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    Prévention des MST: Des imams «branchés»

    Par L'Economiste | Edition N°:2294 Le 09/06/2006 | Partager

    . 300 intervenants religieux ciblés dans un premier temps. Ils serviront de relais auprès de leurs pairs et des populations. Une enquête révèle de grandes lacunes dans les connaissances des MST Prêcher efficace. Tel pourrait être le credo de la Ligue marocaine de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles (LMLMST) qui cherchent à former et impliquer «effectivement» les imams dans les actions de sensibilisation. Qui, en effet, mieux qu’un imam ou une mourchidat, avertis et bien informés, pourrait sensibiliser sur le sida et les infections sexuellement transmissibles (IST), sujets relevant encore pour beaucoup du domaine du tabou. En mettant à profit leur proximité de la population, ces acteurs religieux pourront toucher une bonne partie des personnes exposées et assurer ainsi une sensibilisation de proximité. Organisé par la LMLMST, en partenariat avec les ministères des Habous et des Affaires islamiques et la Santé publique, ce programme de formation et de mobilisation s’étend sur deux ans (2005-2007) et bénéficie du soutien financier du Fonds mondial à hauteur de 100.000 dollars (environ 800.000 DH). Il prévoit notamment des ateliers pour doter les imams et prédicateurs des compétences et de la formation nécessaires pour lutter contre la propagation du fléau des IST et du sida. L’idée est d’amener les participants à assurer une prise en charge et un soutien aux personnes exposées ou atteintes en s’inspirant des préceptes religieux. L’expérience menée dans ce sens sous d’autres cieux en Afrique et dans le monde arabe a donné des résultats probants. Les participants apprendront donc comment tirer profit des préceptes religieux dans cette lutte et comment propager cette culture dans la société, en particulier auprès des franges les plus exposées. Selon le président de l’association, pas moins de 300 imams, prédicateurs et mourchidates seront ciblés dans un premier temps. Ils constitueront le noyau dur qui ainsi formés serviront ensuite de relais pour une diffusion plus large des informations sur le sida et les MST auprès de leurs pairs et, partant, d’un large éventail de la population. Cette méthode, dite en «cascade», est largement appliquée et a porté ses fruits avec d’autres acteurs. Le président de la LMLMST évoque en particulier une première expérience menée avec succès dans les années 90 avec les militaires. C’est d’ailleurs également la démarche adoptée par des ONG qui recourent aux éducateurs pairs pour leurs actions de formation et sensibilisation. Pour commencer, les initiateurs du projet prévoient donc une série d’ateliers de formation pour les imams pour mettre à niveau leurs connaissances sur les questions liées aux MST et sida. En effet, une enquête menée auprès de 365 imams à travers le pays, sur des questions relatives aux IST/sida, leur perception quant aux risques, modes de transmission ou encore la curabilité ou non du sida par exemple a révélé de grandes lacunes. «Les connaissances de la population sondée sur les IST sont confuses, lacunaires ou erronées. Elles sont basées essentiellement sur des expériences personnelles limitées», fait remarquer le Pr. Sekkat. Pis encore, 25 à 30% des sondés avouent avoir entendu parler des IST, sans plus. Ainsi 28% des personnes interrogées considèrent la tuberculose, le paludisme, des formes d’eczéma comme des IST. Et un peu moins d’un tiers de l’échantillon identifient les symptômes des IST aux écoulements des parties génitales. 20% se les représentent, eux, comme des manifestations d’ulcération de l’appareil génital. S’agissant du mode de transmission, pour 90% des sondés, les IST se transmettent par le sang et non par voie sexuelle. Plus édifiant, la forte proportion de ces intervenants religieux, près de la moitié, qui croit en l’efficacité de la thérapie traditionnelle dans le traitement des ISH/sida. S’ils sont relativement mieux informés sur le sida, une grande confusion et un amalgame caractérisent leurs connaissances. C’est dire que cette formation-action tombe à point nommé, comme l’ont reconnu des participants à la journée organisée lundi dernier par la ligue. Mais fait surprenant, l’étude montre que les imams avouent avoir à l’occasion abordé le sujet des IST (61% des sondés). Ce qui dénote d’une certaine ouverture d’esprit et une écoute aux questions sociales. Ouverture que dénote également la disposition de ces acteurs religieux interrogés à s’engager et se mobiliser dans la lutte contre le sida notamment. «Une attitude qui tranche franchement avec celle de leurs aînés, il y a une vingtaine d’années», note le Pr. Sekkat. C’est ce que laissent entendre les commentaires des participants à la journée organisée lundi dernier. Ils sont conscients du rôle qui leur incombe dans la lutte contre la propagation des IST et le sida et souhaitent être mieux formés sur ces questions. D’ailleurs, selon l’enquête, c’est à peine 2% des sondés qui sont totalement fermés pour toute action de formation. Ils refusent de s’impliquer.K. E. H.

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