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    Courrier des Lecteurs

    Privatisation : Grande ruée sur le titre BMCE

    Par L'Economiste | Edition N°:164 Le 26/01/1995 | Partager

    Les OPV ont pris leur vitesse de croisière. Pour chaque opération, le public se rue sur les titres offerts. Aussitôt après la SNI qui a suscité quelques tergiversations, la BMCE est venue confirmer l'engouement. L'offre reste très faible pour apaiser l'appétit des nouveaux épargnants "boursicoteurs".

    La cession par voie boursière des 14,01% du capital de la BMCE est achevée. Outre les personnes physiques et morales, seuls 5 OPCVM ont pu participer à l'opération, sur les 12 récemment agréés par le Ministère des Finances. A la clôture des souscriptions, le nombre de titres demandés émanant de la première catégorie a atteint 8.484.204, soit 7 fois plus que l'offre fixée à 1.120.800. Globalement, 51.480 souscripteurs, personnes physiques et morales, ont sollicité les titres mis sur le marché à 325 Dirhams l'unité. En raison de l'importance de la demande, il sera servi 25 actions par souscripteur, le minimum prévu pour un plafond fixé à 2.000. Cette offre minimale a pu être tenue grâce au transfert du reliquat de la partie destinée aux OPCVM. En effet, la demande de ceux-ci n'a atteint que 44.902 actions sur les 208.000 qui leur étaient réservées. Du coup, toutes les 5 entités ont été entièrement satisfaites. Cette faiblesse de la demande relevant des OPCVM s'explique par le fait que les sociétés viennent d'être récemment agréées. Il fallait de plus être légalement constitué pour être autorisé à souscrire.

    27% de la BMCE en bourse

    Les placements ont été réalisés à hauteur de 60% par la BMCE, chef de file. Les 40% restants l'ont été par les autres membres du syndicat dont 20 par la BCP.

    M. Abderrahmane Saaïdi, Ministre de la Privatisation, s'est félicité de la transparence ayant entouré l'OPV (offre publique de vente), qu'il a qualifiée de "grande réussite". Il a précisé par ailleurs que cette phase a été bien contrôlée par la privatisable et ses partenaires. Il est fort probable que la même politique soit reconduite pour la privatisation des autres institutions financières dans le cas d'une introduction en bourse.

    27,34% des actions de la BMCE sont maintenant en bourse. Elle sera la première banque à prédominance publique à tomber intégralement dans l'escarcelle du privé. Suivront la BCP, la BNDE et le CIH. Un calendrier n'a pas été annoncé par le ministre.

    Certains spécialistes ne s'attendaient pas aux résultats obtenus. Pour explication, le titre BMCE n'est pas considéré comme une valeur destinée au public. De toute manière, le rush prouve que l'épargnant change progressivement de comportement et fait de plus en plus confiance à la Bourse. En effet, depuis l'ouverture du capital de Wafabank et les opérations de privatisation qui ont suivi (CIOR, CTM-LN tranches 1 et 2, Sofac Crédit, SNI) et l'augmentation du capital de l'ONA, l'engouement ne cesse de monter. La BMCE confirme cette tendance en attendant l'arrivée de Général Tire sur le marché. L'entrée en lice des OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) devrait encore élargir le groupe des petits épargnants séduits par les placements en valeurs mobilières. Reste que les professionnels doivent penser à sensibiliser le public sur le comportement d'un marché boursier d'autant qu'un placement n'est pas rentable à tous les coups.

    Clôture en mars de l'opération BMCE

    L'opération BMCE sera bouclée le 6 mars par la cession de 26% des actions proposées par voie d'appel d'offres. Le ministre de la Privatisation avait précisé lors d'une conférence de presse que, pour cette partie, l'offre doit être consortiale. Elle doit provenir d'un groupe constitué par quatre actionnaires au moins. La moitié de ce paquet est réservée aux personnes morales marocaines, à l'exception des banques, et de leurs filiales dont elles détiennent plus de 20% des participations. Est aussi exclue toute personne propriétaire de 20% du capital d'une banque. En outre, les compagnies d'assurances peuvent participer à l'opération. Toutefois, une seule d'entre elles peut faire partie du consortium. L'autre tranche de 13% est ouverte à toute personne morale sans condition de résidence ou de nationalité". Il est cependant précisé que 5% du capital au moins devrait être souscrit par une ou plusieurs banques étrangères de nationalité différente de celles participant au tour de table. De plus, à l'issue de l'opération, aucun des actionnaires ou membres du consortium attributaire ne devra détenir plus de 15% du capital de la Banque. Cette répartition, notent les observateurs, donne beaucoup de pouvoir au management. Le ministre de la Privatisation espère réaliser une bonne opération. M. Saaïdi, appuyé par M. Abdellatif Jouahri, président - directeur général de la BMCE, mise sur le standing et les performances de la Banque. Interrogé sur les 3% qui doivent être transférés aux salariés, le ministre et le PDG de la BMCE ont assuré que "la cession se fera dans de bonnes conditions et qu'aucune catégorie de personnel ne sera favorisée". A ce titre, M. Jouahri a précisé que "l'ancienneté constitue le principal critère retenu".

    A.D.N.

    Bilan de la privatisation au 24 janvier 1995

    Quantitatif:

    - 27 sociétés et hôtels ont été transférés;

    - 5 sociétés en cours d'appel d'offres;

    80 sociétés et hôtels ont été audités (27 transferts, 53 en cours), (51 évalués, 2 en cours d'évaluation);

    - 78 sociétés et hôtels ont été évalués;

    - 5,9 milliards de DH en recettes de la privatisation (2,2 milliards en 1993; 3,7 milliards en 1994);

    - Chiffre d'affaires par séance boursière: passé de 0,5 million de DH en 1989 à 28,8 millions en 1994.

    Qualitatif:

    - 1,7 milliard de DH d'investissements programmés sur 5 ans dans les sociétés et hôtels privatisés, afin d'assurer leur pérennité (montant minimum);

    - 6.000 salariés des entreprises et hôtels privatisés dont les acquéreurs se sont engagés à maintenir l'emploi;

    - 95.000 souscripteurs à travers la BVC (sans BMCE, General Tire);

    - plus de 1.100 salariés devenus actionnaires de leurs sociétés;

    - 63,74% de la recette cumulée de la privatisation provient des Marocains et 36,26% provient des étrangers;

    - toutes les régions ont massivement participé aux introductions en bourse.

    Source: Ministère de la Privatisation

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