×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    eleconomiste

    eleconomiste
    International

    Présidentielles françaises
    Ces «traîtres» qu’on n’a pas vu venir
    De notre correspondant à Paris, Antoine CLAUSE

    Par L'Economiste | Edition N°:2488 Le 20/03/2007 | Partager

    . Comment les «dissonants» vont peser au cours des élections. La gauche plus touchée que la droiteLA seule chose que savent les sondeurs est qu’ils ne savent plus rien. Jamais les sondages n’avaient été aussi nombreux dans une campagne électorale, mais jamais ils n’avaient non plus été aussi imprécis et inutiles. La raison? Les «Dissonants». Et un «dissonant», c’est quoi? C’est un électeur qui vote pour un candidat qui n’appartient pas à son camp politique. Exemple: un gaulliste qui vote Ségolène Royal tout en affirmant qu’il n’est pas socialiste et qu’il restera toujours gaulliste. Ou l’inverse. Le phénomène est totalement nouveau, gagne en importance et pourrait toucher près d’un votant sur cinq!Ce sont des chercheurs de Sciences Po qui ont vraiment découvert le phénomène lors d’une enquête effectuée en novembre et décembre derniers. Ils se sont aperçu que 12,8% des Français, qui donnaient une intention de vote, allaient déposer un bulletin pour un candidat qui n’appartenait pas à leur famille politique. A l’intérieur de ce phénomène qu’ils ont appelé de «dissonance», ils ont constaté que la gauche était beaucoup plus touchée que la droite. Il est après tout logique que des femmes de droite (le phénomène est en effet majoritairement féminin), un peu effrayées par le discours de Nicolas Sarkozy, préfèrent celui beaucoup plus maternel et rassurant de Ségolène Royal. Mais il est en revanche totalement aberrant que des Français qui se disent de gauche et qui en 2002 et 1995 ont voté à gauche, et surtout à l’extrême gauche, déclarent voter pour un candidat de centre droit, de droite ou d’extrême droite.La dissonance «gauche vers droite» est cinq fois plus importante que la dissonance «droite vers gauche». La dissonance électorale la plus importante touche des électeurs de gauche qui affirment leur intention de voter en faveur de Nicolas Sarkozy (4,2% de l’échantillon). Ensuite, la dissonance gaucho-lepéniste (1,5% de l’échantillon) pèse autant que la dissonance gaucho-bayrouiste (1,5%). En d’autres termes, 7,2% de Français, en décembre 2006, allaient voter pour un des 3 candidats de droite en tête des sondages, alors qu’ils sont de gauche. C’est énorme. Et depuis, contrairement à ce que croyaient les chercheurs, le phénomène ne s’est pas atténué et il explique même une bonne partie de la progression spectaculaire de François Bayrou qui dépasse largement les 20%, alors qu’au moment de l’enquête de Sciences Po il était encore en dessous de 10%. La logique de tout cela? Il n’y en a pas. Tout juste peut on trouver quelques constantes sociologiques: les «dissonants» sont plutôt des «dissonantes» et en général d’un milieu populaire. Sauf chez François Bayrou: les gens de gauche nombreux à voter pour lui sont plus âgés que les autres, issus des classes moyennes et en général plus diplômés. Ce sont des déçus du ségolénisme qui considèrent tout bêtement que François Bayrou ferait un meilleur président que Ségolène Royal. . «Droitisation» de SarkoCes électeurs sont des «traîtres» à leur propre camp. Mais ils ne trahissent sur aucune logique politique clairement identifiable et sont par conséquent totalement imprévisibles. Les instituts de sondage espèrent que plus l’élection va se rapprocher, plus ils vont revenir vers leurs camps d’origine. Mais cela ne semble pas du tout en prendre le chemin. A tel point que beaucoup d’hommes politiques commencent à reprendre goût à la vieille idée de la troisième force. Gaston Defferre en avait rêvé, François Bayrou est peut être en train de le faire. A l’époque de Gaston Defferre, il s’agissait de créer une force politique entre le MRP et la SFIO. Cette fois c’est entre l’UMP et le PS. Avec la «droitisation» de Nicolas Sarkozy et une certaine «bunkerisation» du PS, de Jean Louis Borloo à Dominique Strauss-Kahn, beaucoup pensent que cela est peut être jouable. Pour l’instant, tous ces gens de gauche et d’extrême gauche qui sont en train d’assurer la popularité grandissante de François Bayrou, le suivent pour une double raison totalement contradictoire: ils sont rassurés parce ce qu’il est un bon catholique de province un peu réac et séduits parce qu’il passe pour un rebelle. Sa rébellion se limite pour l’instant à un acte d’un courage incommensurable: il a dit à Claire Chazal en direct que TF1 traitait mieux Royal et Sarkozy que lui-même! C’est bien peu. Et François Hollande, premier secrétaire du PS, issu de Sciences Po et de l’Ena, reconnaît lui-même qu’il n’a plus les armes intellectuelles pour comprendre une telle errance politique à gauche. En 1992, les Américains avaient découvert les «fed ups», c’est-à-dire tous les électeurs qui en ont «ras le bol» et qui votent pour un candidat antisystème quel qu’il soit. Les Anglais et les Français en ont hérité. Maintenant aux «fed ups» il faut rajouter les «dissonants», les présidentielles vont devenir de vraies loteries.

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc