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Affaires

Que sont devenus les «oubliés» de General Tire?

Par L'Economiste | Edition N°:1940 Le 18/01/2005 | Partager

. L’association des cadres veut s’en remettre à l’arbitrage royal . L’Indien Tata reprendra-t-il l’affaire?Quid de l’affaire GTM (General Tire Maroc)? Que nenni… Près de 5 ans après la fermeture de l’usine de Casablanca, le silence radio pèse encore sur le dénouement de cette affaire. Aujourd’hui, les anciens employés de la société, dans l’expectative, s’insurgent contre le laxisme et la non-réactivité des pouvoirs publics dans cette «affaire maudite». Constitués en association, les cadres dénoncent le laisser-aller et l’attentisme de l’Etat qui suscitent de vives inquiétudes. Fin 2004, ils publiaient une lettre ouverte au Premier ministre (cf. L’Economiste du 8 octobre 2004) et adressaient deux lettres à Akwa Holding, l’un des actionnaires de la défunte entreprise et au conseiller économique du Souverain. Objectif, s’enquérir des suites réservées au dossier, du dénouement éventuel de la situation… Résultat: Toutes les requêtes sont restées jusque-là sans réponse. «C’est un dossier maudit dont aucun responsable ne veut s’occuper», affirme un ancien cadre de l’entreprise.Entre-temps, près de 750 anciens employés et autant de familles (sans oublier les emplois indirects) végètent. Une étude a été effectuée par l’association. Elle porte sur l’évaluation de la situation sociale d’une centaine de cas en 2 ans. Il en ressort que la plupart vivote. «Les dégâts sociaux engendrés par la fermeture de l’unité de production sont très lourds et continuent de s’intensifier». Pour survivre, les ouvriers se sont redéployés dans des emplois précaires à la limite de la mendicité, affirme un membre de l’association, qui cite des cas de marchands ambulants, de vendeurs de cigarettes au détail et de masseurs dans des bains maures. Plusieurs cas de délinquance, de chômage ont été répertoriés. Sans oublier une vingtaine de divorces et séparations, des traumatismes psychologiques et autres dépressions. Quant aux cadres, la majorité s’est redéployée dans des métiers différents, souvent sous-payés.Par ailleurs, plusieurs employés ont intenté des actions en justice au cas par cas. Ils ont eu gain de cause (indemnités de licenciement, créances privilégiées, congés…). Mais aucune indemnisation n’est possible, tout dépendra de la valeur de vente de l’entreprise. La procédure judiciaire veut que tout le dossier soit finalisé pour pouvoir indemniser les employés, est-il ajouté. De source digne de foi, environ 14 millions de DH sont dans les caisses du syndic. Mais là encore, c’est une équation à grande inconnue. Est-ce que le plan social, entamé en 2002, sera basé sur l’ancienne ou la nouvelle législation du travail? s’interroge-t-on. Pour l’heure, ce qui est sûr, c’est qu’une partie des fournitures a été mise en vente (matières premières, produits finis, pneus, chambres à air, palettes et autres râteliers de pneumatiques). Des expertises ont même été effectuées sur le terrain et les équipements. «Tout a été expertisé», souligne un haut cadre. Selon lui, l’évaluation du terrain, environ 2 hectares, a été arrêtée à 14 millions de DH, soit l’équivalent de 750 DH le mètre carré. «Une braderie!» ajoute-t-il, quand on sait que le terrain est sur une zone d’aménagement de la corniche d’Aïn Sebaâ, comme le prévoit le schéma directeur de la métropole. Aujourd’hui, l’association des anciens cadres dénonce le manque de transparence dans le processus de liquidation et un lobbying tous azimuts, «alors que jusque-là, le comportement du personnel est resté responsable et citoyen», précise l’association. Le personnel dit ne pas savoir à quel saint se vouer. «Aucun délai ni action ne sont communiqués après plus de 4 ans d’inactivité», est-il souligné. A qui incombe le contrôle et la mise en place d’une stratégie de redressement? s’interrogent-ils. A priori, personne, selon l’association. Pour eux, l’Etat «veut faire traîner les choses le maximum de temps possible». Mais il y a quelques semaines, une lueur d’espoir s’est profilée. Un repreneur indien serait intéressé par l’usine. Il s’agit du groupe Tata, à travers sa filiale pneumatique. Celle-ci serait prête à reprendre GTM en ce début 2005. Une délégation de la société devrait se rendre à Casablanca dans les semaines à venir. Contacté par L’Economiste, un responsable de l’UMT affirme que la centrale continue à militer pour la réouverture de l’entreprise. «Récemment au Parlement, des députés UMT ont adressé une réponse orale au ministre de l’Emploi. Ce dernier leur a confirmé que des pourparlers sont en cours avec un investisseur indien. Les anciens employés auraient espéré un meilleur sort. Rappelons qu’il y a quelques années, Michelin et Pirelli avaient manifesté leur intérêt. Mais la démarche n’avait pas abouti. Il était également question que Good Year reprenne l’activité via une fusion avec GTM, un scénario plausible. Mais là encore, la démarche n’a pas abouti. La grande question que se posent les anciens employés actuellement est de savoir pourquoi on a laissé tomber une unité de production au top de la mise à niveau (certification des processus de fabrication ISO 9002, formation des RH…), alors que le tissu industriel national s’engage à peine dans ce processus. Aujourd’hui, la situation est telle que les anciens cadres veulent s’en remettre à l’arbitrage royal.


Flash-back

Créée en 1958, GTM a été gérée jusqu’à 1988 par l’actionnaire US General Tire et l’Etat marocain. Ensuite, la société a cédé ses parts à l’allemand Continental. Dans un contexte difficile, marqué par la concurrence déloyale de la contrebande du pneu usagé et neuf, le coût excessif de l’énergie, les droits de douane sur la matière première et l’importation légale de pneumatiques neufs… la société a été privatisée en 1993. Deux années plus tard, le bateau GTM a chaviré. En 1995, la société a accusé une baisse du résultat net de 40% à 12 millions de DH. Une année plus tard, le personnel débraye pour dénoncer la gestion de l’entreprise. Le déficit ira crescendo d’année en année jusqu’en 1999, date à laquelle l’entreprise accuse une perte de 35 millions de DH. Peu à peu, Continental se désengage du Maroc au profit de l’Europe de l’Est (qui représente 65% de la production). Le bras de fer avec le personnel s’est accentué en 2000, date à la quelle le management décide la suppression des primes pour économiser 40 millions de DH. Les pouvoirs publics sont intervenus avec des plans de redressement. Or, les négociations n’ont pas abouti et Continental n’a pas mis la main à la poche pour une recapitalisation de la société. La maison mère menait dans le temps une politique de réduction des coûts et avait procédé à la fermeture de plusieurs filiales. Dans cet imbroglio, tout le monde misait sur l’arrivée d’un nouvel acquéreur. Là aussi, toutes les tentatives avaient échoué. Le 30 septembre 2002, le Tribunal de commerce ordonna une procédure de redressement judiciaire. Amin RBOUB

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