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    Economie

    Projet de Loi de Finances 95 : Le rééchelonnement : "Un débat sans objet qui coûterait plus qu'il ne rapporterait"

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Il serait plus coûteux, pour l'économie marocaine, de rééchelonner que de ne pas le faire; mais de toute façon, la question ne doit plus se poser, parce que les créanciers n'accepteraient pas, car il y a 4 milliards de Dollars de réserves en devises. C'est net et clair: il ne faut pas rêver d'une détente miraculeuse de la pression sur les finances publiques, explique M. Chérif.

    - Le poids financier de la dette reste élevé. N'y a-t-il pas moyen de l'alléger, en ayant une diplomatie plus active auprès des pays amis, comme l'ont fait l'Egypte ou la Jordanie pour obtenir des annulations de leurs dettes, par exemple?

    - Ces pays ont obtenu des réductions significatives de leurs dettes, mais ils ne sont pas dans la même situation que nous, et leur dette n'a pas la même nature que la nôtre. La dette marocaine a été contractée essentiellement pour construire des infrastructures ou financer des programmes d'équipement des entreprises publiques. Il ne s'agit pas d'emprunts ou d'aides destinés à financer un conflit. Notre dette est essentiellement une dette commerciale, ordinaire, dirais-je. Elle ne reflète pas un soubassement de stratégie politique comme pouvaient en avoir les aides données par les deux grandes puissances, du temps de leur rivalité, avant que le Mur de Berlin ne tombe. Il est compréhensible que la Russie et les Etats-Unis, dans la nouvelle conjoncture mondiale et proche-orientale, effacent les dettes des pays de la région, mais ce ne serait pas faire preuve d'intelligence politique que de chercher à placer le Maroc sur ce terrain. Aucune condition pour le faire n'est présente. Il n'est pas politiquement réaliste d'imaginer que nous pourrions faire annuler une partie de notre dette auprès de nos partenaires.

    - Mais en dehors de ce cas politique spécifique, serait-il possible d'alléger le poids de la dette, qui handicape les investissements?

    - A ce niveau, il faut avoir bien présent à l'esprit que, même s'il le désirait, le Maroc n'aurait aucune chance d'obtenir un rééchelonnement. Quand on a 4 milliards de Dollars de réserves de change, aucun créancier n'accordera le moindre aménagement. Maintenant posons la question de fond: quel intérêt aurions-nous à rééchelonner? Bien sûr, cela allégerait momentanément des échéances que nous sommes capables de tenir, nous gagnerions un peu de souplesse sur le moment, mais nous perdrions notre crédibilité. Or, les investissements étrangers commencent à progresser de manière significative, ne les décourageons pas par des manoeuvres intempestives, et qui n'ont aucune chance d'aboutir de surcroît. Il faut bien reconnaître que cette sortie de rééchelonnement rend la situation des finances publiques plus difficile qu'elle ne l'était pendant la période de rééchelonnement. C'est un paradoxe qui va durer quelques années, mais nous n'avons pas le choix. Par contre, c'est cette sortie de rééchelonnement qui permet aux entreprises privées de trouver des financements pour leurs affaires, des partenaires, de profiter de la crédibilité financière du pays. C'est une donnée fondamentale, incontournable.

    - Allez-vous passer à la convertibilité totale, vu les réserves de change?

    - Je pense que l'on y arrivera progressivement. Il est certain que dans ce cadre la rigueur budgétaire est un élément primordial. Aujourd'hui, plus de 80 pays ont une convertibilité au sens de l'article 8 des statuts du FMI. Ce n'est donc plus une situation exceptionnelle nous donnant un avantage dans la compétition internationale. Mais je crois qu'il faut être prudent pour franchir une nouvelle étape, ce qui se fera tôt ou tard. Nos indicateurs financiers sont suffisamment bons pour le faire. J'ai pu mesurer qu'il y avait une attente de la communauté internationale pour que le Maroc passe à la convertibilité totale, lors de la dernière assemblée du FMI et de la Banque Mondiale à Madrid, début octobre.

    Dépenses au titre de la dette

    Dettes intérieure et extérieure: 27,67 milliards de DH, soit 2% de plus qu'en 1994, dont:

    . dette extérieure : 16,27 milliards de DH, soit 7% de moins qu'en 1994. La charge en capital se monte à 8,57 milliards de DH et les intérêts et commissions à 7,7 milliards de DH.

    . dette intérieure : 11,4 milliards de DH, soit 18,1% de plus qu'en 1994.

    N.S.

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