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Culture

A propos du numerus clausus des pharmaciens
Par Mohammed Jamal Zniber, pharmacien d’officine

Par L'Economiste | Edition N°:2039 Le 09/06/2005 | Partager

La colère exprimée par les pharmaciens lors de leur rejet du projet de code du médicament et de la pharmacie s’est estompée depuis que les pouvoirs publics ont ouvert un dialogue constructif avec leur profession. En instaurant ce dialogue entre le Premier ministre, les parlementaires et vous-même d’une part, et la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc d’autre part, le corps des pharmaciens est un peu plus rassuré quant à son devenir.Cette situation nouvelle nous a rendus doublement fiers:Une première fois, parce que nous apportons notre contribution, en notre qualité de professionnels de santé, à l’élaboration d’un texte de loi qui doit préserver celle de nos concitoyens.Et une seconde fois, parce que nous participons, en notre qualité de citoyens, à la construction de la démocratie dans notre pays. Parmi les amendements que nous avons proposé, permettez-moi, monsieur le ministre, d’apporter quelques éclaircissements sur le numerus clausus que nous demandons et dont l’intérêt pour la sauvegarde de la santé publique ne semble pas être apprécié à sa juste valeur par bon nombre de décideurs et de parlementaires du Royaume. En effet, toutes ces personnes sont préoccupées, à juste titre d’ailleurs, par le chômage dramatique que vivent les jeunes diplômés au point de ne voir dans cet amendement qu’une volonté des anciens pharmaciens de protéger leurs acquis...Permettez-moi de vous dire que cette vision réductrice n’est pas celle des pharmaciens qui tiennent à rester fidèles au serment qu’ils ont prononcé à la fin de leurs études. Tous ces confrères ont juré un jour devant Dieu et devant les hommes “d’exercer dans l’intérêt de la santé publique… et de ne jamais oublier leur responsabilité et leurs devoirs envers le malade et sa dignité humaine”. Or la situation de la pharmacie marocaine est devenue telle que ces pharmaciens ont de plus en plus du mal à penser aux intérêts de leurs malades sans penser à leur propre survie.Le manque de planification des besoins du pays en pharmaciens et l’ouverture anarchique des officines a mis en péril leur viabilité économique tout en dégradant tous les jours un peu plus le service qu’elles offrent au malade. Pourquoi?Parce que le nombre d’infraction aux règles de délivrance ne cesse d’augmenter.Parce qu’une pharmacie digne de ce nom ne peut assurer un service de qualité à ses malades sans immobiliser un stock minimum de 250.000 DH. (Elles sont aujourd’hui de plus en plus rares à disposer d’un stock d’une telle valeur).Parce qu’une pharmacie qui ne gère que 40 ou 50.000 DH de stock fait plus de l’épicerie que de la pharmacie puisqu’elle ne vend que les médicaments les plus courants et les plus rentables. (Elles sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses).Parce que le surenchérissement régulier de ce stock officinal est incompatible avec la diminution des chiffres d’affaires.Parce que le médicament est une denrée chère non seulement pour le citoyen marocain (ça, on le savait déjà) mais même pour le pharmacien d’aujourd’hui qui n’a plus la possibilité d’achalander correctement son officine pour répondre avec célérité aux besoins de ses malades, conformément aux exigences de son code de déontologie.Pour illustrer tout ce qui précède, permettez-moi, monsieur le ministre, de vous raconter ma dernière mésaventure professionnelle: Samedi 21 mai 2005, vers 23 heures, j’étais de garde dans mon officine quand un client s’est présenté pour acheter un Temgesic inj. (analgésique utilisé dans les douleurs postopératoires et néoplasiques). Ce médicament a toujours existé dans ma pharmacie à l’époque où j’en vendais 2 ou 3 par an et que je comptabilisais une moyenne de 200 clients/jour. Depuis la multiplication des officines, ma clientèle a été réduite de moitié et mes ventes de Temgesic sont tombées à moins d’une boîte par an. Aussi ai-je été contraint d’adapter la gestion de mon stock officinal à mon chiffre d’affaires, en éliminant, en premier lieu, les produits dont les rotations sont faibles, peu rentables, et donc exposés à la péremption qui est synonyme de perte pour le pharmacien. (Alors que ces produits sont souvent de véritables produits d’urgence). Ne pouvant être dépanné ni par un confrère, ni par un grossiste au milieu de la nuit, je n’ai pu honorer cette ordonnance car mes petits calculs d’apothicaires (pour gérer ma pharmacie, qui est aussi une entreprise commerciale) m’ont empêché de faire face à mes devoirs de professionnel de santé.Résultat de cette situation:Au niveau de ma propre responsabilité: Un malade a vécu dans sa chair une nuit de douleurs et de souffrances atroces pendant que je vivais pendant cette même nuit, un véritable cas de conscience dont je ne suis pas sorti indemne…Au niveau de la responsabilité des décideurs du pays: Faute de planification des besoins du pays en officines, les pharmacies marocaines sont en train de se transformer en coquilles vides. Un jour ou l’autre, les citoyens marocains seront en droit de demander aux pouvoirs publics pourquoi l’on a autant rapproché la pharmacie du malade si l’on en a éloigné de fait le médicament…Pour terminer, je vous apprendrai que mes confrères, qui ont comme moi une fille ou un garçon pharmacien, ont déjà instauré pour leurs enfants ce numerus clausus. En effet, parmi tous ces confrères de ma génération, aucun de leur enfant n’a créé d’officine ces 4 ou 5 dernières années. Pourquoi? Parce que tout pharmacien en exercice sait qu’une officine n’est viable qu’à partir d’un chiffre d’affaires minimum de 1 million de dirhams environ et que la moyenne nationale des CA des officines est de 20 à 30% inférieure à ce seuil de viabilité. En d’autres termes, aucun parent pharmacien ne conseille à son enfant de créer son officine parce qu’aucun père ne souhaite exposer son enfant à la faillite… La majorité des pays à travers le monde ont compris que le numerus clausus est une manière de protéger le citoyen des insuffisances et des dérapages d’une profession commerciale à part entière et totalement à part du fait de son implication dans la sauvegarde de la santé publique. Pourquoi pas nous?C’est pour toutes ces raisons que je me suis permis d’insister auprès de vous, monsieur le ministre de la Santé, pour que cette notion de numerus clausus soit prise en considération dans le prochain code de la pharmacie et du médicament à l’instar de ce qui se pratique dans les autres pays.«Aucun parent pharmacien ne conseille à son enfant de créer son officine parce qu’aucun père ne souhaite exposer son enfant à la faillite…«

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