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Société

Quand une fatwa incite à la «pédophilie»

Par L'Economiste | Edition N°:2858 Le 11/09/2008 | Partager

. Un imam autorise le mariage d’une fille de 9 ans. Un avocat le poursuit pour incitation «au viol»SCANDALEUX! Un cheikh salafiste de Marrakech a émis une fatwa sur l’âge licite du mariage. Il aurait «autorisé» le mariage d’une fillette… d’à peine 9 ans. Evidemment, la fillette n’est pas encore nubile. Or, selon la Chariaa, la nubilité étant une condition sine qua non pour autoriser un mariage. La fatwa en question a un numéro. Elle figure en bonne place sur le site du cheikh Mohamed Maghrawi (www.maghrawi.net). Le aâlem va plus loin et argumente sa fatwa. Pour lui, «certaines filles de 9 ans ont une capacité à copuler que n’ont pas celles de 20 ans». Affirmation qui a suscité l’ire de Mourad Bekkouri, avocat à Rabat. Bekkouri a porté plainte contre le cheikh salafiste pour «atteinte au code de la famille et aux droits de l’enfant». Il compte le poursuivre également pour «incitation au viol». Une plainte à l’encontre du cheikh vient d’être déposée au tribunal de première instance de Rabat. «J’avais le choix entre Rabat et Marrakech, j’ai opté pour Rabat pour poursuivre Maghrawi», confie l’avocat à L’Economiste. Membre de la société civile, Mourad Bekkouri est catégorique. Sa décision est sans appel. A ses yeux, la fatwa de Maghrawi est «une incitation au viol et à la pédophilie». L’avocat s’étonne que société civile, parlementaires ou encore parents… ne se soient pas mobilisés contre cette fatwa moyen-âgeuse. Le seul soutien enregistré jusque-là reste verbal. Seuls quelques universitaires et confrères lui ont manifesté verbalement leur soutien. Sans plus! Au fait, l’action de Bekkouri n’a semble-t-il eu aucun effet sur le cheikh qui continue à «vulgariser» (voudrait-il la généraliser?) sa fatwa en continuant à la diffuser via le Net. Le site en question et à travers lequel Maghrawi publie ses fatwas est le support virtuel de l’Association de la prédication pour le Coran et la Sunna (daawa ila Al Qoraane wa Sunna), dont le coordinateur et superviseur n’est autre que cheikh Maghrawi, himself. Maghrawi a été l’un des disciples du Mufti général de l’Arabie saoudite, Abdelaziz ben Abdellah ben Baz. Il a fait une partie de ses études théologiques à l’Université de Taef et avait même fait un passage par une association islamique saoudienne. Le financement de l’association de la prédication au Coran et de Marrakech est en partie assuré par des dons saoudiens, raconte-t-on. «C’est aberrant de laisser le champ des fatwas entre les mains de salafistes wahhabistes», dénonce Me Bekkouri. Il faut, selon lui, «mettre de l’ordre, seul le Conseil supérieur des ouléma est en mesure de délivrer des fatwas». D’autant plus que la fatwa du cheikh ne se fonde sur aucun argument valable. Pourtant, la Moudawana est assez claire sur ce sujet: l’âge légal du mariage étant bien 18 ans, rappelle l’avocat. D’après lui, la balle est maintenant dans le camp du TPI de Rabat. Aucune date n’a encore été précisée pour le procès. Une fois, la plainte jugée recevable, une poursuite du cheikh sera enclenchée.


Touche pas à mon enfant s’en mêle

EN réaction à l’émission de fatwas en général, la présidente de l’association Touche pas à mon enfant est catégorique: Najat Anouar estime que le rôle de l’Etat est capital en tant qu’autorité pour mettre de l’ordre dans le champ des fatwas. Elle rappelle à cet effet la campagne menée tambour battant pour une profonde réforme du champ religieux. Najat Anouar estime que l’Etat doit être ferme envers «tous ceux qui se décrètent exégètes et interprètes exclusifs des textes religieux». Pour la fatwa de Maghrawi, « telle qu’elle a été émise dans son contexte, elle prête plutôt à l’insolite». Pis encore, «elle a été un choc pour de nombreux fidèles», signale-t-elle. Ce qui préfigure la menace qui guette la pratique religieuse. La force et l’efficacité de toute réaction, selon Anouar, ne peuvent être envisagées qu’à travers une réflexion sereine et sans précipitation. L’enjeu est d’établir un diagnostic qui revient sur les causes de l’émission de telles fatwas. Mais «attention au silence et à la banalisation d’un tel phénomène!».Amin RBOUB

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