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    Economie

    Privatisations: 5 millions de DH pour la campagne de promotion

    Par L'Economiste | Edition N°:75 Le 15/04/1993 | Partager

    Pour 5 millions de DH, largement financés par des aides extérieures, la campagne générique des privatisations vient de commencer.

    Réalisée par Shem's Publicité et par Public's, la campagne TV, radio, affichage et presse emploie et emploiera quelques expressions fortes. Sous la signature "soyons actionnaires du progrès" déjà diffusées à l'occasion des appels d'offres, se trouveront des expressions comme "bien pour vous, bien pour tous", "passez à l'action", "coup d'accélérateur (pour l'économie et le social)"... Il s'agit de la campagne grand public, précédant donc les campagnes spécifiques, portant sur une entreprise. La première sera la CTM-LN, une entreprise annoncée comme très rentable depuis le redressement opéré par M. Lalej et son équipe.

    Jusqu'au début mai, ce sont donc les affiches (2 sortes dans les banques et les agences de la TG) les annonces presse, les annonces sur Médi 1 et les films sur 2M et la RTM de la campagne générique(1) que l'on verra. Pour le Ministère de l'Industrie, du Commerce et de la Privatisation comme pour M. Ayouch, PDG de l'agence Shem's, "il s'agit de populariser" l'opération, en expliquant pourquoi il y a des privatisations, comment il est possible de participer et l'intérêt qu'il y a à acheter. Les films insistent d'ailleurs beaucoup sur le côté de recentrage des dépenses de l'Etat en faveur des infrastructures et du social.

    Trois points méritent d'être relevés dans cette campagne qui est l'une des plus importantes de l'année 1993: les messages perdent leur tour guindé; ils sont chaleureux dans le sens où ils mettent en jeu la vie (famille, enfants...); ils sont modernistes et modernisateurs .

    Les petites phrases de Moulay Zine Zahidi

    Recevant une cinquantaine de journalistes et presqu'autant de hauts fonctionnaires, dirigeants d'entreprises privatisables..., le ministre en charge de la privatisation a eu, comme à l'accoutumée, quelques petites phrases, qui aident à fixer la politique de son département.

    La SNPP devra être réorientée: la Société Nationale de Produits Pétroliers est privatisable en tant que telle, rappelle le ministre mais ses filiales le sont aussi, ce qui "implique pour la SNPP un autre rôle". Elle se trouvera en effet vidée de sa vocation actuelle, vocation créée à l'occasion de la marocanisation.

    Pour l'ensemble du secteur pétrolier, le ministre estime que les raffineries seules entrent dans le domaine dit "stratégique", en raison de l'obligation d'avoir des stocks. Il y ajoute la répartition sur l'ensemble du territoire, mais à se niveau il n'estime pas nécessaire, au contraire, de maintenir les distributeurs sous la coupe publique. Il en profite pour glisser sa petite phrase sur la marocanisation: la distribution se fait bien et se faisait bien, "y compris avant la marocanisation" . Rappelons que les obligations de marocanisation sont en cours d'abrogation, y compris pour le secteur pétrolier(2).

    Pour la formation d'un actionnariat de référence(3), le "noyau stable", notamment dans la CTM-LN, des institutions sont invitées à participer, "y compris des institutionnels publics", confie-t-il à L'Economiste.

    Poursuivant son analyse sur l'actionnariat de référence, le ministre note que "dans certains cas", il ne faut pas céder moins que le contrôle. Le ministre explique que la cession de parts inférieures au contrôle peut être antinomique avec l'intérêt de l'entreprise et de l'Etat vendeur. C'est, toujours selon Moulay Zine Zahidi, la raison pour laquelle "il n'est pas toujours possible de faire participer les salariés".

    Les services du ministère ne se montrent pas particulièrement affectés par le fait que trois des cinq hôtels soient restés. Le ministre confirme le principe du réajustement des conditions et annonce que "de nouveaux contacts sont en cours avec des acheteurs qui n'avaient pas eu le temps de formuler leurs offres".

    Concernant le droit de préemption, Moulay Zine Zahidi explique à L'Economiste que l'Etat respectera ses engagements antérieurs mais qu'à son avis "le problème posé n'est pas fondamental"

    Contrairement à l'avis de conseils juridiques casablancais, le passage par la modification des statuts, avec l'accord des 2/3 au des 3/4 des actionnaires, "ne constitue pas une remise en cause des droits des actionnaires minoritaires". Il souligne que le processus juridique est "strictement respecté" et juge que le "le principe de la défense des actionnaires minoritaires s'applique à la situation des porteurs ne participant pas au conseil d'administration", ce qui "n'est pas le cas chez COTEF" ajoute-t-il(4).

    M.O. & N.S.

    (1) Cf L'Economiste du 11 février 1993 sur la stratégie en deux parties et les messages de l'une et de l'autre des campagnes.
    (2) Cf L'Economiste du 18 février 1993.

    (3) L'expression actionnariat de référence, éventuellement "noyau stable" est préférée à "noyau dur" ou "golden share" expressions qui sont jugées parfois péjoratives.

    (4) Cf L'Economiste des 11 et 25 mars 1993. Voir aussi l'analyse du Pr Machichi, L'Economiste des 1er et 8 avril 1993.

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