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    Economie

    Promotion de l'emploi: Basri prend le dossier en main

    Par L'Economiste | Edition N°:521 Le 03/06/1999 | Partager

    · Une circulaire adressée aux walis et gouverneurs pour mettre en application le programme

    · Le ministre d'Etat est clair: "Nous n'allons pas attendre cette visibilité. Nous sommes venus avec des outils de travail"


    Comme pour tout dossier chaud, M. Driss Basri prend les choses en main et monte en première ligne. Cette fois-ci, c'est la promotion de l'emploi qui tombe dans son escarcelle. Le ministre d'Etat à l'Intérieur a choisi Casablanca pour donner le coup d'envoi d'une opération de grande envergure visant à promouvoir l'emploi, particulièrement celui des jeunes diplômés. Pour cela, il a réuni les députés, les élus, les opérateurs économiques, les responsables des établissements publics et des services extérieurs. Accompagné d'autres ministres, M. Basri sillonnera les autres villes pour expliquer ce "Chantier Royal", selon son expression.
    Les walis et gouverneurs sont impliqués dans cette opération, puisqu'ils sont chargés d'exécuter la politique du gouvernement. C'est ainsi qu'une circulaire conjointe, signée par le ministre d'Etat à l'Intérieur et M. Khalid Alioua, ministre du Développement Social, de la Solidarité, de la Formation Professionnelle et de l'Emploi, leur sera adressée. Une copie sera remise aux présidents des collectivités locales, des conseils régionaux, des chambres professionnelles et de la CGEM. Les banques ne seront pas oubliées, puisque comme l'a lancé M. Basri, elles représentent le nerf de la guerre, mais plus particulièrement pour cette action, le bien-être de la population".
    Cette circulaire vise à dynamiser l'emploi et l'insertion des jeunes dans la vie active. Pour la promotion de l'emploi, différentes mesures seront prises. Outre la formation-insertion, le programme concernera l'encouragement de l'auto-emploi. Sur ce dernier point, l'objectif est d'octroyer des prêts dont le programme d'investissement ne dépasse pas 250.000 DH. La réalisation des projets sera précédée par une étude de faisabilité prise en charge par le gouvernement. Un programme cible les diplômés qui cherchent en vain un emploi depuis plus de cinq ans. Dans la promotion de l'emploi, la priorité sera donnée aux diplômés.

    En attendant la mise en place de l'agence régionale de promotion de l'emploi, ce sont les directeurs régionaux de la Formation Professionnelle et de l'Emploi qui en seront responsables. Parallèlement, des commissions régionales pour la promotion de l'emploi seront créées. Leurs missions consistent à faciliter la réalisation du programme gouvernemental et en assurer le suivi. Ces commissions seront supervisées par une instance centrale qui examinera les rapports établis par les structures régionales. Ces rapports doivent contenir le nombre des bénéficiaires du programme, les entreprises créées, les obstacles ainsi que les solutions préconisées.
    M. Alioua a expliqué que cette réunion s'inscrit dans une stratégie devant couvrir l'intégralité du pays. Pour le ministre, la politique de l'emploi doit être diversifiée dans une vision intégrée et transversale. D'autres pistes sont explorées pour enrichir cette politique. Il s'agit de développer une stratégie territoriale de l'emploi. Toutes les régions n'ont pas les mêmes potentialités, celles défavorisées ont un taux de chômage élevé, mais n'ont pas les moyens. Pour cela, la contribution des élus et des opérateurs locaux est ici la bienvenue. Elle s'inscrit d'ailleurs dans le cadre de la décentralisation. La promotion économique sera réalisée par les conseils régionaux, à l'image de la politique menée par un grand nombre de pays étrangers. Le budget alloué au programme d'emploi atteint 80 millions de DH et sera réparti entre les régions.
    Cette vision territoriale sera renforcée par une politique sectorielle. En effet, les secteurs qui emploient beaucoup de main-d'oeuvre doivent être protégés.

    Auparavant, M. Abderrahim Lahjouji, président de la CGEM, a appelé à plus de réalisme en évoquant les ravages de la mondialisation à nos portes pour s'interroger si les mécanismes d'intégration de l'économie sont mis en place. Il est temps de déclencher la mise à niveau économique et sociale. Les entreprises éprouveront des difficultés à absorber le nombre de demandeurs d'emploi qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Le patron des patrons a fini par lâcher que la visibilité qui permet aux opérateurs de calculer les prévisions n'est pas claire. Il donne l'exemple du Code du Travail.
    Cette intervention de M. Lahjouji tranche avec l'air du temps et ne laissera pas indifférent M. Basri qui précisera que les ministres se déplaceront dans les provinces pour mettre en place les mécanismes de promotion de l'emploi. Des réunions restreintes avant la rencontre ont permis de budgétiser. Il est apparu que les interventions coordonnées peuvent profiter à 13.000 jeunes. D'après une enquête réalisée auprès de 8.000 entreprises, 50.000 postes peuvent être créés chaque année.
    De leur côté, les projets des collectivités locales et les établissements publics créent 14.000 emplois induits. "Nous n'allons pas attendre cette visibilité pour agir. Nous sommes venus avec des outils de travail et nous devons avoir un discours mobilisateur", lance en substance M. Basri. "Le contenu de la circulaire sera appliqué et cette opération d'emploi se fera dans le cadre de la loi du marché", assure-t-il.

    M. Othman Benjelloun, président du GPBM, a fait part de sa devise: l'objectif est de recruter quotidiennement un jeune. Cela ne fait que 365 personnes par an. Mais son groupe recrute entre 5.000 et 10.000 annuellement, avance-t-il en passant au concret: "Nous sommes disposés à former un millier de jeunes diplômés en matière d'environnement et leur assurer un emploi. Ils constitueront une force qui peut intervenir à l'échelle nationale en matière d'environnement".
    Lors de cette réunion de haut niveau, M Mohamed Karim Amrani, ancien Premier ministre, était présent. C'est peut-être le grand retour sur la scène après cinq ans, loin des problèmes politiques et économiques. Il le dira: "Je suis venu par fraternité. C'est le principe de solidarité qui doit commander nos gestes".

    Mohamed CHAOUI

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