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Quand l’école menace ruine

Par L'Economiste | Edition N°:2133 Le 19/10/2005 | Partager

. Douar Laâzib, un cas d’école. Les élèves boycottent la rentrée. Pas d’eau courante ni d’électricité, des cabinets d’aisances non plus A chaque école, son lot de problèmes. Mais ces derniers vont crescendo au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre du village, pour atteindre leur paroxysme à Douar Laâzib, dans la commune de Dar Lhamra. Une localité de la Province de Sefrou, sise à 3 kilomètres sur la route entre Ahermoumou et Imouzzer-Marmoucha.A quelque 150 mètres de la route, au milieu d’oliviers et de petits lopins, se trouve une école, l’annexe de Ladrej. A ce jour, la rentrée n’a pas eu encore lieu dans ce douar qui n’a jamais bénéficié de cours d’alphabétisation. Pis encore, cette année, les écoliers courent le risque de passer une année blanche(1). L’unique école du douar, composée de 2 salles de classe et une cantine, menace ruine. Les locaux sont dans un état de délabrement très avancé, à tel point que les élèves décident de déserter l’école. Après deux semaines de la rentrée scolaire, il n’y a pas âme qui vive. Les deux enseignants, eux non plus, ont préféré ne pas venir ce jour du souk hebdomadaire. Pour une école publique, le décor est on ne peut plus désolant! Faute d’espace, la cantine fera à la fois office de réfectoire et de salle de classe cette année. L’hiver, il fait un froid glacial. Et comme les murs sont en préfabriqué, ils se mettent à bouger à la moindre bourrasque”, précise un parent d’élève. Pour convaincre, il pousse un mur et toute la classe se met à vibrer. “Cette année, nous craignons le pire. Imaginez que le toit s’effondre en plein cours!” lance un autre père. C’est la raison pour laquelle, les parents d’élèves ont décidé que leurs chérubins boycottent l’école. Ce qui tient lieu de salle de cours ne répond pas non plus à la moindre caractéristique d’une classe: pas d’électricité ni eau, vitres cassées, plafond perméable à moitié effondré, sol crasseux, tables poussiéreuses et brinquebalantes, excréments et mouches. Un sentiment d’abandon et de désolation s’en dégage. Pour faire leurs besoins, élèves et instituteurs, à défaut de cabinets d’aisances, n’ont d’autre choix que le plein air et les champs avoisinants, quand ce n’est pas tout simplement derrière les bâtiments. Pourtant, l’école est récente: elle a été construite dans les années 80. “Comment voulez-vous que l’instituteur garde sa dignité dans ces conditions?” s’interroge Hamid Bousaïd, parent d’élève. “Ou encore celle de l’élève devant ses camarades?” A trois mètres de l’école, un cimetière sans clôture où reposent les ancêtres du douar. “Il n’y a aucun respect pour nos morts, encore moins pour les écoliers”, lâche furieux El Youbi, le lettré du douar. La quarantaine, une barbe naissante, il est au chômage mais prend à cœur l’éducation de ses deux enfants, âgés de 6 et 7 ans. Les instituteurs ne sont pas mieux lotis. “Avec de telles conditions de travail, et avec toute la bonne volonté du monde, on se sent brimé et inhibé”, commente une jeune institutrice fraîchement diplômée. Comment s’étonner alors qu’à deux semaines de la rentrée, écoliers et enseignants soient aux abonnés absents?


Pétition

«Nous avons signé une pétition et saisi la préfecture!« Les habitants de douar Laâzib sont déterminés. Cette année, ils ne comptent pas laisser leurs enfants faire face aux aléas d’une scolarité précaire. Ils ont aussi prévenu le directeur du groupe scolaire de Dar Lhamra. “Si les autorités locales ou la délégation de l’enseignement ne trouvent pas de solution sous quinzaine, nous ferons une marche jusqu’à la préfecture”. Ils menacent, si rien n’est entrepris, d’aller jusqu’à l’année blanche. “Mieux vaut une année blanche qu’un sinistre pour les familles”, ajoute Abdellah El Youbi. Ce qui attise leur colère, c’est qu’ils ont eu écho, depuis deux ans, d’un budget de quelque 200.000 DH débloqué pour la réhabilitation de l’école. Mais ils ne voient rien venir.


Ahermoumou ou Ribat Al Kheir?

A première vue, le village s’apparente à un havre de paix. Rebaptisé Ribat Al Kheir (tdlr: campement de paix ou du bien) au lendemain du putsch de 1971, une appellation qui reste purement administrative puisque la population locale la refuse catégoriquement, cette localité du Moyen Atlas est située à quelque 72 kilomètres au sud-est de Fès et à 52 km de Sefrou, la capitale de la cerise. A 1.126 mètres, elle surplombe un panorama féerique; une vaste vallée au-delà de laquelle se dresse un mont impressionnant, le Bouiblane (3.190 mètres d’altitude).Pour les autorités locales, le village est désormais répertorié en tant que ville. Ils reconnaissent, toutefois, qu’il n’en a pas les caractéristiques. Bizarrement, c’est la gendarmerie qui y assure la sécurité et non encore la Sûreté nationale. Selon le dernier recensement, la population de Ribat Al Kheir est estimée à 13.189 personnes en 2005. La région connaît l’un des taux démographiques les plus importants dans la région de Sefrou, soit 4,5%. Principales activités, l’élevage, l’agriculture (céréales, oliveraies, pommiers…) et dans une moindre mesure le commerce. A. R. ---------------------------------------------------------------(1) C’est ce que soutenaient les parents d’élèves fin septembre

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