Entreprises

Privatisation : Fertima cotée le 29 octobre

Par L'Economiste | Edition N°:249 Le 10/10/1996 | Partager


L'OPV de Fertima s'effectuera au prix nominal de 174 DH. Les négociations de l'OCP pour la constitution du noyau dur sont avancées. Une période de transition est prévue pour instaurer plus de transparence dans les rapports Fertima/OCP. Les acquis sociaux du personnel seront conservés.


L'ACTION Fertima sera cédée au prix nominal de 174 DH.
L'offre publique de vente porte sur 30% du capital et aura lieu entre les15 et 22 octobre inclus. L'opération vise à introduire en bourse un paquet de 690.000 actions nouvelles pour un montant total de 120,06 millions de DH. Fertima sera inscrite à la cote officielle de la Bourse des Valeurs de Casablanca le 29 octobre, et la date de jouissance est fixée au premier janvier 1996 avec coupon attaché. Maroc Services Intermédiation (MSIn) et la CNCA sont désignés co- chefs de file associés du syndicat de placement.

M. Abderrahmane Saaïdi, ministre de la Privatisation chargé des Entreprises d'Etat, a précisé, lors de la conférence de presse du 7 octobre, que le schéma de transfert au secteur privé prévoit également une cession de 5% maximum du capital social aux salariés de l'entreprise.
En outre, l'OCP est chargé de constituer avec un partenaire industriel le noyau dur de Fertima. D'après M. Mourad Chérif, PDG de l'OCP, les négociations avec un groupe étranger de taille comparable susceptible de soutenir la stratégie de développement de Fertima sont bien avancées. Ce partenariat introduirait notamment une complémentarité à travers l'approvisionnement en engrais importés et contribuerait à optimiser le circuit de distribution de l'entreprise privatisée.

Liberté du choix du personnel


L'agence Saga a conçu un plan de communication pour l'opération de souscription. En s'appuyant sur la complémentarité des supports média, la campagne vise d'un côté à développer la notoriété de Fertima, de l'autre à vendre les actions de l'entreprise. Ainsi, les messages télévisés spécifient l'univers dans lequel Fertima évolue et mettent l'accent sur l'évolution du monde agricole à travers la rencontre de deux générations. Les slogans des affiches et dépliants rappelleront pour leur part le prix de l'action et le positionnement de Fertima.
Le circuit de distribution composé de 170 agences constitue le premier atout de la future privatisée. Fertima bénéficie en outre de la capacité de négociation des prix du groupe OCP sur le marché international pour ses approvisionnements en engrais azotés et potassiques (40 à 50% des tonnages achetés).

Ses dix usines et onze dépôts sont destinés à l'ensachage et au stockage des produits. Selon MSIn, sa capacité de stockage représente le tiers de la consommation annuelle locale.
Depuis 1990, date de la libéralisation du marché des engrais, les rapports entre Fertima et l'OCP évoluent progressivement vers ceux du client/fournisseur. Fertima assure l'approvisionnement de 60% des besoins. La SCE, Promagri, la SCPC, Charaf Corporation et la société Yacoubi se partagent le reste du marché.
Sur le plan des ressources humaines, le personnel aura la liberté de choisir entre Fertima et le groupe OCP et les avantages sociaux communs aux deux entités seront préservés. "La période de transition destinée à instaurer une plus grande transparence dans les relations OCP/Fertima s'effectuera sans que le personnel ne perde ses privilèges acquis", assure le PDG de l'OCP. Il est par ailleurs précisé que le problème du personnel ne devrait pas se poser du fait de la présence de l'OCP dans le noyau dur de Fertima.

Un million de BDP en circulation


"La taille de l'émission étant largement inférieure au volume des Bons de Privatisation (BDP) en circulation (11% du montant total), le placement des actions Fertima ne posera pas de problème et nous anticipons même une sursouscription", déclare M. Saaïdi. Il est à préciser que l'encours global des BDP au lendemain de l'OPV de la Sonasid s'établissait à 1.049.178 Bons répartis à hauteur de 30% de BDP1 et de 70% de BDP2. Si tous les porteurs de Bons décident de convertir, les souscripteurs en espèces n'auront donc aucune chance d'accéder aux actions Fertima. A l'approche de l'opération, le cours du BDP1 a grimpé à 1.150 DH et celui du BDP2 à 1.080 DH. "Ce qui prouve tout l'intérêt porté à l'opération".

Lors de l'attribution des actions Fertima, une priorité de premier ordre sera donc accordée aux porteurs de BDP1 puis de BDP2, quelle que soit la catégorie d'investisseurs. La valeur d'échange des BDP1 s'établit à 1.060,30 DH et celle des BDP2 à 1.033,50 DH.
Les mêmes règles de conversion que pour les deux précédentes OPV seront observées. Pour les personnes physiques, un minimum de trois Bons sera servi, suivi de l'attribution graduelle par palier de 1 Bon jusqu'à 50 Bons par porteur. Au-delà, c'est la répartition au prorata des demandes, dans la limite des plafonds autorisés.
Aucun minimum n'est appliqué pour les personnes morales mais une priorité de premier ordre est accordée aux OPCVM. Les demandes sont servies au prorata , dans la limite de 1% du capital.

Après le Belge Prayon, le Pakistanais Al Noor

L'OCP continue de tisser
ses réseaux mondiaux


AVEC la signature, le 2 octobre 1996, de l'accord avec le Pakistanais Al Noor Fertilizer Industries Ltd (ANFIL), l'Office Chérifien des Phosphates poursuit sa politique de réseaux. Commencée l'année dernière, elle consiste en la réalisation de partenariats à travers le monde et prend plusieurs formes, de la plus simple (la vente par contrat long) à la plus complexe comme la production en commun de dérivés sophistiqués, pour un réseau spécifique d'écoulement. L'accord avec le Belge Prayon appartient à cette dernière catégorie. Le chantier avance à Jorf pour produire l'année prochaine de l'acide purifié.

Avec Al Noor, il s'agit d'un mécanisme intermédiaire: une joint-venture en capital, pour produire au Pakistan des dérivés relativement simples. L'OCP accompagne Al Noor à hauteur de 10% du capital d'une entreprise que le groupe privé avait en projet depuis plusieurs années. Il devra sortir à partir de 1998 1.300 t/j de DAP, 1.200 t/j d'urée et 955 t/j d'ammoniac.
L'investissement au Pakistan est de l'ordre de 220 millions de Dollars (dont 70% en emprunts) où l'OCP apporte 10 millions. Al Noor trouve chez l'OCP une référence: la présence du fournisseur, l'OCP, qui est le premier exportateur mondial de phosphate et sécurise le projet auprès des banquiers du sous-continent asiatique. L'Office approvisionnera la nouvelle unité avec 200.000 tonnes métriques de P2.O5 par an (80 millions de Dollars au prix actuel du marché). Incidemment, l'OCP glisse la carte de visite du Maroc dans cette partie du monde, où il n'est pas connu en tant que tel, a fortiori comme industriel de la chimie lourde: l'accord prévoit que l'OCP apportera l'ingénierie de l'investissement.

D'autres réseaux sont en cours de formation, toujours autour de l'OCP, formation reflétée par le carnet de voyages de M. Mourad Chérif, DG de l'Office, et de ses équipes. Les réseaux chinois et indiens, relancés au printemps, avancent doucement. En revanche, celui d'Europe du Nord pourrait connaître un développement spectaculaire lors de la formation du noyau dur de Fertima.
Personne pour l'instant ne veut avancer de noms, ni à la Privatisation, ni à l'OCP. Des contacts sont aussi en cours avec des phosphatiers américains, où les Marocains doivent ménager les susceptibilités de leurs alliés politiques et concurrents économiques.

Mouna KABLY

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