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Privatisation: Les cabinets d'expertise en première ligne

Par L'Economiste | Edition N°:5 Le 28/11/1991 | Partager

Les cabinets d'expertise comptable se préparent au vaste marché des études liées à la privatisation. M. Hassan Alami, fondateur et directeur du cabinet Manay à Casablanca, explique comment se sont déroulées les concertations avec le ministère chargé de la Privatisation. M. Hassan Alami est aussi président de la Compagnie des Experts Comptables du Maroc, mais il a tenu à préciser qu'au cours de cet entretien, il parle à titre personnel.


L'ECONOMISTE: Les travaux d'expertise liés à la privatisation sont-ils nouveaux pour la profession des experts comptables?
M. Hassan Alami: Ce n'est pas nouveau en soi. Il y a déjà eu des privatisations par le passé, dans la pêche, dans les mines,... par exemple. Personnellement, je pense qu'il y a une bonne, voire excellente expertise au Maroc. Je crois que l'accumulation d'expériences est bonne. A mon avis, les cabinets marocains ont, ou peuvent accéder à deux sources d'expérience: la leur qui est loin d'être négligeable et celle qui existe ailleurs, car ils ont de bons rapports avec les cabinets à l'étranger. Il n'y a donc pas de craintes à avoir quant au fait que le ministère donne la priorité aux cabinets installés au Maroc. Au contraire, dans ces travaux d'audit et d'évaluation, il faudra bien connaître le terrain et l'environnement.

L'ECONOMISTE: La profession n'est pas organisée. Doit-on redouter de ce fait des difficultés dans la passation des marchés?
M. Hassan Alami: On pourrait le faire si le ministère n'avait pas pris d'infinies précautions pour consulter les professionnels, à travers leur association. Si on avait un tableau des experts comptables, le travail aurait été simplifié, mais je peux témoigner que le ministère chargé de la privatisation a affiché, dès le départ, sa volonté d'associer toutes les ressources humaines compétentes et disponibles. Aussitôt le texte adopté, il a réuni les deux associations et a invité les membres à présenter des dossiers de candidatures.

L'ECONOMISTE: Les associations ont-elles répercuté l'invitation?
M. Hassan Alami: Evidemment. Je peux vous certifier que cela a été fait, aussi bien à la Compagnie des Experts Comptables du Maroc qu'à l'Association Marocaine des Diplômés Experts Comptables. Chez l'une et chez l'autre, l'information a bien circulé et nous avons tenu plusieurs séances de travail. Tout le monde a été touché, et les multiples canaux de communication, entre le ministère et les associations, entre les associations et les cabinets ont bien fonctionné.
Cela dit, je regrette comme mes confrères qu'il y ait au Maroc une telle carence des textes. La profession n'est toujours pas réglementée alors qu'il y a trois bonnes raisons pour qu'elle le soit.
D'abord, le Maroc est l'un des derniers pays africains et arabes à vivre sans organisation de la profession; c'est, admettons-le, tout à fait curieux pour un pays de l'importance du nôtre. Ensuite, il y existe des ressources humaines importantes dans le domaine de l'expertise. Enfin, les textes sont prêts. J'espère qu'il sera rapidement mis fin à cette situation. J'ai de sérieuses raisons de croire que cela sera fait prochainement.

L'ECONOMISTE: Qu'est ce qui a retardé ces textes?
M. Hassan Alami: Franchement, je l'ignore. Personnellement, je les trouve équilibrés. Ils ont été préparés conjointement par l'AMDEC , la Compagnie et les pouvoirs publics. Ils garantissent la crédibilité et la compétence, donc la profession a tout intérêt à les voir entrer en vigueur.

En gros, le projet de réglementation définit le port du titre d'expert, institue un ordre et réserve la certification des comptes aux experts.
En aucun cas, il n'écarte les autres cabinets pour tous les travaux n'étant pas la certification. Ces cabinets pourront donc poursuivre leurs travaux de fiduciaire, de conseil, de comptabilité,...
Le texte donne une place de choix à la formation, mais sans renier le capital expérience. En tout état de cause, le travail de sélection du ministère chargé de la Privatisation aurait été considérablement simplifié si ces textes avaient été opérationnels. En attendant, mon souhait est que le ministère continue, comme il a commencé, d'opérer dans le même climat de concertation.

L'ECONOMISTE: N'y-a-t-il pas une contradiction lorsqu'on dit que, d'une part, il existe les compétences et l'expérience chez les cabinets, et d'autre part, que les travaux d'expertise liés à la privatisation sont nouveaux par leur ampleur?
M. Hassan Alami: Il y a un risque au niveau de la masse des travaux , c'est vrai. Mais, il y a deux manières de le maîtriser, afin que l'on conserve bien la qualité des prestations.
Du côté des pouvoirs publics, ceux-ci peuvent réguler leurs demandes et ajuster la cadence et le rythme des mises à l'étude de sociétés privatisables.
La deuxième manière est de la responsabilité des cabinets eux-mêmes. Je vois très bien des regroupements et des restructurations pour élever ou maintenir le niveau de qualité.
La masse des travaux liés à la privatisation est l'occasion rêvée pour constituer de grands cabinets de très haut niveau, avec un élargissement de la gamme des spécialisations.

Propos recueillis par Nadia SALAH

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