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    Propane : Les prix pèsent sur l'industrie de la céramique

    Par L'Economiste | Edition N°:220 Le 07/03/1996 | Partager

    Les industriels de la céramique s'inquiètent du poids du prix du propane sur leur secteur. Les hausses intervenues depuis la libéralisation de ce secteur sont essentiellement dues à des lacunes dans le potentiel de stockage des distributeurs qui induisent des prix élevés.


    L'augmentation du prix du propane enregistrée régulièrement depuis sa libéralisation est une véritable source d'inquiétudes pour une profession qui emploie plus de 25.000 personnes. La courbe de l'évolution des prix de cette source d'énergie a été en effet ascendante. Une tonne coûtait 2.430 DH hors taxes en décembre 1994. Le prix de cette même quantité est passé à 4.410 DH en janvier 1996. Sur les comptes d'exploitation des entreprises de la céramique, cette hausse s'est traduite par des charges supplémentaires allant de 3 millions à 12 millions de DH, sachant que la consommation de propane d'une usine à l'autre varie entre 1.200 et 10.000 tonnes par an.
    Selon des industriels, le coût du facteur énergétique intervient pour 12 à 18% dans la structure du prix de revient des produits de la céramique. L'incidence de la hausse du prix du propane se traduit par une augmentation comprise entre 5 et 8% du coût de revient. Mais les céramistes ne peuvent répercuter cette augmentation du coût de revient sur le prix de vente en raison de la concurrence locale et internationale.

    "Lorsque la libéralisation est intervenue ,les prix avaient augmenté en raison de l'hiver où le propane est très demandé en attendant. La baisse de l'été n'a pas eu lieu", affirme M. David Toledano, secrétaire général de l'Association Professionnelle de l'Industrie Céramique ( A.P.I.C. ).
    Ce rendez-vous manqué est expliqué par le manque d'infrastructures de stockage. Les capacités de stockage sont jugées insuffisantes pour permettre d'acheter du propane en été, période la plus favorable pendant laquelle le prix international est au plus bas. "Cette possibilité aurait permis de recevoir ce produit par un gros porteur présentant l'avantage de faire bénéficier d'un coût de fret inférieur à celui payé si on doit acheter par un petit porteur de 1.000 tonnes", précise M. Toledano.

    Vers une défiscalisation du propane

    Les petits porteurs facturent également les surestaries( frais d'immobilisation du bateau). Le propane est donc déchargé au fur et à mesure des capacités d'enlèvement des camions des distributeurs, qui sont réduites par le fait de l'absence d'infrastructures de stockage. "Cette opération peut durer plus de dix jours, soutient M. Toledano. En raison de l'encombrement du port, le bateau sera amené à effectuer des allers-retours entre le port et la haute mer. Ces frais supplémentaires sont à la charge des industriels de la céramique".
    Dans un premier temps, les professionnels de la céramique demandent une défiscalisation du propane, par la suppression du PFI et des droits de douane à l'importation. L'administration de tutelle aurait pris en compte cette requête et donné la promesse de l'inscrire dans la prochaine Loi de Finances.
    Jusqu'en 1995, la Samir, qui produit également le propane, ne s'alignait pas systématiquement sur les prix importés. A partir de l'année suivante, la raffinerie a décidé de rectifier en s'alignant sur le meilleur prix importé. Pour les industriels, "ce meilleur prix est encore un mauvais prix parce qu'il subit les surestaries et se traduit par un surcoût de 600 DH de plus à la tonne au niveau des consommateurs".

    Pour un prix juste

    Ils demandent à ce que la production locale, estimée à 60.000 tonnes, leur soit réservée en priorité. La Samir et la SCP, les seuls producteurs, devront donc leur vendre le propane à "un prix juste", établi selon leur coût de production et leur marge bénéficiaire. "Le prix sorti de la raffinerie ne doit pas être supérieur à celui importé", indique M. Hassan Chami, président de l'APIC. Il demande à ce que le prix du gaz produit localement soit calculé sur les conditions réelles et en toute transparence.
    D'ailleurs, les industriels se déclarent prêts à s'associer aux distributeurs pour investir dans les infrastructures de stockage de manière à recevoir du propane dans des conditions optimales.
    Si ce secteur s'est développé rapidement vers 1985, avec une consommation de propane passant de 20.000 à 100.000 tonnes en l'espace de 8 ans, il en va autrement aujourd'hui. De l'avis de certains opérateurs du secteur, aucun nouveau contrat d'approvisionnement de propane avec un distributeur n'a été signé depuis un an. D'ailleurs, ceux qui peuvent substituer le propane par une autre source d'énergie l'ont déjà fait. Les exemples fusent: des usines de traitement de délavage avec des chaudières jugées importantes ont abandonné le propane pour revenir au fuel industriel. Les usines de carreaux, qui ont des atomiseurs pour préparer la pâte, reviennent également au fuel.

    Mohamed CHAOUI

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