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Politique Internationale

A quelques jours des élections : Le regard non-conformiste de M Benamour

Par L'Economiste | Edition N°:83 Le 10/06/1993 | Partager

Pr Abdelali BENAMOUR
“Le Maroc interpellé”
Eddif Maroc mars 1993 60 DH

S'IL est une atmosphère qui marque le livre du Pr Abdelali Benamour, “Le Maroc interpellé”, c'est bien le terme de réalisme qui la caractériserait le mieux. Ce réalisme conditionne à la fois le projet du livre, sa rigueur, le diagnostic opéré, les problèmes soulevés. les solutions proposées, le ton employé. “Essai d'idées “et non ” travail d'érudit de type didactique ou académique “ selon le Pr Benamour”, Le Maroc interpellé" représente une réflexion d'économiste, de politique, d'universitaire, sur le cas d'un Maroc "en pleine mutation socio-économique " qui n'a pas atteint, dit-il, le rang qu'il aurait pu briguer. Malgré les espoirs, le Maroc n'est pas un “dragon”. Le réalisme dont fait preuve l'auteur s'accompagne d'une grande vigilance intellectuelle. Avec beaucoup de finesse, il replace le Maroc dans son environnement économique et idéologique international, mettant en relief l'échec du socialisme scientifique, du capitalisme d'Etat, la percée d'un néo-libéralisme, les sensibilités prédominantes, la logique d'un nouvel ordre économique mondial où prédominent les puissances occidentales et où les nationalismes s'exacerbent. L'Histoire s'accélère, et le Maroc se trouve pris dans une phase transitoire, “à la croisée des chemins”.

Dégageant les forces et faiblesses structurelles de l'économie marocaine, le Pr Benamour met en relief les facteurs favorables au développement, les contradictions et les freins qui le bloquent: "sérénité culturelle", dynamisme d'une nouvelle classe d'entrepreneurs, légitimité étatique par exemple impliquent des choix positifs. Par contre, la pression démographique, l'accentuation des disparités sociales, les lacunes du tissu économique national, la faiblesse du renouvellement politique, la lenteur sinon l'incompétence administrative, le défaut de recherche scientifique, les “tergiversations dans la politique de l'éducation” constituent autant d'éléments de blocage à une politique de développement économique et social. Evaluant les grandes orientations de la politique économique du Maroc indépendant, politique d'import-substitution jusqu'en 1977, puis politique d'ajustement structurel à partir de 1983, l'auteur conclut que, "de par certaines données, il présente les conditions nécessaires pour engager un véritable processus de développement. De par d 'autres considérations, il inquiète et inspire un certain pessimisme". Ainsi "optimisme et pessimisme se succèdent en nous... Notre pays... peut tout aussi bien prendre le chemin du développement que celui de la pauvreté cumulative ”. Ce constat étant fait, l'auteur affirme alors la sensibilité politique sociale-démocrate qui est la sienne, contribue à établir sa perception des choses et des conditions "primordiales pour la promotion d'un véritable développement". S'impliquant consciemment, il propose une approche réformiste, en dehors "des sentiers battus des clivages classiques gauche-droite" dans un souci d'efficacité et de progrès. Le redéploiement consensuel dont il jette les bases n'hésite pas à sortir des poncifs, valeurs habituelles, tout en prenant grand soin d'éviter de provoquer des résistances incontournables. Car, il s'agit d'utiliser les points forts du Maroc, non de "persister dans les auto-satisfecits ou la critique systématique ". A ce titre, sept fondements d'un consensus paraissent déterminants: ouverture des valeurs nationales aux valeurs universelles, démocratisation” inéluctable" selon un modèle rénové, option pour une économie de marché dans le cadre étatique, refus de la lutte des classes, dépassée, en faveur de la cohésion sociale, système éducatif adéquat, présence internationale dans le cadre d'un partenariat réaliste Maroc/Europe. "Le Maroc interpellé" se veut aussi une "oeuvre utile sur le plan pédagogique ", cherchant à impliquer la société civile. Car, affirme l'auteur, la communication demeure, malgré tous les risques qu'elle présente, “le meilleur moyen de formation, de prise de conscience et donc d'action”.

Thérèse BENJELLOUN

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