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Affaires

Promotion des femmes
Comment les ONG arabes tentent de faire du lobbying
De notre envoyée spéciale à New York, Mouna KADIRI

Par L'Economiste | Edition N°:1971 Le 04/03/2005 | Partager

. Grande polémique sur l’avortement. Faute de savoir s’organiser, le projet est abandonné . Et retour à la case départMercredi dernier au siège de l’ONU, elles étaient une bonne dizaine assises par terre en cercle sur le tapis ou sur des chaises près de la cafétéria, rendue “fumeurs” à l’occasion de la 49e Commission sur le statut des femmes (cf. www.leconomiste.com du 3 mars 2005). Egyptiennes, Yéménite (cette dame est, paraît-il, l’une des rares femmes au Yémen à ne pas porter le voile), Libanaise, Marocaines, Tunisiennes, Algérienne, Mauritaniennes se sont réunies pour tenter de former un Caucus arabe des organisations non gouvernementales. Le projet est de rédiger un communiqué commun comme l’ont fait la cinquantaine d’organisations non gouvernementales européennes et les autres pays. Elles veulent faire du “lobbying arabe”, pour reprendre le jargon cher aux militantes.L’Adfm (Association des femmes démocratiques du Maroc) est, selon l’un de ses membres, l’instigateur de ce rassemblement. D’ailleurs, on ne pouvait pas rater les membres de cette association: elles semblent courir dans tous les sens pour accumuler des signatures.. Chaos dans le chaosL’objectif de ce Caucus est de présenter une position commune favorable à la plate-forme de Beijing telle qu’approuvée en 1995. Mais bien sûr, le grand enjeu est celui de la proposition d’amendement de la part des Etats-Unis concernant un article sur l’avortement. Et c’est là que la polémique fait rage entre ces dames. Elles forment une ronde très informelle et pas très pratique dans la cacophonie ambiante. Si la réunion a duré moins de 15 mn pour décider du contenu du communiqué, il y a eu des gesticulations, des bras qui partaient dans tous les sens, des voix plus stridentes que les autres, des désaccords et des départs. La cacophonie dans la cacophonie, le chaos dans le chaos.Dans ce brouhaha, une activiste égyptienne et une militante marocaine (Amina Lamrini, membre de l’Adfm) tentent d’ordonner le débat et pour ce faire, le mener. “Ecoutez tout le monde! nous avons peu de temps! nous ne pouvons pas parler de tout. Essayons de nous entendre”, dit l’une. “Je pense que la priorité, c’est de demander à nos pays de faire plus et des actes plus significatifs pour appliquer la plate-forme de Beijing et bien sûr s’opposer à la proposition d’amendement des Etats-Unis de la déclaration de Beijing”, explique l’autre. Washington espère en effet faire passer un amendement contre l’avortement.. La langue du vêtementEt c’est à ce moment qu’une Algérienne, à l’allure très conservatrice (djellaba et grand voile) saute littéralement de sa chaise. Elle commence à crier, en levant les bras bien haut, certainement pour mieux gesticuler. “Mais ça ne va pas! Pour qui vous prenez-vous pour parler ainsi au nom des peuples arabes?! Vous n’avez pas le droit de parler d’avortement de la sorte!”Puis, elle fait mine de s’en aller, mais tout en restant dans les parages. Et à nouveau, dans un immense soulèvement vocal, toutes ces dames tentent chacune de donner leur avis. Une Tunisienne, toute d’orange vêtue, prend la parole pour répliquer à sa voisine algérienne. Elle le fait indirectement mais en criant bien fort et en répétant deux ou trois fois: “Si elle ne sait même pas parler, laissez-la s’en aller! Mais où sont les Algériennes? Cette dame est-elle la seule qui représente l’Algérie? A New York , il y a d’autres ONG algériennes. Elles n’ont pas pu assister à la réunion mais nous les rencontrerons plus tard: tailleur, maquillage, sourire éclatant, de l’humour et un fort caractère. Une autre image, moins inquiétante, de l’Algérie militante.Le sujet de l’amendement aura été finalement trop sensible pour ce beau monde. Trop de contradictions, de désaccords et trop de sensibilisants sur la question de l’avortement. C’est pourquoi le communiqué finalement s’est concentré sur les gouvernements des pays arabes. Les ONG de ces pays demandent, en constatant les avancées sensibles mais non significatives dix ans après Beijing, à ce que les gouvernements de leurs pays fassent plus. Elles s’inquiètent du non-respect des gouvernements arabes de leurs engagements internationaux pour la mise en oeuvre complète de la plate-forme de Beijing. Elles demandent l’application de la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).


Les contradictions du Maroc

LA ministre, Yasmina Baddou, qui représente le Maroc lors de cette 49e session sur le statut de la femme, a présenté dans son discours les principales réalisations du Royaume cette décennie pour l’implémentation du plan d’action issu de la Conférence de Beijing. La Moudawana, entrée en vigueur l’année dernière, en est la plus importante. Mais il y a également la création du Centre de recherche, d’études et de documentation sur les femmes, “l’institutionnalisation de l’approche genre” bien que celle-ci ne soit pas encore complètement effective, “la mise en place d’une stratégie nationale pour l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes, la participation des femmes au Parlement... Baddou n’a pas parlé de la levée des réserves concernant la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) dans son intervention... Elle serait à l’ordre du jour du gouvernement marocain, mais il n’y a pas de date. C’est en bonne voie: “Il y a une commission interministérielle qui doit statuer sur la levée des réserves”. Mais, assure Yasmina Baddou, “il y a des réserves qui sont levées ipso facto dans le nouveau code de la famille”. Les ONG marocaines restent, quant à elles, sceptiques, “tant qu’il n’y a pas d’engagement ferme de la part du gouvernement et en donnant une date”, insiste une militante.

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