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Economie

Produits agricoles: Nouvelle flambée des prix

Par L'Economiste | Edition N°:3048 Le 17/06/2009 | Partager

. C’est la tendance sur les marchés internationaux. Sucre, soja, maïs, café et céréales, les denrées cibles. Le blé tendre cédé en deçà du prix référentiel Quel impact pour les mesures décrétées en vue de réguler la commercialisation des céréales? Du moins, celle du blé tendre qui bénéficie d’un prix référentiel de 270 DH/ql. L’objectif affiché étant bien évidemment de garantir la recette de l’agriculteur. Mais qu’en est-il en fait? Selon l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (Onicl) qui a la charge de la mise en œuvre de ces mesures, les prix relevés sur les souks et halles aux grains ne reflètent guère le prix référentiel. Et encore moins la tendance qui se dessine à l’international. Tout au plus, la moyenne des cours de blé tendre fait ressortir une fourchette de 220 à 250 DH/ql pour la récolte 2009. Or, c’est sur ces places que l’écrasante majorité d’agriculteurs commercialise ses produits. En d’autres termes, les prix qui y sont pratiqués permettent d’apprécier la recette du producteur.

Besoin en trésorerie
Une aubaine donc pour l’armada d’intermédiaires qui s’y active. Car, au stade des commerçants, coopératives et minoteries pour le compte desquels agissent les intermédiaires, les prix s’apprécient relativement. Par groupe d’opérateurs, le prix moyen payé par les commerçants agréés est de 258 DH/ql alors qu’il est de 251 chez les coopératives et atteint 261DH/ql auprès des minotiers. Les prix minima sont bien évidemment en deçà de ces niveaux. Ils ne dépassent guère les 247 DH/ql pour les quantités collectées par les commerçants agréés. Or, selon l’Onicl, ces derniers accaparent près de 72% du volume collecté durant la première semaine de juin. Volume qui a battu tous les records cette année. Au 7 juin, pas moins de 4,5 millions de quintaux, constitués quasi exclusivement de blé tendre, ont été collectés. Ces quantités sont en augmentation de près de 80% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. C’est dire le besoin en trésorerie des agriculteurs. Mais la baisse a touché aussi le blé dur, orge, maïs et légumineuses.Paradoxalement, la tendance à l’international est plutôt à la hausse. Depuis fin mai dernier, les prix des produits agricoles ont amorcé un trend haussier, note la direction des études et des prévisions financières dans son dernier bulletin. Tendance tirée par une demande ferme face à des déficits de l’offre, est-il précisé. Oléagineux, céréales, sucre et café ont enregistré des cours jamais atteints depuis plusieurs mois. Le soja a été négocié à 474 dollars la tonne le 4 juin, en hausse de 38% depuis début mars dernier. Niveau qui s’explique par la demande soutenue de la Chine alors que les récoltes sud-américaines s’annoncent en forte baisse. L’offre argentine et brésilienne devrait baisser de 10%. Selon le département américain de l’Agriculture, la production de soja en Argentine devrait s’établir à 34 millions de tonnes au lieu de 46 millions l’an dernier. De plus, les Etats-Unis ont revu à la baisse leurs stocks de fin de saison. Ces derniers ne représentent, d’après les estimations établies en mai 2009, que 4,3% de la consommation annuelle. Il s’agit du plus faible ratio depuis 1996. En tout, les stocks mondiaux de soja devraient se replier à 42,6 millions de tonnes contre 53,1 millions l’année passée.De leur côté, les prix du maïs ont rebondi de 23% depuis début mars pour s’établir à 192 dollars la tonne le 2 juin. Comme pour le soja, le marché du maïs reste soutenu par une baisse des stocks et des semis plus tardifs que d’habitude aux Etats-Unis, sous l’effet de mauvaises conditions météorologiques. «La production mondiale de maïs en 2009/10 est estimée à 771 millions de tonnes, soit 13 millions de moins que la campagne précédente», relève un rapport du Conseil international des céréales (CIC), publié fin mai.Dans le même sillage, les cours du blé ont enregistré une forte percée ces dernières semaines pour s’établir à 294 dollars la tonne en augmentation de 22% par rapport au mois de mai. Selon les analystes, la flambée est surtout dopée par les spéculations qui entourent le niveau de la prochaine récolte mondiale. Celle-ci s’inscrirait en baisse de 5% par rapport au record de 2008/09, qui a atteint 652 millions de tonnes. Le CIC explique la prévision par les réductions des superficies semées. Toutefois, les stocks mondiaux de blé à la fin de la saison 2009/10 devraient augmenter pour la seconde année consécutive, pour s’établir à 167 millions de tonnes. D’autant plus que les moissons annoncées pour l’Inde, la Chine et la région Mena sont globalement bonnes.Pour le riz, le prix de la variété Thaï de référence s’est établi à 571 dollars la tonne le 29 mai, en baisse de 10% par rapport à fin mars dernier. Ce recul est intervenu suite à une révision à la hausse de la récolte 2008 à 687 millions de tonnes (+4,1% que l’an dernier) et une campagne 2009 qui s’annonce également prometteuse (+0,7%), selon la FAO.Par ailleurs, les cours du sucre ont atteint un pic qui n’a pas été enregistré depuis 2006 (cf. www.leconomiste.com). A fin mai, le prix du sucre brut s’est établi à plus de 380 dollars la tonne en augmentation de près de 30% depuis début janvier 2009. Et la tendance à la hausse devrait se poursuivre sous l’effet du déficit de production mondiale, estimé à près de 8 millions de tonnes. Selon l’Organisation mondiale du sucre, ce déficit est dû en particulier à la chute de production de l’Inde qui compte aussi comme premier consommateur mondial. Aussi, ses achats volumineux sont de nature à doper les prix. De même, le rebond des prix du café arabica s’est accéléré en mai (+19%), suite au repli des exportations de la Colombie et de l’Amérique centrale. Ceci face à une demande aussi ferme que soutenue. Sur l’International Commodity Exchange (ICE), l’arabica pour livraison en juillet a été négocié le 1er juin à 3.128 dollars la tonne. C’est le plus haut niveau enregistré sur neuf mois. Alors, quelles répercussions sur la balance commerciale marocaine? Si pour les céréales, les blés en particulier, la facture s’annonce en repli, les autres denrées de base risquent par contre de peser lourdement sur la trésorerie du pays. A commencer par le maïs dont l’essentiel de la consommation est importé. Il en va aussi des oléagineux, du sucre et du café. Ces produits, dont le Maroc s’avère, dans certains cas, net importateur, constituent le gros de la facture alimentaire. Du côté des exportations, les ventes des phosphates et dérivés affichent une baisse de 62% au cours des quatre premiers mois, par rapport à 2008, et de 15% en comparaison avec la même période de 2007. Leur part dans les ventes totales de marchandises s’est établie à 14,5%, en repli de 11,7 points de pourcentage par rapport à 2008 qui reste malgré tout une année exceptionnelle.A. G.
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