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    Courrier des Lecteurs

    Privatisation : Fertima: 30% du capital en bourse

    Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager


    La privatisation de Fertima est prévue pour le dernier trimestre 1996. Après les travaux d'évaluation, les structures en charge du dossier privatisation ont arrêté le schéma de transfert de cette société qui réalise globalement de bons résultats.


    Fertima devrait bientôt entrer en bourse. Les travaux d'évaluation menés par le cabinet Gecam associé à Ernest & Young sont achevés. Il est annoncé, auprès du Ministère de la Privatisation chargé des Entreprises d'Etat, que 30% du capital sera cédé par OPV (offre publique de vente) entre octobre et novembre 1996. Le placement sera confié à des institutions qui seront prochainement désignées. La priorité sera accordée aux porteurs de Bons de privatisation. Mais il est attendu que des souscriptions directes seraient autorisées. Comme d'habitude, une campagne de communication soutenue précédera l'OPV.

    Fertima est une société spécialisée dans le conditionnement et la commercialisation d'une large gamme d'engrais phosphatés produits localement et d'engrais azotés et potassiques importés.
    Cette société issue de la fusion de la SMEP (Société Marocaine d'Engrais Phosphatés) et la SMPE (Société Marocaine de Potasse et d'Engrais), deux entités privées, a été créée en 1972. Son capital actuel de 100 millions de Dirhams est entièrement contrôlé par l'Etat par l'intermédiaire de l'OCP (Office Chérifien des Phosphates). Mais comme pour la plupart des précédentes privatisables, il sera procédé à une augmentation de capital par incorporation des réserves. Parallèlement, et à l'instar de la SNI et de la Samir, le nominal sera ramené de 200 Dirhams à 50 de manière à offrir le maximum de titres.

    Part de marché: 60%


    Au total, un peu plus de 600.000 actions seront cédées au public lors de la première opération qui sera suivie du transfert d'une autre partie du capital à un actionnariat spécialisé dans le secteur des fertilisants. Il est à rappeler qu'un appel d'offres portant sur 51% du capital avait été lancé vers la fin de 1994. Mais il s'est révélé infructueux pour non-conformité du dossier technique présenté par le groupe Chaâbi qui avait à l'époque manifesté son intérêt.

    Fertima se présente comme le leader du marché marocain des engrais. Depuis sa création, elle avait bénéficié d'un quasi-monopole qui est définitivement tombé en juillet 1990 suite à la libéralisation des prix et des importations. Actuellement, elle contrôle 60% du marché estimé entre 700.000 et 750.000 tonnes par an. Elle dispose d'une capacité de stockage de 250.000 tonnes, de 10 usines de conditionnement, 11 dépôts et 178 agences de commercialisation. Ces unités sont réparties dans toutes les régions agricoles du pays. Son principal concurrent, la SCE (Société Chérifienne des Engrais) détient 24% des parts de marché. Le reste est essentiellement partagé entre Promagri, la SCPC (Société Chérifienne des Produits Chimiques) et la Société Yacoubi. Toutes les sociétés de la place s'approvisionnent en engrais phosphaté auprès de l'OCP, en particulier chez Maroc Chimie et Maroc Phosphore, alors que les engrais azotés et potassiques, environ 40% des besoins locaux, sont importés. Il est souligné que pour ses achats locaux Fertima est traitée de la même manière que les autres sociétés et ne bénéficie d'aucune faveur de sa maison mère.

    Rentabilité de 26%


    A l'évidence, elle ne devrait pas perdre son avance une fois entrée dans le giron du privé. Le seul problème, et au même titre que ses concurrents: ses performances sont largement influencées par les facteurs climatiques, lesquels conditionnent la demande. Pour preuve, les chiffres d'affaires les plus faibles au cours des six derniers exercices ont été réalisés en 1992 et 1993, années de rude sécheresse avec respectivement 760 millions et 692 millions de Dirhams. Les ventes avaient atteint 933 millions de Dirhams en 1990, 960 en 1991. Pour l'exercice 1995, elle a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 816 millions de Dirhams, contre 924 millions l'année précédente. Le résultat net a cependant quasiment doublé entre les deux périodes, passant d'un peu plus de 21 millions de Dirhams en 1994 à 41 millions en 1995. Dans la foulée, la rentabilité des capitaux propres a ainsi atteint 26,1% en 1995 au lieu de 16,25% une année plus tôt. Entre ces deux années, le résultat net de son principal concurrent SCE a progressé de 6,8% à 13 millions de Dirhams.

    En bourse, et d'après le bilan de Casablanca Finance Intermédiation, cette valeur a tout de même réalisé une bonne performance avec une croissance de 33,7% et une rentabilité du dividende de 4,8%. Pour la même année, l'indice CFG a réalisé une performance de 4,2% et 2,1% pour la rentabilité du dividende. Toutefois, il est à noter que la performance réelle est assez difficile à évaluer, vu la faible liquidité du marché. En 1995, la capitalisation boursière moyenne de la SCE avait atteint 175.071.232 Dirhams. Les échanges ont porté sur un volume de 5.951.696 Dirhams dont près de 95% pendant le seul mois de décembre, période au cours de laquelle les "zinzins" effectuent généralement des "allers-retours", pour nettoyer leur portefeuille notamment.

    En tout état de cause, Fertima devrait, au pire, réaliser les mêmes performances boursières que la SCE. Son réseau de distribution et ses liens étroits tissés avec le monde rural depuis plusieurs années le permettent. Une certaine incertitude pèse cependant sur le comportement des agriculteurs. En effet, la libéralisation du crédit, conjuguée à l'arrêt des subventions sur l'engrais intervenue depuis quelques années, pourrait altérer davantage les moyens financiers des agriculteurs qui seraient amenés à être plus stricts sur leur consommation. Le Maroc n'a cependant pas encore atteint les standards internationaux en matière de fertilisant. Par conséquent, la contrainte d'une meilleure productivité devrait toujours servir de stimulant au marché.

    Alié Dior NDOUR

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