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    Economie Internationale

    Prodi promet un nouveau départ pour la Commission Européenne

    Par L'Economiste | Edition N°:598 Le 20/09/1999 | Partager

    · La priorité maintenant est de soigner le "traumatisme institutionnel"
    · Un passé entaché par les avatars de certains députés


    La Commission Européenne présidée par l'Italien Romano Prodi a obtenu la confiance du Parlement de Strasbourg. C'est ainsi que prend fin la tourmente qui a emporté Jacques Santer et son équipe un an tout juste après sa naissance: c'est en effet en septembre 1998 que Libération révélait qu'Edith Cresson, commissaire française à la Recherche et à l'Education, avait fourni des emplois parfois totalement fictifs au sein de la Commission à plusieurs de ses proches. A partir de là, les médias ont multiplié les enquêtes sur certaines mauvaises habitudes bruxelloises, du népotisme à la fraude en passant par la mauvaise gestion. Le 15 mars, le premier rapport du comité des experts indépendants confirmait la plupart des accusations portées contre l'Exécutif européen, ce qui entraînait, dans la foulée, sa démission. L'ancien président du Conseil italien et son équipe de dix-neuf commissaires devront maintenant s'atteler à soigner le "traumatisme institutionnel" vécu par l'Union Européenne, comme l'a justement qualifié le député libéral britannique Nicholas Clegg au cours du débat de l'investiture qui a eu lieu lundi dernier à Strasbourg.
    Même si Prodi a appelé à un "nouveau départ", on peut se demander si l'Europarlement n'est pas tenté par une "kennethstarisation de son fonctionnement", selon le mot de Jean-Louis Bourlanges (UDF, PPE, France). Une partie du groupe du Parti populaire européen-démocrate, le plus important de l'hémicycle, a en effet réitéré ses attaques contre l'ancien président du Parti socialiste francophone belge, Philippe Busquin, commissaire désigné à la Recherche.
    Les démocrates-chrétiens allemands de la CDU-CSU, les conservateurs britanniques ainsi que les sociaux-chrétiens flamands du CVP, épaulés par les fascistes du Vlaams Blok, l'accusent d'avoir été au courant des affaires de financement occulte.
    S'appuyant sur des pièces du dossier judiciaire de l'affaire Agusta-Dassault, plusieurs députés ont estimé que Philippe Busquin avait menti lors de son audition, le 1er septembre, en affirmant qu'il n'avait "jamais été interrogé ni questionné" par la Justice. Or, il a bien été entendu comme témoin, comme le montrent plusieurs procès verbaux. Il n'en fallait pas plus à une partie des conservateurs du PPE pour exiger la peau de Philippe Busquin.


    Attaques


    Les députés les plus extrémistes prennent le prétexte des avatars pour voter contre l'investiture de la Commission, tout comme une partie de leurs alliés du Parti libéral. Même s'ils ne constituent pas une majorité, loin s'en faut, ces attaques, qui ont rencontré l'assentiment passif d'une bonne partie de l'hémicycle, marquent une dérive certaine du Parlement: en effet, comme l'a rappelé M. Prodi, l'Etat de droit et la présomption d'innocence étant ce qu'ils sont, il n'appartient pas à Strasbourg de se substituer à la Justice belge pour condamner, dans une parodie de jugement, Busquin. Le président de la Commission a d'ailleurs refusé de se plier aux injonctions de ces Europrocureurs, ce qui, il le sait, affaiblirait durablement son exécutif.

    Jean QUATREMER Syndication L'Economiste-Libération (France)

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