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    Economie

    Promotion des exportations: Les leçons à retenir

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Les exportateurs n'en finissent plus d'analyser les raisons du recul de la compétitivité de leurs produits. Les expériences chilienne, malaisienne et irlandaise prouvent qu'il n'y pas de fatalité... à condition de se mettre au travail sans tarder.


    Comment sortir le secteur des exportations de la sinistrose. Le thème n'est apparemment pas encore totalement épuisé.
    Pourtant, au moment où les opérateurs marocains en sont encore à identifier les secteurs prioritaires et à rechercher une stratégie de promotion, les concurrents, eux, mettent les bouchées doubles et réalisent des percées notables.
    La journée organisée le 15 décembre par l'ASMEX (Association des exportateurs) et le CMPE sous l'égide des Ministères du Commerce et de l'Industrie et du Commerce Extérieur avec le soutien de la Banque Mondiale est à ce titre probante.

    Ainsi, les témoignages chilien, malaisien et irlandais ont eu le mérite de confirmer l'ampleur du retard, voire du déphasage, de nos exportations par rapport aux mutations internationales.
    Quels enseignements tirer de ces expériences?
    En premier lieu, le processus de dynamisation des exportations doit s'appuyer sur un secteur privé fort, structuré et intégré. Autrement dit, aux entreprises exportatrices existantes, d'assumer d'abord leur mise à niveau. Sur ce registre, les intervenants étrangers se sont dits frappés par le nombre dérisoire d'entreprises exportatrices marocaines. Pour le représentant de la Banque Mondiale, parler d'un secteur d'exportation suppose l'existence d'une centaine d'entités par branche, structurées autour de quelques entreprises de grande taille et plusieurs PME exportatrices. A titre d'exemple, le Chili (14,5 millions d'habitants) compte plus de 700 sociétés d'exportations. "Au lieu de se focaliser uniquement sur les mesures destinées à préserver les entités existantes, il faut encourager la création de nouvelles entreprises capables de prendre le relais", relève M. Bachir Bouhali, directeur général de l'ODI.

    Alliances stratégiques


    Deuxième préoccupation: l'identification des niches de compétitivité. Cette étape est jugée indispensable afin d'éviter le gaspillage des efforts de commercialisation de produits inadaptés. Le passage à l'action doit ensuite s'effectuer très rapidement. "Vous n'avez pas assez de temps pour réfléchir et évaluer, car ce sont ceux qui agissent les premiers qui gagnent en crédibilité sur le plan international", rappelle M. Galeb Salomon de la Fondation du Modèle Chilien. Sur ce point, le Maroc ne peut se vanter d'être efficace.
    En troisième lieu, les joint-ventures sont à privilégier. A priori, ce point n'a à aucun moment été clairement inscrit dans les priorités des opérateurs. Or, les expériences malaisienne et irlandaise mettent en avant l'importance des alliances stratégiques pour pénétrer de nouveaux marchés. "Vous pouvez défier la fermeture de certains marchés en privilégiant des partenariats directs avec les distributeurs qui, eux, restent sensibles avant tout à l'amélioration de leur marge bénéficiaire", souligne M. Cheng Suan Lee, de la Fédération malaisienne des entreprises manufacturières.

    En clair, trêve de pleurnicheries. En commerce international, "il n'existe pas de fatalité". Quel meilleur exemple que le Chili qui, en dépit de son isolement géographique, écoule plus de 55 variétés de fruits sur les marchés nord-américain, européen et japonais et talonne la Norvège pour l'exportation de saumon. "A priori, la situation géographique importe peu si le produit est concurrentiel et de qualité". Toutefois, un effort de compression des coûts de transport et de conditionnement s'avère nécessaire pour préserver la compétitivité du produit.
    Pour M. David O'Donovan, industriel irlandais, la clé du succès réside aussi dans l'engagement du gouvernement. "Il doit adopter une position active, voire intervention-niste, pour aider le secteur privé à effectuer le saut qualitatif». D'où la nécessité de créer une agence destinée à promouvoir les exportations.
    Le Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE) avait déjà formulé une telle recommandation lors de sa dernière réunion (1). Reste à savoir si elle connaîtra un sort plus heureux que celui du guichet unique.

    Mouna KABLY
    (1) Cf L'Economiste n°297 du 26/09/1997

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