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    Projets de femmes/Jalila El Alaoui Benbourares: L’intello artisane

    Par L'Economiste | Edition N°:3020 Le 08/05/2009 | Partager

    Elles viennent de l’Atlas, du Rif, du Sahara, de Fès ou d’Azemmour. Elles sont 256 femmes, représentant 38 villes et villages, au sein du Réfam Dar Maâlma, Réseau des femmes artisanes du Maroc, créé en mai 2008. Et c’est toute cette diversité sociale, culturelle, mais surtout cette détermination à vouloir changer le quotidien que L’Economiste publie une série de portraits et de tranches de vie, faites de défi, de sacrifices et de persévérance.. A huit ans et demi, elle brode son premier service de table et réalise à 14 ans son premier filet de pêche. Professeur à la fac la journée et artisane le soir. Elle se lance dans l’associatif et la politique «pour plus de représentativité et d’équité sociale»Jalila El Alaoui Benbourares a appris la broderie à l’âge de 6 ans. Son initiateur n’était pas sa mère comme cela fut généralement le cas pour de nombreuses artisanes, mais plutôt son père. Ce dernier, fonctionnaire au ministère des Finances, avait pour passion divers travaux manuels. Il faisait du tricot et du crochet, confectionnait les filets de pêche et brodait. Il savait même faire les gâteaux et la cuisine. Si de nombreuses artisanes se sont adonnées à ce métier faute de ne pouvoir être scolarisées, Jalila a, quant à elle, appris en récompense de ses bons résultats scolaires. «Mon père, pour m’encourager dans mes études, me promettait de m’apprendre si mes résultats étaient bons», dira-t-elle. A huit ans, elle brode son premier service de table. A quatorze ans, elle réalise son premier filet de pêche. Cette mère de deux enfants (Ranya et Boubker) est originaire de Salé où elle y grandit. Cette ville est assez renfermée et où les familles conservent jalousement tout un savoir-faire, raffiné et prestigieux, hérité de génération en génération. Salé est aussi une ville de science et de culture. L’éducation scolaire y est favorisée et primordiale. Aussi, Jalila parallèlement aux différents travaux d’artisanat auxquels elle s’est donnée, a fait des études brillantes. A 17 ans, elle obtient son baccalauréat. Elle prépare une licence en littérature arabe. Après son diplôme, elle intègre la radio marocaine et travaille comme assistante du producteur pour la célèbre émission de «Saïda Laila(1)», tout en préparant son troisième cycle en littérature marocaine. Après l’obtention de son DESS, la voilà enseignante à la faculté.C’est plutôt un environnement assez intellectuel et universitaire dans lequel elle évolue. Mais, comme son père, elle est dévorée par la passion de l’aiguille et du fil. Tout en lisant ses livres, elle ne cesse de laisser libre court à ses mains pour qu’elles réalisent des articles le plus souvent utilitaires, comme un service de table, un châle, une trousse ou autres. A cette période de sa vie, Jalila a deux métiers, qu’elle conduit en parallèle. Elle est enseignante du supérieur lorsqu’elle est à la faculté et une artisane, quand elle retourne chez elle. Elle ne veut pas faire de choix. Au plus profond d’elle-même, elle sait que le choix s’imposera de lui-même. C’est réellement ce qui se passera!Nous sommes en 1986, la ville de Salé se dote d’une organisation non gouvernementale. L’association Bouregreg est née. Jalila est attirée par cette philosophie nouvelle du travail associatif. Elle veut faire quelque chose pour sa ville. Alors elle demande son détachement et intègre le jeune staff administratif de l’association. Travaillant aux côtés de feu Mohamed Aouad, Jalila sera entraînée dans son sillage par ce tourbillon stimulateur, que seuls les grands meneurs d’hommes ont en le secret. Désormais, plus rien ne comptera pour elle. Son travail à l’association a la primauté sur tout. «Je sentais que je faisais des choses qui ont de l’impact direct sur les populations», dira-t-elle. Elle a pour la première fois le loisir de profiter de tous les savoir-faire transmis par son père. Elle met en place de nombreux programmes de développement d’activités génératrices de revenus pour lutter contre la pauvreté, la précarité et même la mendicité. Mais, elle a aussi une opportunité pour réaliser ses propres articles. Sous l’égide de l’association, elle participe à de nombreuses expositions tant au Maroc qu’à l’étranger. Pour la récompenser de son dévouement, l’association lui confie la direction du complexe social de Sidi Moussa(2). Le complexe se compose d’un centre de formation et d’apprentissage, de salles d’alphabétisation, d’ateliers de production de différentes disciplines artisanales, comme la couture moderne et traditionnelle, diverses techniques de broderie, «chebka(3)» et la poterie. Le centre s’est doté, tout récemment, d’un atelier de tissage traditionnel, dit «Draz». Jalila encadre 100 femmes par an. Elle inscrit sa méthodologie dans une approche participative. Elle travaille avec son équipe pour produire des articles réellement magnifiques. Tout le savoir hérité des générations de femmes slaouies, savoir fait de finesse et de raffinement, de délicatesse et d’élégance, se retrouve dans les articles produits par Jalila et par le groupe de femmes qu’elle encadre. A côté de ses activités au sein de l’association Bouregreg, elle est également secrétaire générale du bureau de l’Union nationale des femmes marocaines de la ville de Salé.Jalila s’investit, certes, dans des associations pour plus d’équité sociale. Elle pense, par ailleurs, qu’il revient aux partis politiques d’encadrer les populations. Militante dans un parti de gauche, Jalila se bat pour une plus grande représentativité des femmes au sein des instances élues. Elle croit en la valeur du représentant et en sa capacité à mobiliser le citoyen. Elle n’est pas favorable au système du quota. Elle veut que la femme ait sa place par le mérite. «Les temps ont changé, le citoyen veut voter pour celui qui va vraiment défendre ses intérêts. Peu importe s’il est un homme ou une femme», précise-t-elle. Ce parcours passionnant et singulier de Jalila forcera le respect de nombreuses personnes. Lors de l’Assemblée générale du réseau des femmes artisanes du Maroc, elle est plébiscitée pour le poste de secrétaire générale du «Réfam Dar Mâalma». En plus de toutes ces activités, Jalila est une fervente supporter de l’équipe de l’ASS de basket-ball de Salé. Elle trouve toujours le temps de la suivre dans ses déplacements. De la littérature, Jalila El Alaoui Benbourares garde la passion du bon roman. Mais du travail artisanal, elle fait son métier qu’elle pratique d’une manière inhabituelle. -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Emission féminine célèbre dans les années 80 et 90, animée par Malika Melliani.(2) Complexe social pour l’insertion de la femme dans le secteur économique, créé en octobre 2000. (3) Dentelle très fine réalisée par les femmes de Salé.


    Femmes, enfants, jeunes,...

    L’association Bouregreg (ABR) est une organisation non gouvernementale, fondée le 14 juin 1986, conformément aux dispositions de la loi de 1958 réglementant le droit d’association au Maroc. Son président fondateur est feu Mohamed Aouad.Elle est reconnue d’utilité publique et dotée du statut d’observateur auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI- Genève). L’ABR est active principalement dans les domaines des droits économiques, sociaux et culturels, l’approche genre, le développement de la citoyenneté et le renforcement des capacités des populations et du citoyen marocain en général. Les populations défavorisées, les femmes, les enfants et les jeunes sont les cibles prioritaires du plan d’action de l’ABR. Celle-ci est fortement impliquée dans la préservation du patrimoine architectural de la ville de Salé. Le plan d’action de l’association est conduit par des structures de proximité au nombre de 25 décimés à travers les villes de Salé, Casablanca, Marrakech et tout récemment Azemmour. L’association Bouregreg est l’initiateur du projet de Dar Mâalma, qui constitue le point de départ au Réseau des femmes artisanes du Maroc, «Réfam Dar Mâalma».Fawzia Talout Meknassi

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