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    Produire mieux et transformer plus

    Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

    Quand l'agriculture s'en-rhume, c'est tout le Maroc qui éternue. Car le secteur primaire pèse de tout son poids sur l'économie du pays même si l'agriculture ne représente que 20% du PIB national et emploie 40% de la population active. Un taux qui frôle les 80% dans le milieu rural.
    Seulement voilà. Il se trouve que la machine agricole est grippée par la succession de plusieurs années de sécheresse. L'endet-tement des agriculteurs a atteint de graves proportions. 230.000 agriculteurs sont inéligibles au crédit pour cette rentrée agricole. La situation est grave et il faut trouver les solutions adéquates. Il y a urgence.
    Les pouvoirs publics ont été sensibles à ce signal de détresse. Première mesure: arrêter l'hémor-ragie au niveau de la CNCA en nommant un nouveau directeur à sa tête. La Caisse avait besoin d'un bon profil de banquier aux commandes. Objectif: recouvrer les créances, établir de nouvelles règles pour l'accord des prêts et recapitaliser la Caisse en attendant son passage en banque.
    Il y a le financement, mais il y a aussi et surtout des problèmes structurels inhérents à l'agriculture. Un diagnostic sur lequel s'accordent fellahs et responsables à l'occasion de la tournée ministérielle dans les provinces. Accord sur le diagnostic et aussi accord sur les remèdes. Plusieurs axes urgents de travail ont été identifiés: économiser l'eau, rajeunir et diversifier les plantations du verger, développer l'oléiculture, accroître la mécanisation, améliorer les conditions de stockage et de transformation des produits agricoles.

    Mais pour l'heure, l'agriculture reste très faiblement valorisée. La part de l'agro-industrie dans le PIB agricole ne dépasse pas les 5%. Il y a nécessité de développer davantage ce secteur et rapprocher encore plus l'industrie de l'agriculture. La valorisation de l'agriculture passe nécessairement par la sécurisation de l'approvisionnement et par l'organisation des filières. L'offre des semences se situe cette année à un niveau normal. Près de 370 points de distribution ont été ouverts. L'objectif est de rapprocher le plus possible le produit des agriculteurs. Mais ces derniers retardent toutefois leurs achats: leur demande dépend des premières pluies.

    Il y a une demande qui, elle, ne dépend jamais des aléas climatiques. C'est celle des consommateurs en produits de base. Les économistes vous diront que l'effet de substitution est nul pour ces produits. Le rôle de la Caisse de Compensation pour régulariser le prix de ces produits est à cet égard important. Les arriérés de cette Caisse ont été apurés mais l'encaissement des équivalents tarifaires perçus à l'importation pose problème. Les équivalents du mois d'août ne sont pas encore mandatés ce qui risque d'engendrer de nouveaux arriérés.
    Casser les cercles vicieux et valoriser l'agriculture. C'est le credo qui devrait guider l'action des responsables. Valoriser en produisant mieux et en transformant plus. Le Maroc ne peut pas se contenter d'une agriculture basique et à faible taux de valeur ajoutée. La plupart des investissements sont consentis pour des productions à faible valeur ajoutée. La frontière entre l'agriculture et l'industrie devrait être dorénavant plus perméable. L'agro-industrie et la transformation, il n'y a que ça de vrai. C'est à ce prix que le Maroc peut assurer son autosuffisance alimentaire et conquérir des marchés étrangers de plus en plus exigeants.

    Salim LAHJOMRI

     

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