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    Politique Internationale

    "La reine Margot" au Dawliz : Les intrigues de la Cour de France

    Par L'Economiste | Edition N°:154 Le 17/11/1994 | Partager

    Femme libérée, accusée de nymphomanie, fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, Margot épouse, la veille de la Saint-Barthélémy, le futur Henri IV et tombe amoureuse d'un Protestant, La Môle, courtisée dans la rue le soir de ses noces.

    Par compassion et parc qu'elle a elle-même été victime de l'injustice et de l'indifférence de sa mère, elle en viendra, elle qui est pourtant, par tradition familiale, leur ennemie jurée, à protéger les Protestants opprimés.

    Le film est l'histoire d'une reine condamnée à porter une couronne trop lourde et qui rêve de s'encanailler avec son contraire. Quarante ans après "La reine Margot", où Jeanne Moreau, en déshabillé transparent, fit scandale, sort une nouvelle adaptation des intrigues de la Cour de France. Pour Isabelle Adjani, "la reine Margot" de Patrice Chéreau, c'est le film retour, cinq ans après "Camille Claudel".

    Historique et populaire, l'histoire a tout pour plaire au grand public. C'est d'abord une adaptation du roman d'Alexandre Dumas, avec ce que cela suppose de sens dramatique et de péripéties.

    C'est encore un portrait de femme seule contre tous, qui va jusqu'au bout de ses passions, et pour qui l'amour passe avant la raison d'Etat. "La reine Margot" est enfin une fresque sur les guerres fratricides, les luttes et les batailles. Mais la véritable héroïne du film, ce n'est finalement ni une femme, ni l'Histoire, ni l'intolérance. c'est tout simplement la mort à l'ouvrage. Elle est filmée avec hargne. Elle est à la fois naturelle et répugnante. Dans le film, les têtes coupées sont bleues, les cervelles gluantes, les gouttes de sueur rouges: ici, la mort a des couleurs, des odeurs de poussière et de sang. Elle est sale, mais on vit avec elle et pour elle.

    Pourtant, cette reconstitution historique ne nous cause pas vraiment de bouleversement ni d'excitation. Dans ce film tout en costumes, il manque l'émotion brute. L'interprétation est à la limite du glacial, le cadrage serré et oppressant. Les personnages passent leur temps à s'empoigner, à s'étriper et à s'étreindre. Certains acteurs sortent toutefois du lot, notamment Adjani, Vincent Peréz (La Môle) ou encore Virna Lisi qui interprète avec brio Catherine de Médicis avec son visage émacié et son regard de "tueuse née". Mais, pour le spectateur, le film n'apporte pas grand-chose qui prenne à la gorge ou qui serre le coeur. Margot, à la fin du film, s'en va vers son destin, et le spectateur se retrouve avec quelque chose d'incomplet...

    M.O.

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