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Politique Internationale

Propreté des rues, respect du code de la route : Afak prône le développement par le civisme

Par L'Economiste | Edition N°:222 Le 21/03/1996 | Partager

L'accroissement du PIB n'est pas l'unique indicateur du développement. Nos attitudes au travail ou dans la rue et notre propension à respecter la loi sont autant de baromètres du niveau de développement d'un pays. C'est le principal message qui ressort de la conférence-débat organisée par l'Association Afak Civisme & Développement.


Ce sont des rêveurs! Il faudra un demi-siècle pour changer les mentalités des gens, murmure une personne dans l'assistance lors de la conférence-débat animée par le Pr Abderrahim Harouchi, ancien ministre de la Santé et membre fondateur de l'Association "Afak Civisme et Développement". "Le développement ne relève pas de la seule responsabilité des gouvernants, pas plus qu'il ne doit se réduire à la croissance des indicateurs macro-économiques. La vraie locomotive du développement, c'est d'abord le facteur humain".
Tout comme le revenu par tête d'habitant, l'état de la rue peut être considéré comme un indicateur de développement d'un pays, explique le Pr Harouchi. "C'est le miroir de la société", affirme-t-il, car la rue reflète le niveau d'éducation et le degré de civisme d'une nation, mais aussi l'efficacité des services de voirie et donc la capacité à gérer les affaires de la communauté. Or, constate-t-il amèrement, "les rues se sont progressivement transformées en dépotoirs publics".

Artisans de son sous-développement

De même, chaque citoyen doit se sentir dépositaire du développement par son comportement et ses gestes au quotidien. Mais toute la difficulté justement est de l'en persuader, reconnaît le Pr Harouchi. Il n'y a pas de recette-miracle pour modifier la conscience profonde de l'individu. Enseignant à la Faculté de Médecine de Casablanca et spécialiste des questions pédagogiques, l'ex-ministre croit aux vertus de la pédagogie pour faire évoluer les comportements et "responsabiliser" le citoyen. A l'image du philosophe français Montaigne, le Pr Harouchi est convaincu que l'homme est foncièrement bon et honnête. "Il suffit de lui indiquer la voie pour qu'il s'engage". Mais il reconnaît que le chemin sera long et parsemé d'embûches: "nous sommes conscients, dit-il, de l'ampleur de notre tâche".
Mission d'autant plus complexe, en effet, que l'école et l'université, dont le rôle est entre autres d'assurer l'éducation civique, ont failli à leur mission, observe M. Mohamed Alami Machichi, membre du conseil d'administration de Afak et ancien ministre de la Justice. "Le drame de l'Institution scolaire, déplore-t-il, est d'avoir étouffé l'initiative et donc, la liberté qui est le fondement de toute responsabilité". Le développement suppose un niveau de conscience individuelle et collective qui n'est pas inné mais s'acquiert, affirme-t-il.

Charte du citoyen

A travers quelques exemples, le Pr. Harouchi démontre comment l'on devient artisan de son propre sous-développement: non-respect des lois et des règlements, malhonnêteté, tricherie, manque de conscience professionnelle, gaspillage de ressources, pollution de l'environnement, dégradation du cadre de vie, etc... voilà autant de comportements qui entretiennent le sous-développement. Ces attitudes d'incivisme coûtent à la collectivité bien plus que l'on ne peut imaginer. Rien que la dégradation de l'environnement reviendrait à 20 milliards de DH par an à l'Etat, tandis que le surcoût annuel de la dépollution d'eau est estimé à 380 millions de DH. En cause également la conduite sur la route, responsable de 40.000 accidents et de 3.400 tués tous les ans. En l'absence du gendarme, se conformer au code de la route est devenu un comportement exceptionnel. Plus grave, dans la plupart des cas, le facteur humain est mis en cause, entre autres pour non-respect du feu rouge. Cette incapacité à respecter la loi en l'absence du gendarme, rappelle le Pr Harouchi, entrave l'édification de l'Etat de droit que tout le monde revendique pourtant. Or, celui-ci se bâtit d'abord sur l'aptitude à respecter les lois et les règlements.
Le développement étant par définition un processus "lent et complexe", le Pr Harouchi propose de promouvoir les attitudes citoyennes par le modèle fondé sur les trois piliers que sont l'information, l'éducation et la communication d'une part, et l'adoption d'une charte du citoyen, d'autre part. Celle-ci s'articulerait autour des valeurs suivantes: le respect du prochain, un comportement loyal, le respect des lois des règlements et de la parole donnée, faire son travail avec rigueur et conscience professionnelle, préserver l'environnement et faire la chasse au gaspillage.

Abashi SHAMAMBA

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