×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Projet de Loi de Finances 95 : Point chaud: Les fonctionnaires, leur traitement

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Le projet de Loi de Finances pour l'année 1995 devrait recruter 12.702 personnes, soit la moitié de ce qui était prévu en 1994 et qui a été fait. L'année 1994 ne correspond pas à une année normale de recrutements. En rythme ordinaire, ceux-ci se situent entre 12.000 et 15.000 personnes, ce qui est déjà un rythme fort par rapport à la croissance économique.

    LE niveau de recrutements prévu dans le projet de Budget a suscité des réactions diverses. Y figurent le soulagement de voir les administrations revenir à des évaluations plus raisonnables, d'un côté, et de l'autre les critiques devant le fait que les administrations ne "participent pas à la résorption du chômage".

    L'administration et le chômage

    "Ce n'est pas le rôle des administrations de servir de déversoir du chômage", indique M. Mourad Chérif, ministre des Finances et des Investissements. Comme ses prédécesseurs, MM. Jouahri, Berrada et Sagou, M. Chérif se méfie de cette solution de facilité.

    Il reprend l'analyse, avec des mots un peu plus forts et très empreints de sa propre expérience de l'entreprise privée(1).

    "L'administration offre dans sa grande majorité des emplois qui ne sont pas directement productifs; en revanche, elle a besoin que les entreprises créent au préalable des richesses, qui vont lui permettre à son tour de travailler à améliorer les conditions dans lesquelles ces entreprises créent des richesses".

    Le ministre des Finances explique qu'il "faut être réaliste": "nos ressources sont limitées"; en conséquence, il faut cibler l'intervention publique, la rendre plus efficace.

    En réalité, avec le retour à un niveau plus raisonnable des recrutements, doit être menée une action plus importante dans la gestion des ressources humaines des administrations. C'est du moins le désir du gouvernement. C'est ainsi que le plafonnement des recrutements pour 1995 est aussi couplé avec la réduction de 2,5% en valeur absolue des dépenses de matériel.

    Une première disposition concerne le non-renouvellement du poste budgétaire correspondant à un départ en retraite. Elle pourrait éventuellement déboucher sur une mobilité verticale.

    Pour l'instant, personne ne sait parfaitement comment sera gérée cette mesure. M. Chérif explique qu'elle doit aider à modifier le profil des employés de l'Etat. "Ce sont des postes non-qualifiés qui sont principalement concernés par les retraites, or ce sont des fonctions qui n'ont pas vraiment d'avenir dans une administration moderne". Il vaut mieux, poursuit-il, élever la qualification des postes, soit en recrutant des personnes déjà qualifiées, soit en organisant l'amélioration des compétences (formation, stage, changement d'affectation...). Pour l'instant, il s'agit de projets qui devraient, en principe, se retrouver dans la copie de la réforme administrative, elle aussi est un vieux projet mais qui vient d'être relancé au niveau du Ministère délégué chargé des Affaires administratives.

    La mobilité verticale est une évidence dans les entreprises commerciales. Elle reste délicate à promouvoir dans les administrations, plus habituées à raisonner en termes d'ancienneté comme lien quasi-unique avec l'augmentation de salaires.

    A poste égal, grandes différences de salaires

    L'autre disposition annoncée par M. Chérif est "la possibilité de passer d'un ministère à l'autre". Le phénomène est extrêmement rare actuellement et se cantonne à quelques cas individuels de la haute et très haute fonction publique. Le ministre des Finances admet que l'idée sera "difficile à promouvoir", car elle implique des changements de mentalités mais il souligne que de nombreux pays sont passés par cette étape lorsqu'ils ont modernisé leur administration.

    Actuellement, derrière un statut apparemment uniforme, les fonctionnaires vivent des situations extrêmement différentes, surtout sur le plan du traitement, d'un département à l'autre. Il existe de grandes disparités salariales pour des postes de même nom et de responsabilité identique. Un chef de service au Ministère des Finances est mieux payé qu'un chef de division à l'Agriculture, qui lui-même sera mieux payé que son homologue aux Affaires culturelles ou à l'Emploi.

    A cette différence de salaire s'ajoutent les programme sociaux (accès aux logements, indemnités...). "En fait de mobilité, le risque est d'arriver à une forte demande d'émigration des ministères sans avantages vers les ministère qui en ont", commente un vieux routier de la haute administration qui tient à souligner que les fonctionnaires "ont en général un sens développé du dévouement et de la justice". Il espère que ce sont ces thèmes qui seront retenus lorsqu'il s'agira de promouvoir l'idée de modernisation.

    N.S.

    (1) M. Mourad Chérif a fait toute sa carrière dans les entreprises minières de l'ONA avant d'être placé à la tête de ce pôle-mines et devenir ministre à l'automne 1993.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc