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Economie

Prévention et gestion des risques: Pas seulement pour les inondationsPar Ali Sedjari, professeur à la Faculté de droit de Rabat

Par L'Economiste | Edition N°:1412 Le 10/12/2002 | Partager

Les dernières intempéries suivies de dégâts matériels considérables et de pertes humaines énormes et transformant des villes entières, Mohammédia, Berrechid, Settat, Tétouan, Fès et autres en cauchemar, ont révélé -encore une fois- la défaillance des autorités publiques en termes d'infrastructures et de gestion des états d'urgence. Ces catastrophes nous interpellent aussi sur la façon de faire de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire.C'est la troisième fois consécutive que ces catastrophes se produisent et à chaque fois, le danger monte d'un cran, suivi d'une inertie de la part des responsables concernés.. Absurdité de la gouvernance localeLes images de ces dernières catastrophes ont mis à nu l'ensemble de nos défaillances et des dysfonctionnements des structures de planification, de décision et d'intervention dans les administrations et les collectivités locales. Ces alertes, devenues répétitives, devraient normalement donner lieu à une prise de conscience pour agir, corriger et surtout mettre une fois pour toutes une stratégie préventive de gestion des risques et des crises. Cela n'a jamais été fait, mais aujourd'hui, c'est une question d'urgence si nous voulons éviter d'autres catastrophes, qui pourraient être plus destructrices encore et surtout pour protéger les intérêts des générations actuelles et futures. Le Maroc est un pays en voie de développement; ses moyens sont insuffisants, et donc, il doit réagir rigoureusement contre toutes les formes de négligence et d'irresponsabilité. Face à «l'apocalypse« de Mohammédia, l'indignation est générale. En effet, toutes les analyses menées à propos de ces drames vécus dans de nombreuses villes, suite aux inondations, convergent vers le même constat: il s'agit d'un problème grave, celui de la responsabilité. L'Etat doit répondre de ses actes. L'Etat de droit doit fonctionner dans toute sa plénitude, sinon c'est toute sa crédibilité qui est mise en cause. Comment peut-on admettre que l'auteur d'un larcin soit jugé et condamné, alors que le responsable de plusieurs vies humaines, de destructions massives et de pertes financières considérables, échappe à la justice et à la sanction. C'est une absurdité de notre système de gestion et de gouvernance locale. Il faut toutefois s'expliquer sur la responsabilité. Rechercher des coupables pour pouvoir sacrifier quelques boucs émissaires ne peut que renforcer le système.. Rapacités localesSi les responsables en question ne sont pas pour le moment coupables jusqu'à preuve du contraire, ils sont en tout cas responsables. C'est cet élément de responsabilité qui doit prendre racine dans notre système de gestion locale afin de mettre un terme à la complicité, à la fraude, à la tricherie et à la complaisance qui le caractérisent.Les inondations de Mohammédia et d'autres villes du Maroc en disent long sur une administration locale rapace, comme le dit le roman de Rida Lamrini, qui a transformé nos villes en dépotoirs à haut risque et en enclaves où il ne fait pas bon d'y vivre. Le crime était programmé, prémédité depuis que la démocratie locale a été confiée à des élus dont les qualifications requises sont très éloignées de la complexité de la gestion locale. Les opportunistes de tout acabit, promoteurs immobiliers et spéculateurs fonciers, font partie de ce système et apportent leur contribution mortifère.Arrêtons l'anarchie et le désordre ambiant dans la gestion de nos territoires. Il ne faut pas oublier que le territoire est une richesse à préserver, un patrimoine à consolider et qu'il n'est que le cadre de vie de la population et c'est pour les habitants que l'on aménage le territoire et pour leur qualité de vie.Mais comme le dit la sagesse populaire: «A quelque chose malheur est bon«. Soyons au rendez-vous avec l'histoire et tirons les leçons qu'il faut pour éviter que des catastrophes similaires ou différentes se reproduisent. Si ces graves alertes pouvaient servir de leçon pour qu'enfin des mesures efficaces soient prises en matière d'aménagement du territoire en général et d'aménagement urbain en particulier…Nos villes ne sont pas du tout préparées pour parer les catastrophes naturelles. Settat, Mohammédia, Berrechid ont été noyées par les précipitations, certes, mais surtout par la négligence humaine et les dysfonctionnements du système de gestion locale. Notre urbanisme n'est pas très exigeant vis-à-vis des normes de qualité, de solidité, d'organisation, d'entretiens et de suivi. Les références aux paramètres scientifiques et techniques ne sont pas respectées, et par un système de dilution de responsabilité et de complicité, on ferme les yeux sur les anomalies et les négligences.. Opacité et complicitéIl faut reconnaître que pour un pays comme le nôtre, avec le flou qui caractérise le système de gestion, la complicité qui règne entre les différents acteurs, l'opacité inhérente au système de décision, l'absence de civisme et de coordination, on ne peut échapper à ce genre de catastrophes. Dans l'état actuel des choses, c'est tout le système de gestion locale qui doit être rectifié dans le sens de la transparence et de la responsabilité. L'Etat ne doit pas se contenter d'établir un plan national de lutte contre les effets désastreux d'inondations, mais de mettre en œuvre une véritable stratégie de gestion de risques. Cette stratégie doit être articulée sur un suivi et une évaluation, une clarification des responsabilités entre les différents acteurs, une rationalisation du fonctionnement des institutions locales et une planification à plus long terme permettant de disposer d'un tableau de bord général pour la prévention des risques. Ces risques sont très évolutifs et, par voie de conséquence, peuvent donner lieu à des problèmes imprévisibles.Pour tout stratège, la démarche doit être réfléchie, à la fois prospective et interactive. Elle repose sur un ensemble de perceptions propres au futur décideur. Il est nécessaire pour lui de comprendre les moindres rouages, les causes et les origines des risques; ce qui permettrait d'éviter ceux-ci à l'avenir. Sur ces questions, dire qu'on peut réussir une prévention totale paraît utopique, étant donné que l'univers nous réserve d'inimaginables surprises.. La participationLes risques et les crises connaissent une sorte de mobilité constante allant jusqu'à donner lieu à des vestiges. Ce qui se dessine de nos jours n'a sans doute pas la même profondeur sociale. Pourtant, des progrès dans l'organisation, la technique et la science de l'innovation, l'efficacité des processus d'information politique et dans la façon dont l'administration établit les normes pour les technologies à haut risque, sont nécessaires pour atténuer les effets des risques. Il va falloir se préparer sérieusement pour pouvoir maîtriser les évolutions à venir. Le Maroc n'a pas besoin simplement d'un plan national de lutte contre les effets des inondations, mais d'une rentable stratégie de gestion des risques et des crises. Le monde évolue vers des progrès accélérés des sciences et des techniques, lesquelles soulèvent des inquiétudes.Par ailleurs, la mise en place d'une stratégie d'action doit nécessairement comporter toute une série d'éléments et de moyens pour agir efficacement: des scénarios d'action, une analyse économique, des structures d'évaluation indépendantes mais coordonnées, une obligation de recherche, des dispositifs sécuritaires, de la transparence, une meilleure information des citoyens et une responsabilité directe des acteurs concernés.Cette revendication participative n'est pas séparable d'une prise de conscience récente de la responsabilité de l'homme vis-à-vis des générations futures. Le souci d'une bonne gestion des risques et des crises apparaît en définitive comme étant une affaire collective avec un rôle prépondérant pour l'Etat.


A ne pas confondre: précaution et prévention

Cette stratégie préventive doit reposer sur trois principes fondamentaux:1 - Le principe de précaution Ce principe est apparu au cours des années 80 à l'occasion des débats relatifs aux problèmes internationaux d'environnement, avant de recevoir une consécration publique en 1992 à l'occasion de la Conférence de Rio. Beaucoup de pays l'ont inscrit dans leur droit interne. Toutefois, le principe de précaution n'est pas limité au strict domaine de l'environnement. Il est de plus en plus invoqué à l'occasion des problèmes relatifs à l'alimentation et à la santé. Ce principe doit définir l'attitude que doit observer toute personne qui prend une décision concernant une activité déterminée. Il s'impose spécialement aux pouvoirs publics qui doivent faire prévaloir les impératifs de santé et de sécurité sur la liberté des échanges entre particuliers et entre Etats. Il commande de prendre toutes les dispositions permettant de détecter et d'évaluer le risque, de le réduire à un niveau acceptable, et, si possible, de l'éliminer, d'en informer les personnes concernées et de recueillir leurs suggestions sur les mesures envisagées pour le traiter.2 - Le principe de prévention Généralement, on confond précaution et prévention. Or la précaution est relative à des risques potentiels et la prévention à des risques avérés. La différence se situe au niveau de la probabilité des uns et des autres. Dans le cas de la précaution, il s'agit de la probabilité que l'hypothèse soit exacte et dans le cas de la prévention, la dangerosité est établie, et il s'agit de la probabilité de l'accident.3 - Le principe de prudenceLa mise en application du principe de précaution peut donner lieu à des erreurs ou engendrer des risques au cas où les conséquences n'auraient pas été bien étudiées à l'avance, ce qui signifie que la précaution doit s'appuyer sur la prudence qui s'impose aux acteurs publics et privés dès lors que leurs décisions présentent des risques potentiels ou avérés. La prudence implique de réfléchir sur la portée et les conséquences de ses actes et de prendre des dispositions pour éviter de causer des dommages à autrui. . L'Etat, ce «réducteur de risques et d'incertitudes« Les responsabilités de l'Etat en matière de gestion des risques sont évidentes et considérables. L'évolution des risques et leur répétition postulent une intervention plus étendue de l'Etat. Son rôle dans ce domaine ne fait l'objet d'une quelconque contestation puisque la gestion des risques répond parfaitement à une préoccupation de maintien de l'ordre public. Autrement dit, l'Etat peut, à notre avis, en faire la meilleure ou la pire des choses: la meilleure, s'il parvient à mettre en place des mesures efficaces améliorant réellement la sécurité des citoyens; la pire s'il se transforme en un carcan rigide préférant la fatalité à l'action ou la résignation à la mobilisation. Plus profondément, l'idée même de succès ou d'échec supposerait que les objectifs poursuivis par le décideur soient clairement identifiables. L'intégration des autres facteurs institutionnels apparaît nécessaire dans le cours normal de participation qui tend désormais à donner un contenu plus démocratique à la gestion des risques et des crises. «L'Etat, disait Hobbes, est le réducteur des incertitudes«. Il doit mettre en oeuvre tous les moyens dont il dispose pour agir contre «les illusions du progrès«, pour reprendre la formule de Georges Sorel. . Les risques ne sont plus ce qu'ils étaientDeux mesures: La fréquence et la gravitéLes figures du risque ont beaucoup évolué au cours de ces dernières années. Aujourd'hui, il est possible d'user de la modernité des risques pour lui attribuer un sens plus précis rattaché à un avènement fortuit, relevant du hasard, du pur aléa.Faisant partie intégrante des sociétés, le risque pose la question lancinante de la mise en place d'une démarche volontariste pour l'anticiper, le prévoir et donc le gérer et en réduire les effets.Le risque se caractérise par deux grandeurs, la fréquence qui mesure la probabilité d'occurrence de la situation dommageable, et la gravité qui mesure les conséquences des sinistres, généralement exprimées en unités monétaires.Les risques peuvent être d'origines diverses: inondations, cyclones, orages, tempêtes, perturbations atmosphériques violentes, séismes et secousses sismiques, incendies et feux de forêts, risques financiers dus à la hausse du prix du pétrole, au renchérissement des marchés de capitaux, risques technologiques particulièrement les risques chimiques et radioactifs, les accidents de la circulation, les incendies et explosions, les accidents liés au transport de substances dangereuses, risques sociaux liés à de fortes concentrations de personnes ou de constructions multiples etc.Ces risques dont les conséquences seraient intolérables pour la société et l'Etat doivent être identifiés et traités en priorité. Il serait illusoire et d'ailleurs absurde de prétendre résoudre et traiter tous les risques. Une méthodologie appropriée et adaptée doit être mise en oeuvre pour gérer efficacement cette multitude de risques.

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