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    Economie

    Projet de code du travail: L'UMT claque la porte

    Par L'Economiste | Edition N°:464 Le 16/03/1999 | Partager

    · L'UMT conteste la démarche de la Commission chargée de l'élaboration du code
    · La CDT et la CGEM assurent que "les négociations continueront"
    · Le Ministère de l'Emploi n'a pas encore donné sa position


    Contre toute attente, l'UMT vient d'abandonner les négociations portant sur le Code du Travail. Depuis la fin de cette semaine, la Centrale ne participe plus en effet aux travaux de la Commission du projet. Les représentants de l'organisation syndicale ont déserté leur chaise en guise de "protestation" contre la démarche adoptée par ladite Commission. Cette démarche confère à chaque partenaire la possibilité de noter ses observations sur les articles qui ne font pas l'objet d'un consensus.
    Les responsables de l'UMT ne cachent pas leur scepticisme quant à l'éventualité d'un abandon des observations émises. "Nous ne sommes pas sûrs que nos remarques seront lues lors de la présentation du projet au Parlement", explique Mlle Amal Al Amri, responsable du Département Juridique de l'UMT. Elle craint en effet que la version soumise à la Chambre des Représentants soit, selon son expression, la formule initiale ne comportant pas les différents avis.
    De son côté, la CDT est loin de partager cette position. La centrale de Noubir El Amaoui n'a pas caché "sa surprise" quant au retrait de sa consoeur de la table des discussions et des arguments qu'elle avance. "Les craintes de l'UMT n'ont aucun fondement", affirme M. Abdelkader Azrîi, de la CDT. "La version finale sera basée sur les procès verbaux (PV) signés par l'ensemble des parties", ajoute-t-il. Ceci est d'autant plus plausible, pour le responsable "CDTéiste", que le document élaboré par le Ministère de l'Emploi (et servant de plate-forme aux discussions) n'est qu'un préprojet. Résultat: le retrait de l'UMT "ne fait pas avancer" le chantier du Code. "L'élaboration du projet pourrait accuser un retard considérable, mais les négociations ne vont pas s'arrêter pour autant", assure le syndicaliste.
    Le patronat, quant à lui, estime que l'UMT a été entraînée par "ses penchants politiques". Pour la CGEM, la réaction de l'UMT est plus une tactique politique que syndicale. "Depuis les accords du 1er août, les "UMTéistes" ne font pas suffisamment d'efforts pour adhérer au processus social", précise un responsable de la Confédération.
    La CGEM a manifesté son "profond regret" quant à la réaction de l'UMT, d'autant plus qu"il ne restait que près de deux semaines pour présenter la version finale du Code".
    Le patronat s'allie donc à la CDT pour avancer que le retrait-surprise de la centrale de Mahjoub Benseddik ne va pas porter atteinte à la bonne marche des négociations. Ensemble, CDT et CGEM considèrent que le gouvernement "devra assumer ses responsabilités". A l'heure où nous mettions sous presse, le Ministère de l'Emploi n'avait pas encore communiqué sa position.
    Pour des observateurs, le problème est ailleurs. Ils estiment que l'UMT conteste actuellement et pour la seconde fois la représentativité de la CDT, qu'elle considère comme une organisation progouvernementale, dans les manifestations ouvrières internationales.


    426 articles sur 570 examinés


    Le dernier bilan dressé par les membres de la Commission fait état de grandes avancées. 426 articles sur les 570 composant le projet de code, ont été examinés et "il ne reste plus que la signature des PV". A noter que les 69 premières dispositions font déjà l'objet d'un consensus, alors que les divergences ne portent que sur une quinzaine d'articles (12 pour la CGEM).
    Pour donner plus de force au projet du code, les partenaires s'étaient mis d'accord sur l'élaboration d'un préambule résumant la philosophie du projet. Ce dernier doit préserver les acquis de la classe ouvrière, respecter les principes des droits de l'Homme ainsi que les conventions internationales en matière de relations de travail.


    Pourquoi elle et pas moi?


    Le bras de fer UMT-CDT a été des plus durs lors de la tenue, la semaine dernière au Caire, du Congrès arabe des travailleurs.
    La présidence du Congrès a reçu à l'ouverture de sa 26ème session une lettre émanant de l'UMT contestant la représentativité de la centrale de Noubir El Amaoui. La contestation a été déposée par l'intermédiaire de l'UISTA (Union Internationale des Syndicats des Travailleurs Arabes).
    La centrale de Mahjoub Ben Seddik a souligné "la monopolisation de la CDT de la représentation des travailleurs marocains dans les réunions du Congrès". Cependant, le Ministère de l'Emploi avait, avant le départ de la CDT pour le Caire, convié les centrales à une réunion pour désigner les représentants de la délégation marocaine. "L'UMT n'avait pas assisté à cette rencontre", est-il précisé au Ministère.
    C'est en effet la seconde fois que l'UISTA, sur demande de l'UMT, conteste la présence de la CDT dans les manifestations syndicales. L'année dernière, le même scénario s'est produit à Genève lors du Congrès de l'Union Internationale des Syndicats du Travail (UIT).
    Au Caire, la CDT a émis "des réserves" quant à la position de l'Union Internationale des Syndicats des Travailleurs Arabes.
    Les surenchères entre les deux organisations syndicales ont été nombreuses cette année. La CDT, par la voix de M. Bouzoubaâ, a contesté la politique de "la chaise vide" pratiquée par l'UMT. Cette dernière va jusqu'à ne pas reconnaître l'existence de sa consoeur.
    "Nous ne reconnaissons pas cette centrale. C'est une officine politique qui n'exprime pas la volonté de la classe ouvrière", avait déclaré, il y a quelques semaines à L'Economiste, M. Farouk, membre du Bureau exécutif de l'UMT.

    Aniss MAGHRI & Nadia LAMLILI

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