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    Economie

    "La concurrence maroco-marocaine ne profite qu'à des intermédiaires"

    Abdelhamid Ayouche, président de la Fenip*

    Par L'Economiste | Edition N°:467 Le 19/03/1999 | Partager

    · Le PGQ permettra à notre industrie d'augmenter la demande dans nos marchés traditionnels de 10 à 20%

    · Pêche côtière: Toujours des méthodes de stockage dans des cales non réfrigérées


    - L'Economiste: La récente signature de l'entente d'engagement maroco-canadienne pour le programme de gestion qualité (PGQ) a désigné l'industrie de la pêche comme filière-pilote. Quelles retombées en prévoyez-vous?
    - M. Abdelhamid Ayouche: Les retombées seront à coup sûr importantes, ne serait-ce que par l'instauration d'une culture de la qualité chez tous les opérateurs du secteur. Concrètement, la mise en place du programme de gestion de la qualité permettra à notre industrie d'augmenter la demande dans nos marchés traditionnels de 10 à 20%. De plus, cela offrira la possibilité d'un transfert de savoir-faire canadien vers les entreprises marocaines. A titre d'indication, ce sont plus de 1.200 sociétés de transformation de poisson qui bénéficient du PQG au Canada.

    - Indéniablement, la qualité est un ticket d'entrée aux marchés étrangers. Quel scénario préconisez-vous pour l'amélioration de la qualité, notamment en amont?
    - Effectivement, la qualité du poisson pêché est un problème de fond. Notre flottille de pêche côtière n'est malheureusement pas équipée pour ramener le poisson en bon état de conservation. Du coup, plus des deux tiers du poisson pêché sont détournés vers la fabrication de farine et d'huile de poisson.

    Flotille de 40 ans


    Le problème est sérieux, car une grande partie de cette flottille date de 40 ans déjà. Et à cette époque, un bateau mettait 2 heures pour pêcher la sardine. Or, aujourd'hui, et compte tenu de l'éloignement des lieux de pêche, les mêmes engins mettent 12 à 15 heures pour arriver sur les lieux d'extraction. De plus, ils utilisent toujours des méthodes de stockage dans des cales non réfrigérées qui laissent beaucoup à désirer.

    - Et la solution...
    - Cette question est d'abord inhérente aux professionnels de la pêche côtière ainsi qu'à l'Administration des Pêches Maritimes. Je voudrais signaler, à cet égard, que toutes les expériences, en Europe notamment, ont montré que l'amélioration de la qualité du poisson pêché passe d'abord par la présence d'une flotte suffisamment équipée.
    - Durant ces dernières années, l'industrie de la conserve a assisté à une tendance baissière des prix, entraînant des fermetures continues des unités. Quel est votre point de vue?
    - Il est exact que nous assistons depuis un certain temps à une tendance baissière des prix. Cette situation est due tout simplement à une concurrence maroco-marocaine.

    Fatalité


    A titre d'exemple, des entreprises produisant sans programmes de vente et se trouvant à la tête de stocks importants bradent les prix de vente en dessous même de leur coût de revient. Cette situation ne peut indéfiniment durer. Et à terme, elle risque d'occasionner malheureusement la fermeture d'autres unités.
    D'autres entreprises multisectorielles, fabriquant ou commercialisant des produis différents, participent elles aussi à la configuration actuelle du marché. Actuellement, nous ne pouvons plus subir cette fatalité qui ne profite qu'à des intermédiaires acheteurs et qui perturbent les circuits traditionnels organisés.

    - Mais qui dit mondialisation dit implantation de mastodontes qui ratisseront large...
    - Nous n'avons nullement peur de la concurrence étrangère. Au contraire, c'est plutôt un facteur qui stimule la compétitivité des entreprises du secteur. Sur ce registre, nous pouvons dégager deux piliers de la compétitivité et dont l'un dépend de l'autre. Le premier est relatif à la maîtrise de l'approvisionnement. Or, malheureusement, nous n'avons pas encore atteint ce niveau. Résultat, aucune visibilité sur le long terme. Le second, quant à lui, est fonction du degré d'intégration verticale de l'entreprise.
    Cette situation se répercute également sur l'agressivité de nos entreprises sur de grands marchés tels que les Etats-Unis. Nous ne pouvons pas nous engager à fournir de grandes quantités alors que nous ne maîtrisons pas l'approvisionnement en amont.

    Propos recueillis par
    Hassan BOUCHACHIA

    (*) Fédération Nationale des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la Pêche.

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