×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Quand le maloui coûte des milliards

Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

Trois cuillères d'huile, deux mesures de farine ordinaire et une cuillère de sucre. Ce n'est pas la recette du maloui. C'est la recette des mille trous de la politique agricole.


«La presse n'agit pas déontologiquement, c'est scandaleux", vitupère M. Hassan Abouyoub. Le père de la loi sur le commerce extérieur et patron actuel de la politique agricole n'apporte aucune précision, comme d'habitude. Il cherche des responsables à la situation de crise créée dans l'agriculture.

La solution piégée


Dix-huit mois auparavant, un incident grave l'avait opposé à deux journalistes de L'Economiste, qui lui demandaient comment allait être conduite la libéralisation. Pour le ministre il s'agissait de questions sans intérêt puisque «les opérateurs savent bien à quelle sauce ils seront mangés». Malheureusement, ce qui devait arriver arriva: les agriculteurs, et davantage les petits que les grands, les commerçants, les minotiers, les importateurs vont y laisser de l'argent et le fruit de leur travail. Certains effectivement seront mangés. Mais l'on ne veut pas croire que c'était l'objectif réel de l'absence d'information dont ont été et sont victimes les professionnels.
N'aurait-il pas été plus judicieux d'accorder quelque intérêt aux questions de bon sens qui se posaient? N'aurait-il pas été plus avisé d'écouter avec quelque attention les agriculteurs, les marchands, les industriels, qui depuis tant de mois demandent comment «ça va se passer»? Ce n'étaient pas eux qui étaient les fauteurs de rigidité: la suite des événements et le prix qu'ils vont payer le démontrent bien.
Combien cette imprévision et ce mépris vont-ils coûter à la communauté? Nul ne le sait encore, car lorsqu'on parle de céréales, d'huile ou de sucre, les dizaines de millions de DH s'additionnent à une vitesse vertigineuse, chaque jour. Et que dire du rôle de pompier que joue encore une fois le Ministère de l'Intérieur? Chacun sait qu'il n'y avait pas d'autre solution, vu la gravité et l'ampleur politique prise par l'affaire des céréales dans les campagnes.

Et pourtant, chacun sait aussi que ce n'est pas la bonne solution de poser le problème de la politique céréalière en termes de sécurité.
Il y a des changements profonds à obtenir. Ce n'est pas parce qu'il y a longtemps que tout cela est évident et urgent qu'autorisation est donnée de tout garder en l'état.
Et encore une fois le piège se referme: la seule solution n'est pas la bonne solution. Sauf si l'objectif est la tranquillité administra- tive...
Mal organisées, mal préparées à la logique de l'économie libérale et jamais responsables, nos administrations se retrouvent ainsi systématiquement devant une succession de situations d'urgence, coûteuses en argent, et aussi coûteuses en désorganisation. La désorganisation, à son tour, va encore produire des situations d'urgence qui seront encore une fois vouées aux mêmes gaspillages de temps et d'argent, qui rongeront, encore une fois, les espoirs et l'énergie que l'on met dans le développement social et économique du Maroc.

Huit ans pour pas grand-chose


La loi sur le commerce extérieur a été présentée et discutée au Parlement en 1989, et publiée au Bulletin Officiel en 1992, soit trois années de discussions et préparation. Depuis sa publication, s'y ajoutent cinq années de décalage entre la volonté politique et la mise en pratique de cette même volonté. Durant ces huit années, seuls les produits laitiers ont eu le traitement qu'il leur fallait. Pourtant, ce n'était ni plus compliqué ni plus simple que le reste. Les autres, les céréales, le sucre et les oléagineux, attendent toujours, au risque d'écraser leurs filières avant même qu'elles aient eu le temps de savoir «à quelle sauce elles seront mangées»: des agriculteurs n'arrivent pas à écouler leur récolte de blé, tandis que d'autres l'ont vendue au-dessus des cours (lire bien au-dessus des cours); chaque année, la mise en culture des betteraves se fait avec un peu plus de difficultés, tandis que la majorité des sucreries est au bord de la faillite...
Où est le patriotisme auquel se réfèrent ministres et hauts fonctionnaires pour reporter encore une fois les réformes, quand on sait qu'en bout de chaîne seulement un Marocain sur cinq profitera de la Compensation? Mais tous payeront les milliards qu'il faut pour que ce système perdure.

Nadia SALAH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc