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Culture

A quand une vraie politique culturelle au Maroc? Par Abdellah Taleb, technicien en audiovisuel

Par L'Economiste | Edition N°:1437 Le 15/01/2003 | Partager

Dans la vie d'une communauté, d'un peuple ou d'une nation, depuis les civilisations les plus reculées, l'activité culturelle a toujours été considérée comme un baromètre du degré de maturité des institutions et de l'organisation des populations. Dans la vie contemporaine, à l'échelle mondiale, on remarque que les points du globe où il y a une concentration et un foisonnement de l'activité culturelle, sont indéniablement des pays avancés. Il est important de signaler, ici, un fait remarquable. Ce n'est pas le développement industriel ou le niveau technologique atteint par ces pays qui a fait éclore, chez eux, cet engouement pour l'art. La prospérité économique va de pair avec l'activité culturelle. Ces deux éléments sont, par la force de la logique, complémentaires, et, appelés à évoluer de concert dans une parfaite symbiose. Le rayonnement civilisationnel, dont jouissent les pays occidentaux, n'est pas le fruit de la seule démocratie. La renaissance et l'essor intellectuel provoqué à partir du XVe siècle en Italie, puis dans toute l'Europe, par le retour aux idées et à l'art antiques, a considérablement contribué au développement du niveau de vie. . Maillon de l'évolutionSi on se rapporte à l'histoire de ces nations, on ne manquera pas de relever que les arts ont été un maillon indissociable de leur évolution et ont marqué de leur empreinte toutes les générations qui ont participé à cette renaissance. Il y a longtemps qu'elles ont compris l'importance capitale que joue l'influence artistique dans le rehaussement et le raffinement du goût des masses populaires. Ce peuple, qui est l'acteur principal dans tout progrès, doit évoluer dans un milieu culturel équilibré, à même d'aiguiser ses capacités d'appréciation et de création qui sont la garantie de l'innovation permanente, essentielle à toute évolution positive. Il va sans dire que la verve créatrice se développe au contact de son environnement. Quand ce dernier souffre d'un déficit criard en activités culturelles, la croissance reste inexorablement nulle. En Occident, même en période d'austérité économique et de restriction budgétaire, le soutien alloué par l'Etat pour la maintenance à un bon niveau du rythme des activités des beaux arts ne diminue jamais. Ces nations ont une conviction claire et ferme de l'importance que revêt l'apport du développement des facultés créatrices dans l'épanouissement de l'individu. L'absence, durant des décennies, d'une véritable politique culturelle au Maroc est le résultat d'une focalisation permanente, de la part des départements de tutelles sur la priorité de l'élaboration de grands projets en guise d'infrastructures de base qui constitue un aspect prioritaire à toute relance de l'activité culturelle. Cela implique de mener de front plusieurs grands chantiers, couvrant les 16 régions économiques du Royaume. Une stratégie dissuasive, qui ne tient pas compte de l'omniprésence des contraintes conjoncturelles et des perspectives peu encourageantes. Un tel projet a de grandes chances de voir son aboutissement voué à l'échec ou reporté aux calendes grecques. . Encadrement Presque tous les grands artistes européens, dessinateurs, peintres, sculpteurs, graveurs etc. depuis plusieurs générations, ont, en plus du don naturel et du penchant, été encadrés et formés dans des ateliers-écoles, gérés par de grands maîtres et mis à la disposition du public. L'instauration de cette formule d'ateliers est très prisée pour son efficacité en tant qu'outil idéal pour la vulgarisation, l'initiation, la formation et l'encadrement.Les arts plastiques, sous toutes leurs formes: dessin, peinture, sculpture, gravure etc, un domaine handicapé par une carence en infrastructures, qui sévit depuis quatre décennies, trouvera son salut dans l'instauration des ateliers-écoles, moyen efficace, peu coûteux et qui représente la seule issue salvatrice et la solution pratique et adéquate pour sortir de ce cadre paralysant des “contraintes économiques”. L'existence de ces ateliers aura le mérite de mettre fin à un phénomène très répandu dans les milieux des arts plastiques au Maroc, et qui se caractérise par une forme d'individualisme, imposant un refus de partage des expériences personnelles dans le domaine, et, engendrant une situation tolérée et préjudiciable à toute expansion du cercle des férus de la palette. La situation qui prévaut actuellement au Maroc, en dépit de 40 ans d'une gestion claudicante du domaine culturel, est tout a fait remédiable. Le domaine artistique a cette vertu magique d'être plus spirituel que matériel, et peut survivre aux affres de l'immobilisme sans garder de séquelles. Il est facile de rattraper le temps perdu. La question qui se pose est: comment convaincre des décideurs et des politiciens sceptiques, car, issus d'une génération qui a vécu et grandi dans un environnement qui les a privés de la possibilité d'être imprégnés de la fibre artistique, élément indispensable dans toute appréciation ou anticipation saine, pour une nouvelle et meilleure vision de l'avenir?


Culture en manque

Dans l'élaboration politique et la planification budgétaire de la plupart des pays en voie de développement, on s'évertue à tort à marginaliser et même exclure toutes subventions ou aides matérielles, à des domaines ou activités dites non productives. Au Maroc, pays de plus trente millions d'habitants, il n'y a qu'une seule école des beaux arts, digne de ce nom. L'Institut des beaux arts de Tétouan. Une aberration! La carence affichée chez nous, dans ce domaine, réprime et condamne le talent d'éventuels “virtuoses'' du pinceau à une hibernation forcée et prolongée qui éteint en eux toute étincelle d'espoir. Cette énergie créatrice, soumise à une sédentarité chronique, se transforme en un vrai refoulement sournois, en quête d'exutoire qui peut prendre paradoxalement un caractère négatif et violent.

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