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    Economie

    Production concessionnelle, politique commerciale : Electricité: L'expérience portugaise sert de modèle

    Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

    Le Maroc présente des similitudes avec le Portugal au niveau énergétique. Ce dernier a entamé très tôt la restructuration de son secteur électrique. Il détient sur ce point une longueur d'avance qui permet au Maroc de s'inspirer de son modèle.


    "Sur de multiples points, l'expérience portugaise en matière de restructuration du service électrique peut servir de base de réflexion pour le modèle marocain, même si cette expérience ne peut pas être purement et simplement transposée. Il faut tenir compte en effet des spécificités locales", souligne M. Luis Mira Amaral, ancien ministre portugais de l'Industrie et de l'Energie (1987-1995).
    En matière énergétique, les similitudes entre les deux pays sont nombreuses. Comme le Maroc, le Portugal est très dépendant au niveau énergétique. Il compte 10 millions d'habitants et une puissance appelée de 7.500 MGW. Ne disposant pas de matière première, son énergie est basée sur l'hydraulique et sur le thermique. L'hydraulique contribue pour près de 30% de la production totale durant les bonnes années et de 10% dans les mauvaises.
    Le pays importe de l'énergie de France. "Celle-là est bon marché et économiquement rentable pour le pays", précise M. Amaral.
    "Cependant, le Portugal déplore l'absence de système d'interconnexion européen".
    Pendant une assez longue période, le développement des centrales de pointe se faisait en faveur de l'hydraulique. Puis le thermique a pris le pas, d'abord avec les centrales à fuel, ensuite à charbon et bientôt au gaz avec l'entrée en service du gazoduc.

    Cogénération et production privée

    Le Portugal a entamé la restructuration du secteur électrique dans les années 1980. Le monopole de EDP (Electricité du Portugal) a commencé depuis à s'effriter sous un double effet: une multiplication des cogénérateurs et l'ouverture du secteur électrique au privé.
    En effet, l'évolution technologique a permis de développer fortement la cogénération au Portugal. De plus, celle-ci a été facilitée par l'octroi de subventions européennes.
    A cela s'est ajoutée l'ouverture du secteur électrique au privé, avec la concession de PEGO à National Power.
    Sur ce point, le Maroc connaît la même évolution. A la seule différence, pour ce qui concerne la cogénération, qu'il a évité les faux cogénérateurs -qui se sont multipliés au Portugal- grâce à une réglementation appropriée. La cogénération n'est possible que pour une production en dessous de 10 MGW. Elle ne concerne actuellement que l'OCP et les mines d'Aouli.
    Le Portugal, quant à lui, a dû sur ce point rectifier le tir en freinant l'octroi de subventions pour les cogénérateurs.
    La fonction de transport a été également séparée de celle de production, pour garantir une égalité de traitement entre le privé et le public, et une neutralité du système.
    EDP est érigée en holding de l'Etat qui chapeaute les différentes fonctions qui, elles, sont toutes filiales majoritaires de la holding. Les distributeurs municipaux sont regroupés en 4 sociétés régionales filiales elles aussi d'EDP.

    Consommateurs et clients

    Côté distribution, les évolutions sont similaires. EDP a très tôt décidé d'orienter sa stratégie vers une gestion commerciale en opérant un changement de mentalité. Durant des années, le prix de l'électricité était très élevé et la qualité de service mauvaise.
    A l'instar de ce qui existe au Maroc, beaucoup de municipalités ne s'acquittaient pas de leurs factures d'électricité. Le pouvoir politique était, lui, en revanche, très faible. L'endettement d'EDP s'est fortement accru durant cette période, alors que les investissements étaient très lourds. L'entreprise publique avait dû délaisser la distribution sous l'effet de cette double contrainte.
    Dès son arrivée au ministère en 1987, M. Luis Mira Amaral a décidé de couper les municipalités qui ne payaient pas leurs notes d'électricité. Les paiements se sont effectués de plus en plus régulièrement et le problème de l'endettement s'est ainsi résorbé.

    C'est le même phénomène qui se produit au Maroc avec les communes.
    Quant à la distribution, l'ONE, en entamant sa réorganisation, a introduit une division commerciale qui devra être à l'écoute des "clients" et non plus des "consommateurs" .
    A la différence du Maroc, le Portugal commence d'ores et déjà à préparer l'avènement du gaz naturel.
    La formule de la concession privée a été choisie et le cadre institutionnel mis en place.
    Un prix unique pour le gaz naturel a été institué avec un système de péréquation pour tenir compte du transport. Ce dernier compte pour plus de 20% du prix du gaz.
    Le gaz naturel a été défiscalisé pour faciliter sa généralisation.
    EDP est exonéré des taxes parafiscales.

    Fatima MOSSADAQ






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