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Economie

A qui profite l’exportation de la ferraille?

Par L'Economiste | Edition N°:2883 Le 17/10/2008 | Partager

• Métallurgie et fonderie artisanale souffrent du sous-approvisionnement . Fraude, contrebande, vols et recels minent le commerce des déchets . L’importation coûte 4 milliards de DH contre 2 pour les ventes à l’extérieur Qui fait flamber les déchets de métaux ferreux et non ferreux au Maroc? Peut-on encore une fois pointer du doigt la Chine et autres pays émergents? Point d’ergotage. Les industriels de la métallurgie sont bien édifiés sur la question. Le goulot d’étranglement tient surtout à une réglementation qui ne s’accommode plus des objectifs assignés à l’économie nationale. A commencer par le développement de la valeur ajoutée locale et l’amélioration de l’offre exportable en termes de qualité et de recettes. Or, le système actuel favorise, à outrance, l’exportation des déchets métalliques pour le seul motif des recettes rapatriées. Elles sont estimées à 2 milliards de DH/an alors que les importations des mêmes produits culminent à 4 milliards. De 145.000 tonnes en 2002, les exportations de vieux métaux sont passées à 355.000 en 2005 et à près de 450.000 tonnes deux années plus tard. La quasi-totalité de ces exportations est destinée à l’Asie du Sud-Est via des opérateurs européens. Au Maroc, les exportateurs bénéficient d’une exonération totale de l’IS, n’acquittent pas la TVA pour l’écrasante majorité et persistent à maintenir le secteur de la récupération dans l’informel. Plus grave encore, les métallurgistes soupçonnent même un réseau parallèle de trafic et de blanchiment d’argent. «Qui peut soutenir le contraire, dans la mesure où l’activité n’est soumise à aucun contrôle fiscal?», s’exclame Mohammed Adnane Lamdouar, PDG de Mac Z et membre du bureau de la Fimme (Fédération des industries mécaniques, métallurgiques et électriques). «Doit-on dans ce cas remettre en cause une recette gonflée à l’exportation? absolument pas», ajoute Lamdouar. Comment expliquer aussi l’augmentation exponentielle des exportations du cuivre bien que le marché de récupération est limité aux seuls gros fournisseurs, l’ONE, l’ONCF et Maroc Telecom dont les mises en vente sont bien connues. Ces exportations portent de nos jours sur 10.000 tonnes, alors que le volume récupéré ne dépasse guère les 3.000 tonnes. Certes, la contrebande tourne à plein régime à partir de l’Algérie mais concerne tout au plus quelque 4.000 tonnes de cuivre. D’où vient le reste alors? La réponse, les professionnels suggèrent de l’obtenir auprès des responsables du Commerce extérieur qui défendent à bras-le-corps le dossier des ferrailleurs. La flambée des prix constatée ces trois dernières années a mis en évidence d’autres pratiques frauduleuses. Vols et recels se greffent désormais au marché d’exportation des vieux métaux.Fonte des regards de voiries, cuivre des câbles électriques et téléphoniques (ONCF, ONE et Maroc Telecom), contrepoids de tension (ONCF)… tout passe dans le circuit d’exportations des déchets métalliques. Mais les effets pervers de ces expéditions à forte dominance d’informel dépassent la fraude et l’évasion fiscale ou encore le vol et la détérioration des biens publics. Une étude réalisée par la Fimme, grâce au soutien de la Commission européennes, en recense une multitude. A commencer d’abord par le manque à gagner en termes de valorisation, de création d’emplois et d’effets induits sur les secteurs du bâtiment et de l’artisanat. «Car la métallurgie est, avant tout, une industrie industrialisante», martèle le PDG de Mac Z. Celle-ci souffre cruellement d’un sous-approvisionnement en matière première et notamment en vieux métaux. Cette situation ne résulte pas de la flambée des prix. «Le renchérissement des coûts peut être aisément répercuté sur les prix des produits finis», soutient l’étude. Elle provient plutôt du fait que les ferrailleurs ne trouvent aucun intérêt à livrer l’industrie locale même si les prix offerts s’avèrent nettement plus rémunérateurs par rapport à l’exportation. Avantage fiscal et absence de contrôle obligent! Pourtant, la métallurgie (fonderie et sidérurgie) présente une capacité de production à même d’absorber la totalité des déchets récupérés. Leur transformation sur place dégagerait une valeur ajoutée de plus de 2 milliards de DH. Ceci, sans compter la plus-value résultant des frais d’approche. Or, la balance commerciale des déchets métalliques fait ressortir un déficit équivalent au montant de la valorisation attendue. Les industriels sont, en effet, obligés de réimporter ces déchets. A défaut, ils se rabattent sur les produits semi-finis dont les pris sont devenus prohibitifs en raison de la forte demande des pays du sud-est asiatique. C’est qui a d’ailleurs encouragé quelques délocalisations intégrées dans des usines marocaines. Les vieux métaux permettent une importante économie d’énergie: 50% pour le plomb et jusqu’à 95% pour l’aluminium. Et leur recyclage peut théoriquement être répété à l’infini. D’où le qualificatif de «deuxième mine» qu’on leur colle. Seulement, la course aux exportations s’avère pénalisante pour toute la filière de la métallurgie et de la transformation des métaux qui se situe en aval de la fonderie. De plus, le secteur de l’artisanat est confronté à la même rareté de la matière première. C’est le cas de la dinanderie, ferronnerie et bijouterie. Activités très liées au tourisme. Rien qu’à Fès, on dénombre une centaine d’ateliers qui menacent fermeture, faute de matière première. Il existe aussi 3 gros fabricants de batteries et un affineur de plomb qui trouvent d’énormes difficultés à s’approvisionner en déchets. Ces entreprises envisagent sérieusement leur délocalisation dans des pays voisins. Pourtant, des pays développés, la France à leur tête, ont opté pour des restrictions draconiennes de leurs exportations de métaux de récupération dès les années 1970. Tout récemment, de nombreux pays émergents leur ont emboîté le pas, soit pour sauvegarder l’industrie locale soit pour juguler la flambée des prix. C’est le cas de quatre pays maghrébins, de l’Egypte, des pays du Golfe, de la Chine, de la Russie, de la Corée du Sud et de la Thaïlande. Aziz GHOUIBI

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