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Société

Projets de femmes
Rachida Haoud: Du pragmatisme d’abord…

Par L'Economiste | Edition N°:3047 Le 16/06/2009 | Partager

. Elle se prépare aux prochaines élections de la Chambre d’artisanat. Rachida rêve de posséder un atelier moderne et bien structuréRachida quitte l’école en 1978. Elle est alors en 6e année du lycée. Elle apprend la dactylographie et travaille en tant que secrétaire dans une société à Ain Borja. Elle se marie et intègre une autre entreprise de transmission. Parallèlement à ses études, elle est initiée à la couture et à la broderie, chez une «Dar Maâlma». Sa mère, n’aimant pas la voir traîner, faisait des économies pour lui payer ces cours. «Je me rappelle encore la petite machine manuelle Singer, sur laquelle j’ai appris et qui m’a permis de réaliser mes premiers travaux», nous raconte-t-elle. Son travail dans l’entreprise de transmission devient pour elle, sous le poids de la bureaucratie, de plus en plus monotone et assez étroit pour ses aspirations. Elle veut bouger et voir du monde. Elle a besoin de plus de dynamisme et de mouvements dans son quotidien. Bref, elle souhaite entreprendre. Entre le souhait et la réalité, Rachida n’hésite plus. Elle prend la décision et se met à pratiquer ce qu’elle avait jadis appris comme travaux manuels. Elle renonce de ce fait à la situation confortable du travail salarié et se convertit en femme artisane. Nous sommes en 1992. Elle est âgée de 29 ans.  Au début, elle se met à broder à la main des articles, comme des nappes, des napperons et services de table. Elle les vend à son entourage. Ses principaux clients se composent de sa famille, de ses voisins, de ses cousines et de leurs amies et de ses anciens collègues de bureau. Progressivement, elle se constitue un petit capital et achète une machine piqueuse, qu’elle conserve précieusement à ce jour. Elle se lance sérieusement dans son activité artisanale. A force de sacrifices et de persévérance, Rachida parvient à avoir un petit atelier au quartier Sidi Bernoussi, à Casablanca. Elle commence à coudre aux personnes qui sollicitent ses services. Très active de nature, elle ne peut rester sans travail. La couture étant occasionnelle, Rachida en femme pragmatique se met à démarcher ses clientes. A de nombreuses occasions, elle anticipe la demande et réagit rapidement pour s’adapter aux contraintes du marché et répondre à ses changements. Toutes les occasions sont bonnes à saisir. En été, elle prépare des caftans, des djellabas légères et des petites robes d’intérieur. La rentrée scolaire est la période propice pour réaliser des tabliers. A l’approche de l’hiver, son atelier se dote de tissus en laine pour fabriquer des djellabas chaudes. En dépit de ces efforts et à l’instar des autres femmes artisanes, la vente de la production reste bien en deçà de ses espérances et de ses attentes. Elle trouve le chemin ardu. Néanmoins, quand d’autres renoncent, elle s’accroche. Elle sait qu’entreprendre n’est ni facile ni évident. Elle est persuadée que des opportunités finiront par se présenter un jour. Et, ce jour, elle doit être attentive pour pouvoir saisir sa chance. Son milieu familial et principalement son mari n’ont pas constitué d’handicap à ses initiatives. «Sur de nombreux plans je me sens plus entreprenante que mon mari», dira Rachida sur un ton de fierté. Cette ambitieuse-née a acquis une grande confiance en elle, d’autant plus, affirme-t-elle, que «le marché nous fait rencontrer différents profils, des bons et des mauvais». Dès son intégration au projet Dar Maâlma, elle sera un précurseur du réseau. En effet, avec un groupe de femmes artisanes, elles commenceront à s’entraider commercialement et à mettre à profit leur complémentarité. Rachida a été très active pour la création du réseau des femmes artisanes et la mise en place de ses structures. Elle est aujourd’hui membre de la commission nationale et trésorière au bureau national. C’est aussi une grande militante d’un parti politique de gauche et membre active de la Chambre d’artisanat à laquelle elle voudrait se présenter aux prochaines élections. C’est probablement son investissement dans ces différentes instances, qui a favorisé chez elle la culture de l’autonomie, de la participation positive, de la solidarité en tant que force du groupe et le sens de la responsabilité et de l’engagement. Depuis deux ans, Rachida a ouvert ses ateliers à des apprenties. Elle leur transmet son savoir en exigeant d’elles beaucoup de rigueur. Bien plus que de leur apprendre un métier, elle leur apprend la valeur du travail bien fait et du devoir accompli. Rachid déplore l’absence d’associations féminines de terrain. Elle pense que ces dernières doivent aller à la rencontre des femmes dans les quartiers populaires, dans les douars. Elle est persuadée que le projet de réseau de femmes artisanes va réussir. «Nous sommes toutes des femmes de terrain et nous connaissons bien nos problèmes. Certes, il nous manque l’encadrement, chose que nous assure l’Association Bouregreg, initiatrice du projet», précise-t-elle. Rachida Haoud a beaucoup de souhaits, le plus important pour elle demeure celui de posséder un jour un grand atelier moderne et bien structuré.


Dar Maâlma à Azemmour

Le 18 juin prochain, les femmes artisanes s’apprêtent à inaugurer officiellement, Dar Maâlma Azemmour. C’est une structure intégrée, située dans la médina ancienne de la ville d’Azemmour. Elle permettra aux artisanes de la région et aux membres du Réfam Dar Maâlma de bénéficier d’un ensemble d’activités. Son programme se compose d’ateliers de formation en renforcement des capacités managériales et commerciales, en design et innovation et coaching. L’espace comporte une salle de formation et une galerie commerciale. Dans une approche participative, la structure est gérée par le comité local Azemmour du Réfam Dar Maâlma. Cette structure fonctionnelle est réalisée grâce au soutien de l’ambassade de Suisse au Maroc.


La maison de la maîtresse

«Dar Maâlma» signifie littéralement: la maison de la maîtresse. Il s’agit d’une sorte d’atelier de formation, aménagé chez une femme qui maîtrise un métier manuel et qui est apte à transmettre son savoir. La génération actuelle ne connaît Dar Maâlma qu’à travers les histoires racontées par les mères et les grands-mères, celles qui ont eu justement, comme unique espace d’apprentissage, une Dar Maâlma et comme formatrice et enseignante une Maâlma. Cette dernière était réputée pour sa dextérité et aussi pour sa sagesse. De nombreuses familles marocaines envoyaient leurs filles pour apprendre les bases de travaux manuels indispensables, plus tard à une bonne gestion du foyer. Ces métiers appris ont beaucoup servi les femmes marocaines, tant dans la réalisation d’articles pour leur usage personnel et familial que comme moyen, pour les plus démunies de revenu économique. Cette tradition demeure encore dans certaines villes. Nombreuses sont les filles, qui ne réussissent pas leurs études ou qui sont contraintes d’arrêter, pour une raison ou une autre, qui sont orientées vers l’apprentissage.Fawzia Talout MEKNASSI

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