×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Agenda

    Protection de l'environnement : Le MCIA relance les travaux du programme DIED

    Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

    Un programme de Développement Industriel Ecologiquement Durable (DIED) a été initié depuis un an par le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat. Un plan d'action a été élaboré et présente des recommandations d'ordre législatif, technique, financier et de formation.


    "On ne peut plus dissocier le progrès industriel de la protection de l'environnement", note M. Driss Jettou, ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, à l'ouverture de l'atelier national sur le développement industriel écologiquement durable.
    Il est difficile pour un pays en développement, cherchant une évolution industrielle soutenue, de réduire le degré de pollution, indique un intervenant. D'autant plus que les industries polluantes tendent à se délocaliser vers les régions du tiers-monde. Au Maroc, le coût de la dégradation de l'environnement est estimé à près de 20 milliards de Dirhams par an, indique M. Noureddine Benomar Alami, ministre de l'Environnement. Ce qui représente 8% du PIB marocain, ajoute-t-il.
    Une étude a été réalisée par le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat sur la situation des rejets industriels au Maroc. Il ressort de l'enquête que l'agro-alimentaire figure parmi les industries les plus polluantes. A lui seul, ce secteur rejette 23 millions de m3 chargés d'importantes quantités de matières organiques. Les déchets solides dans le secteur agro-alimentaire sont évalués à 500.000 tonnes dont 73% proviennent des sucreries.
    Le secteur du textile et du cuir est considéré également comme un grand générateur de pollution. Il déverse plus de 10 millions de m3 d'eau, soit 90% de l'eau utilisée par cette industrie. L'essentiel de la pollution de l'industrie du cuir est dû aux tanneries qui rejettent 1,4 million de m3 d'eau.

    Eaux usées déversées dans l'Atlantique

    Quant aux rejets de la branche chimie et parachimie, ils proviennent essentiellement des unités de valorisation des phosphates qui génèrent 920 millions de m3 d'eaux usées. Pour le reste des entreprises dans ce secteur, les rejets sont évalués à 11 millions de m3 d'eau déversée dans l'Océan Atlantique et le fleuve du Sebou.
    Afin de pallier le problème de la pollution, un plan d'action relatif au programme de Développement Industriel Ecologiquement Durable (DIED) a été élaboré. Ce plan, préparé par M. A. Lahbabi, spécialiste en la matière, met l'accent sur les mesures d'ordre législatif, technique et financier à adopter en vue de réduire les conséquences néfastes de la pollution. Une politique de formation et de sensibilisation doit accompagner ces mesures.
    Concernant le volet legislatif, il a été préconisé d'adopter une loi-cadre de protection et de mise en valeur de l'environnement. Si la loi de l'eau a été récemment promulguée, celles sur les établissements classés et sur la protection atmosphérique sont en cours d'élaboration. La loi sur la protection marine et la refonte des codes minier et gazier, quant à elles, sont en projet. La protection de l'environnement est tributaire également de la mise en place de normes de rejets.

    Un programme d'audit

    Pour le volet technique, il est mentionné parmi les recommandations d'utilisation de technologies propres. Le tissu industriel marocain est constitué principalement de PMI dont l'outil de production est vétuste, mentionne le rapport. Une étude portant sur la pollution doit être réalisée dans la zone industrielle d'Aïn Sebaâ. Le plan d'action prévoit également la réalisation d'audits dans une dizaine d'unités industrielles.
    Côté financement, et afin de diversifier les sources, un projet d'instauration d'un fonds de dépollution est à l'étude au Ministère de l'Environnement qui a sollicité l'appui de la coopération financière allemande. Ce projet préconise des dons et des crédits bonifiés, gérés par les banques commerciales, au profit des établissements industriels.
    Par ailleurs, quelques expériences de pays européens ont été présentées lors de l'atelier. La France par exemple, en créant des agences spécialisées dans la gestion de l'eaux a pu réduire considérablement les déchets en eaux usées. Une autre agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie a été également créée. Sa mission principale consiste à inciter les opérateurs économiques à faire des économies de matières premières. En Allemagne, il est à noter la présence, autour de chaque usine polluante, de petites usines d'épuration. C'est le cas par exemple de l'unité de production Bayer où chaque matière rejetée est suivie jusqu'à sa destruction totale ou son recyclage.

    Hicham RAIQ

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc