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Quel véritable avenir après le retrait israélien de Gaza?
Par Daoud Kuttab, Institut des médias modernes de l’université Al Qods à Ramallah

Par L'Economiste | Edition N°:2092 Le 23/08/2005 | Partager

Daoud Kuttab dirige l’Institut des médias modernes de l’université Al Qods à Ramallah, il est journaliste de métier et participe au mouvement «La Paix Maintenant». Son texte « Le grand jihad d’Abou Mazen» de janvier 2005 a eu un important retentissement car il y indiquait que les mois qui venaient allaient être beaucoup plus difficiles que les années de guerre, le «petit jihad» (pour lui écrire: [email protected])Le retrait des troupes israéliennes et l’évacuation des colons juifs de la bande de Gaza après 38 années d’occupation est la preuve la plus récente des limites de la puissance militaire, même quand sa supériorité est écrasante. Le temps est venu de tirer les leçons des années et des années d’occupation et de résistance pour envisager ce qu’Israéliens et Palestiniens devraient entreprendre maintenant. . Repartager les responsabilitésIl faut avant tout évaluer la part de responsabilité que les Palestiniens peuvent légitimement revendiquer face au retrait israélien. Il est incontestable que leur résistance et leurs sacrifices ont joué un rôle non négligeable dans la décision d’Ariel Sharon de revenir sur une politique à laquelle il était favorable depuis des décennies. Mais ce serait une erreur que d’attribuer le retrait israélien exclusivement à l’activisme palestinien. Plus ou moins ambiguë, la décision israélienne ne résulte ni d’une défaite militaire ni de négociations politiques. Mais l’unilatéralisme n’est pas une politique efficace et rationnelle à long terme et ne pourra pas déboucher sur une paix réelle et durable au Moyen-Orient. Comme le président Bush en Irak, Sharon va découvrir les limites de sa stratégie. L’unilatéralisme paraît un outil efficace aux yeux de politiciens incapables de penser à long terme, car il masque la nécessité de ce qu’ils considèrent comme un exercice vain lors de vraies négociations: la rencontre de leur adversaire en face à face et la découverte des conséquences humaines de leur politique. L’unilatéralisme présente également un avantage sur le plan intérieur, car il leur permet de décider sans autre interférence jusqu’où et jusqu’à quand poursuivre une politique donnée.. Des outils trop commodesPour être tout à fait objectif, l’unilatéralisme n’est pas seulement un instrument commode pour un Premier ministre israélien qui veut éviter de faire de véritables concessions à l’occasion de négociations, c’est aussi un outil adapté pour la faction dure des Palestiniens qui considèrent le multilatéralisme comme un moyen de les pousser à faire des concessions impopulaires.Quoi qu’il en soit, une fois le retrait israélien accompli, Israéliens et Palestiniens seront confrontés à des questions importantes restées jusqu’à aujourd’hui sans réponse. Il n’y a aucun doute sur le fait que le retrait de colons juifs de territoires qu’Israël considérait lui être dévolus par la volonté de Dieu représente un renversement idéologique considérable. Mais après des années à prêcher et à mettre en pratique l’un des principaux dogmes du sionisme, le démantèlement des implantations israéliennes va-t-il se poursuivre en Cisjordanie ou bien s’agira-t-il d’une exception?Les Palestiniens de leur coté auront à répondre par des actes et pas seulement par des mots à des questions sur leur capacité à construire un Etat moderne et pluraliste. Comment les organes politiques palestiniens vont-ils faire face aux mouvements musulmans de plus en plus puissants qui vont sans aucun doute réclamer une part non négligeable du pouvoir après le retrait de Gaza?La communauté internationale devra elle aussi répondre à des questions clés. D’après le Conseil économique palestinien pour la reconstruction et le développement (PECDAR), le revenu annuel moyen par habitant est toujours de quelque 700 dollars, alors que celui des Israéliens est de 16.000 dollars. Sans emplois à peu près correctement rémunérés, que va-t-il advenir de la masse des chômeurs de Gaza? L’exode potentiel des demandeurs d’emploi, un mouvement d’ampleur mondial, n’est que l’un des problèmes. Dans l’immédiat, si les habitants de Gaza ne parviennent pas à se nourrir correctement, la résurgence de violences transfrontalières, si ce n’est l’éruption d’une troisième Intifada, n’est qu’une question de temps. La situation économique de Gaza est un problème urgent, mais le futur du conflit israélo-palestinien dépend essentiellement des prochaines étapes du processus de paix. Les deux parties doivent s’accorder sur une solution viable à la question des frontières, de la Cisjordanie, de Jérusalem et des réfugiés. Aucun observateur sérieux n’estime qu’il peut y avoir une réponse unilatérale à ces questions. . Une question de temps pour la 3e Intifada?Les puissances supposées garantir le respect d’un processus multilatéral -les USA, l’Union européenne, les Nations unies et la Russie- n’ont joué aucun rôle dans le retrait israélien et dans son intégration éventuelle à la «Feuille de route» établie en 2003. Elles ne peuvent continuer à rester sur la touche. Nombre de Palestiniens n’ont pas été convaincus par la demande totalement irréaliste de Washington à Israël d’appliquer unilatéralement la «Feuille de route». La majorité des Palestiniens pensent que la «Feuille de route» sera enterrée une fois achevé le retrait israélien de la bande de Gaza. Mais le peuple palestinien et le peuple israélien, leurs dirigeants et la communauté internationale auront à faire face aux défis qui vont suivre. Le futur du conflit et les chances pour une paix véritable dans la région vont dépendre essentiellement de la compréhension qu’ils auront des limites du pouvoir militaire offensif, de la résistance armée et de l’unilatéralisme. La seule solution possible passe par de véritables discussions en face à face dans le respect du droit international et avec le soutien de la communauté internationale.Copyright: Project Syndicate, 2005. Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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