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Economie

Projet de loi de Finances 2006
L’INDH résistera-t-elle aux déficits?

Par L'Economiste | Edition N°:2135 Le 21/10/2005 | Partager

. Les subventions de consommation déstabilisent les finances publiques. Retour du risque de défaillance, via les distributeurs pétroliersLa grande question du budget de l’Etat est de savoir si les subventions sont bonnes ou mauvaises pour la politique de lutte contre la pauvreté, que tout le monde désigne sous le sigle INDH. Le projet de loi de Finances pour 2006 doit être présenté par le ministre Oualalou aux Représentants ce vendredi 21 octobre.Depuis quelques jours, les membres du gouvernement s’appliquent à dire que ce budget «sera financé», répondant ainsi par avance à la première question que pose le montage de la loi de Finances: comment trouver l’argent après les dérapages géants de 2005 sur la compensation? Le Premier ministre a promis en public de payer les dettes de l’Etat vis-à-vis des distributeurs de carburants, soit 5 milliards de DH, pour l’exercice 2005. Elles seront payées sur le budget de 2006, car rien n’a été prévu pour cette dépense pour l’exercice en cours. Sur cette question, l’Etat ne pourra pas s’en tirer avec une pirouette car il assassinerait un groupe marocain classé «champion», Akwa, et donnerait le signal mondial de sa défaillance des paiements à travers les réseaux financiers des distributeurs internationaux (Total, Shell…). Il s’agit donc d’un domaine délicat, où un pays prendrait des risques inconsidérés avec sa souveraineté financière s’il s’avisait de laisser traîner ses promesses et ses factures. Dans le cas du Maroc, qui vient d’améliorer sa notation, non seulement cela remettrait en cause les efforts et les succès de ces vingt dernières années mais, en plus, il serait «surpénalisé» car il y a déjà deux rééchelonnements à son actif. Aujourd’hui, à part Mustapha Sahel (ministre de l’Intérieur aujourd’hui et directeur du Budget dans les années 80) et Abdellatif Jouahri (maintenant gouverneur de la banque centrale et ministre des Finances dans les années 80), il ne reste plus grand-monde aux commandes pour se souvenir des terribles conséquences des gabegies budgétaires: perte de souveraineté, abandon de politiques sociales… Cette mémoire serait pourtant utile aujourd’hui, en comptant qu’elle soit préventive. Le dérapage budgétaire de 2005 pèse donc lourdement sur le projet de loi de Finances de 2006.Il réduit au passage à portée de mesures structurelles pour les finances publiques (maîtrise de la masse salariale avec les départs volontaires, globalisation du budget…) et pour les politiques économiques et sociales (ouverture des frontières, mise à niveau des entreprises… et surtout INDH).Etrangement, la note de présentation n’aborde qu’à mots couverts ces enjeux: «la stabilité du cadre macroéconomique n’est certes pas un objectif en soi, mais elle constitue la plate-forme obligatoire sur laquelle peut se construire une croissance pérenne». Cette phrase très ampoulée veut simplement dire qu’il faut revenir aux équilibres et sous-entend qu’on n’y est pas. La note prend encore dix lignes pour tourner autour du pot et finit par écrire que «dans cette perspective, la maîtrise des finances publiques constitue une condition primordiale». Le gouvernement pourra se féliciter d’avoir écrasé les revues satiriques, car la note ajoute «l’impératif de discipline budgétaire s’impose avec d’autant plus de force que le budget de l’année prochaine se trouve d’ores et déjà obéré d’un certain nombre de charges additionnelles (…)». C’est la seule allusion aux dérapages budgétaires en cours et qui se prolongent sur 2006. Quelques lignes plus loin, la note indique «l’épargne budgétaire doit être améliorée en vue de dégager les moyens nécessaires au financement de l’INDH».. La peur des motsGlobalement, le budget général de l’Etat prévoit des dépenses de 165 milliards de DH (voir le tableau de l’évolution des dépenses publiques, notre édition de jeudi 20 octobre 2006; www.leconomiste.com: «Les finances publiques écrasées par la compensation»). La note de présentation, si elle a peur des mots quand il s’agit des subventions sur les hydrocarbures, ne prend en revanche pas de gants pour parler des dépenses de salaires. Elle explique que 13% du PIB, c’est une masse salariale «nettement excessive» par rapport à des pays comparables, qui n’ont, eux, que 8 à 10%. La note accuse directement le Dialogue social d’être responsable de l’accroissement des engagements que l’Etat doit maintenant respecter. Ces derniers sont certes importants, 2,5 milliards de DH, mais bien moindres que les subventions (12,5 milliards de DH).A elle seule, cette peur des mots dit combien les problèmes de gouvernance sont graves au niveau de l’Etat.N. S.

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