sociales

Par L'Economiste | Edition N°:606 Le 30/09/1999 | Partager

· M. Khalid Alioua se rendra cette semaine en Espagne pour une visite de travail

· Travailleurs saisonniers, accord de pêche, formation, inspection du travail Les dossiers en cours

- L'Economiste: Quel est aujourd'hui l'état d'avancement des négociations avec le Maroc au sujet des travailleurs saisonniers?
- Mme Maria Dolores Cospedal: Les négociations, toujours en cours, sont bien avancées. Il est même fort possible qu'elles aboutissent dans une semaine ou deux. L'accord, qui sera signé entre l'Espagne et le Maroc, permettra à ces saisonniers d'aller régulièrement en Espagne où ils disposeront d'une meilleure situation durant leur temps de travail. Il s'agit donc d'un travail légal, saisonnier principalement dans le secteur agricole. Les chefs d'entreprise espagnoles intéressés devront solliciter, par le biais d'une commission où siégeront les représentants de l'Espagne et du Maroc, le nombre de travailleurs et la durée de leur mission. Les saisonniers bénéficieront d'un logement adéquat ainsi que de l'ensemble des avantages sociaux dont profitent les travailleurs espagnols.

- Quel est le nombre des bénéficiaires marocains?
- Jusqu'à présent, nous ne pouvons pas déterminer leur nombre, d'autant plus que dernièrement, de fausses informations annonçant le chiffre de 25.000 ont été publiées par la presse. Je ne veux donc pas ajouter de l'eau au moulin de la confusion. Ce qui est certain, c'est qu'il y aura une première phase d'expérimentation d'un an et que le nombre des bénéficiaires ira chaque année en croissance.

- Le gouvernement marocain ne souhaite pas renouveler l'accord de pêche. Votre Département a-t-il élaboré un schéma pour amortir les effets de cette décision sur l'emploi, particulièrement en Andalousie?
- Le Département du Travail espagnol a entrepris un certain nombre d'actions concernant ce problème, mais qui ne se rapportent pas uniquement à la pêche. Ces actions touchent d'autres secteurs dans la région de l'Andalousie. Mais je me permets de rester optimiste, comme l'est le gouvernement espagnol, car les négociations ne sont pas rompues. Il ne faut donc pas envisager cette situation post-non renouvellement de l'accord.

- Outre le travail saisonnier, quels sont les autres dossiers de coopération entre le Maroc et l'Espagne dans le domaine de la formation/emploi?
- S'agissant de l'emploi, le ministre marocain concerné se rendra cette semaine en Espagne pour une visite de travail. A l'ordre du jour, la révision d'un accord concernant l'emploi. Sont prévus également des échanges pour arriver à une collaboration dans le domaine de la formation.
Un autre sujet sera abordé et concernera la restructuration de l'inspection du travail au Maroc. En Espagne, cette entité est très développée et est très importante. Elle dispose de suffisamment d'autorité pour protéger les intérêts des travailleurs.

- L'Espagne a réduit de moitié, dans un laps de quelques années, son taux de chômage. Quels sont les moyens que vous avez utilisés?
- Il n'y a pas de formule magique. L'Espagne a simplement profité de la croissance économique pour réduire son taux de chômage. Nous avons aussi favorisé la situation de l'entreprise espagnole. Par exemple, les coûts non salariaux des entreprises ont baissé et ont été accompagnés d'une modération de salaires. Le gouvernement a aussi favorisé les contrats illimités, principalement au profit des jeunes, des chômeurs de longue durée et des femmes. Globalement, le gouvernement a entrepris deux politiques. La première, dite passive, consiste à payer des indemnités de licenciement. La seconde, active, permet aux salariés d'intégrer le monde du travail. Ainsi, plus il y a de travailleurs, plus la sécurité sociale en bénéficie et par conséquent le gouvernement dispose davantage de fonds qui sont investis dans le recrutement et la formation. Mais bien sûr, cette situation s'est accompagnée de la confiance des chefs d'entreprise dans la stabilité économique de l'Espagne.


Comment l'Espagne organise sa formation professionnelle


Si, en l'espace de quelques années, l'Espagne a réduit de moitié son taux de chômage qui avoisinait les 20%, c'est principalement grâce à une politique active de l'emploi. Comme l'explique Mme Maria Dolores Cospedal, secrétaire générale technique du Ministère espagnol du Travail(1), cette politique se base sur un encouragement du recrutement, les entreprises bénéficiant en contrepartie d'une réduction des coûts non salariaux accompagnée d'une modération des salaires. Cette politique s'apparente à une spirale où les cotisations sociales additionnelles, tirées des nouvelles embauches, sont investies par l'Etat dans la création de nouveaux postes et dans la formation. Pour ce dernier point, la secrétaire générale précise que "le secret de la réussite du système de la formation en Espagne réside principalement dans le consensus national atteint autour des programmes". En effet, gouvernement, patronat et syndicats participent à la gestion du système. Aussi, une caisse de financement est-elle instituée. Sa gestion est assurée par un comité syndicats-patronat. Les fonds de la caisse proviennent, pour leur part, d'un prélèvement de l'ordre de 0,3% sur le bénéfice de chaque entreprise.


Trois composantes


Globalement, le système comprend trois composantes majeures. Outre la formation professionnelle continue pour les salariés, figurent la formation dite initiale au profit des jeunes et la formation occupationnelle qui bénéficie aux travailleurs en chômage en vue d'une nouvelle insertion. Une des "dernières innovations" en la matière est l'instauration d'une formation au profit des travailleurs autonomes, des travailleurs agricoles et des saisonniers. Reste cependant que la principale particularité de la formation professionnelle en Espagne est "l'uniformisation des compétences" entre les différents secteurs et régions. "Ceci a été rendu possible grâce à la création de l'Institut National des Qualifications", souligne Mme Maria Dolores Cospedal. o

Aniss MAGHRI

(1) Mme Maria Dolores Cospedal a participé à la troisième table ronde organisée les 23 et 24 septembre par le gouvernement marocain en partenariat avec The Economist Conferences. Le thème de cette rencontre a été "Une nouvelle politique pour une croissance durable".

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