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Quelle réforme pour les hôpitaux?
Settat: L’hôpital Hassan II prépare sa mue

Par L'Economiste | Edition N°:2180 Le 27/12/2005 | Partager

. Objectif: Améliorer la qualité des soins. Un scanner, circuit individualisé d’urgences, broyeur…les chantiers en cours. En attendant, des dysfonctionnements persistent «Nous sommes venus d’El Brouj (70 kilomètres de Settat). Depuis que ma fille de 12 ans est hospitalisée à l’hôpital Hassan II de Settat, nous faisons l’aller-retour chaque jour. C’est 12 dirhams la place en autocar», explique cette jeune femme au visage desséché et ridé. Des frais qui grèvent la bourse de cette famille dont le mari se trouve actuellement sans emploi. Mais ce n’est rien devant ce qu’elle doit débourser en examens et radios. D’autant que ceux-ci nécessitent des déplacements à la capitale économique. Au CHU de Casablanca où la fille devait être transférée pour un scanner, un rendez-vous lui a été fixé dans un mois. “Je ne pouvais pas attendre aussi longtemps alors que ma fille dépérissait chaque jour sous mes yeux”, tonne la maman. La famille s’est donc saignée pour pouvoir payer les radios et les analyses effectuées dans des cabinets privés. “Heureusement que mon mari a pu avoir son certificat d’indigence. Cela nous évite au moins les frais d’hospitalisation à Settat”, se console la jeune femme. En effet, comparée à ceux qui doivent patienter, parfois pendant des mois, avant d’être pris en charge, elle est moins à plaindre. “Mon fils doit être opéré. On m’a donné rendez-vous pour janvier 2006”, explique cette autre dame venue d’Ouled Saïd, dans la Chaouia. Orienter, voire renvoyer un patient, c’est le drame de beaucoup de malades et de leurs proches, surtout ceux qui viennent des zones rurales. Un acte qu’ils n’arrivent pas à comprendre puisque, disent-ils, ils sont censés être dans une structure de service public. Dans le jargon médical, cela s’appelle le référencement, c’est-à-dire trouver la bonne structure (dispensaires, hôpital de province, CHU…) qui doit accueillir le malade. Il est vrai, reconnaît Dr Mohammed Mekkaoui, délégué provincial du ministère de la Santé, que “de nombreux malades sont évacués vers Casablanca”. C’est le cas notamment pour les traumatismes crâniens. L’hôpital ne disposant pas encore d’un service de prise en charge de cette catégorie de patients. Dr Bouchaïb Madoun, directeur de l’hôpital, établit le même diagnostic: “On faisait jusqu’à 5 ou 6 transferts par jour au CHU de Casablanca. On n’en est plus, depuis la mise en place d’un service de réanimation, qu’à un transfert tous les deux jours, pour avis neurochirurgal”. Spécialité dont ne dispose toujours pas, l’établissement hospitalier de Settat. La restructuration engagée dans le cadre du projet de financement et de gestion du secteur de la santé (PFGSS) prévoit de pallier cette insuffisance avec l’aménagement d’un service dédié et l’acquisition d’un scanner. “Il sera fonctionnel vers mars 2006”, se réjouissent les gestionnaires de l’hôpital. Pour la région de Settat, au carrefour de grands axes routiers et dont le nombre d’accidents de la route est important, le scanner est une nécessité de premier ordre. En témoigne, indique Dr Madoun, le nombre d’accidents enregistrés. En moyenne, trois accidents par jour. Sans parler des cas d’agression. D’où une forte demande de bilans et d’examens radiologiques. Une demande à laquelle l’hôpital provincial de Settat pourra désormais faire face: “Bientôt, nous serons en mesure de retenir tous nos malades”, promet Dr Madoun. Il faut dire que depuis le démarrage de la réforme hospitalière, cet établissement-pilote, qui dessert une population de près d’un million d’habitants, a entamé une véritable mue. Objectif: améliorer la qualité et le niveau des soins offerts et pallier les innombrables insuffisances. “Il n’y a qu’à voir le plateau technique qui accusait de nombreuses insuffisances pour se faire une idée sur l’ampleur du problème”, confie un médecin. Du même avis, le directeur de l’hôpital cite à titre d’exemple le bloc opératoire qui ne disposait que de deux salles: l’une servant aux urgences et l’autre aux activités programmées dans 5 ou 6 spécialités chirurgicales. Corollaire direct: les médecins se sentent souvent désarmés en présence de cas d’urgence: “Nous avons plus d’une vingtaine de chirurgiens de différentes spécialités qui n’arrivent pas à pratiquer convenablement faute de blocs opératoires”. L’établissement compte à peu près 70 médecins répartis dans une vingtaine de spécialités chirurgico-médicales.Aujourd’hui, trois ans après la réforme, l’établissement est méconnaissable. Ce n’est encore qu’un vaste chantier avec des travaux et des aménagements çà et là. De nouveaux bâtiments sont érigés, ils commencent à prendre forme, d’autres sont tout simplement “reliftés”. Parmi les nouveautés, le centre de diagnostic avec ses 18 salles dont une de dimension plus importante. “Elle sera réservée au dentaire”, explique un ingénieur biomédical. Le bâtiment qui abritera les urgences, au rez-de-chaussée, et le service des Soins intensifs, commencent à prendre aussi forme. Les urgences, un gros lot qui doit prendre fin vers mai ou juin 2006, auront un circuit individualisé avec une salle de déchoquage, une autre pour les hospitalisations. Ce qui permettra une autonomie vis-à-vis du CHU de Casablanca. Plus loin, légèrement à l’écart, le futur centre de traitement de déchets hôspitaliers est encore en chantier. Il sera équipé d’un “broyeur-déchiqueteur”. “Une technique de pointe qui ne génère pas de nuisance, pas de bruit ni fumée. Ce qui convient parfaitement à un hôpital situé en pleine agglomération”, explique Dr Mekkaoui. A lui seul, ajoute-t-il, il coûte 2,34 millions de dirhams. Evidemment, pour les patients et leurs proches, le changement n’est pas encore tangible. Au contraire, disent-ils, l’accès aux soins s’est quelque peu compliqué depuis le démarrage des travaux. Pis encore, certains estiment que la prestation au niveau de l’hôpital s’est au contraire “dégradée”. “Ce n’est pas parce que l’on est en pleins travaux, que l’on peut se permettre de négliger l’hygiène des locaux et l’asepsie”, stigmatise un jeune en montrant les couloirs sales et couverts de ciment. “Jetez un coup d’œil à l’intérieur des chambres. Depuis quand les agents de nettoyage ne sont-ils pas passés par là?” renchérit un autre jeune qui l’accompagne. Mais plus graves, estiment d’autres patients, les retards de prise en charge des patients. “J’ai dû attendre plus de cinq heures, alors que mon sang coulait, avant que l’on ne daigne me poser ces trois points de suture sur le nez”. Situation que les gestionnaires imputent aux répercussions des délocalisations des services-clés, en attendant l’aménagement des nouveaux locaux. “L’hôpital doit fonctionner 24h/24. Le fait qu’il y ait beaucoup de services concernés par la délocalisation génère énormément de problèmes et impacte sur le fonctionnement de l’hôpital”, reconnaît Dr Madoun. Avant de juger, nuance-t-il, patients et visiteurs doivent donc attendre la fin des travaux.Khadija EL HASSANI

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