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    Première à s'industrialiser : L'aviculture d'aujourd'hui stagne

    Par L'Economiste | Edition N°:103 Le 11/11/1993 | Partager

    Le secteur avicole s'était lancé dans l'industrialisation il y a une vingtaine d'années. Cependant, aujourd'hui l'offre est en quasi-stagnation. Si ce ne sont pas les problèmes sanitaires qui pèsent de temps à autre sur la production, le déficit d'organisation contribue en revanche largement à bloquer la progression.

    Avec un investissement global de plus de 1,5 milliard de DH, 15.000 emplois directs et 20.000 indirects, et un chiffre d'affaires de prés de 3 milliards de Dirhams en 1992, le secteur avicole, partagé entre l'industrie et l'élevage, tente d'élargir sa place dans le tissu économique.

    Depuis plusieurs années, le comportement général du marché est fortement déterminé par l'offre du secteur moderne ou industriel.

    Ce dernier fournit respectivement 70% de la production totale de viande blanche et un peu plus de 50% de la production locale d'oeufs. Il accuse pourtant une réelle difficulté à maintenir une croissance régulière depuis 1977, année au cours de laquelle s'est produit le renversement de la situation dans la répartition de la production de viande blanche.

    Une production stagnante depuis cinq ans

    Durant cette année 1977, la production industrielle est montée à 56.000 tonnes contre 31.000 l'année précédente. La production traditionnelle passait pour sa part à 34.000 tonnes, contre 33.000 tonnes un an plus tôt.

    L'offre de viande blanche provenant des fermes modernes a par la suite fortement progressé pour culminer à 101.000 tonnes en 1986 avant de revenir à 100.000 en 1992 avec des fluctuations plus ou moins importantes entre les deux périodes.

    En revanche, le secteur traditionnel poursuit une croissance régulière, malgré une faible productivité, atteignant 50.000 tonnes en 1992. La production totale a observé la même tendance, progressant de 4% entre 1991 et 1992, à 150.000 tonnes.

    En ce qui concerne la production d'oeufs qui croît à peu près au même rythme, le secteur traditionnel garde une certaine prépondérance avec une offre souvent supérieure. En 1992, le secteur industriel n'avait atteint que 605 millions d'unités contre 770 millions pour le traditionnel.

    Concentration sur l'axe Kénitra Casablanca

    L'aviculture moderne est principalement centrée sur l'axe Kénitra- Rabat-Casablanca. L'épine dorsale de l'activité est constituée par la production de poussins (accouveurs et multiplicateurs), d'oeufs et de poulets de chair (3.200 éleveurs au total). Il s'y greffe un groupe de branches constituées par la provende (21 unités de production d'aliments), la construction de matériels, l'abattage, la distribution et les services vétérinaires.

    Nonobstant la volonté de modernisation du secteur entamée depuis plusieurs années, la production est toujours en deçà des potentialités du marché. Corrélativement, la consommation de produits avicoles est encore jugée très faible au Maroc, comparativement aux pays occidentaux, même si l'aviculture contribue pour 40% dans la ration de protéine d'origine animale. Elle stagne autour de 6 kg par habitant pour la viande blanche, contre 32 en France, 36 au Canada et 38 aux U.S.A. La consommation d'oeufs est pour sa part de prés de 30 unités par an et par habitant et tourne autour de 300 unités dans les pays occidentaux.

    Ce retard constaté en amont et en aval résulte en fait de plusieurs maux. Le développement du secteur avicole est d'abord contrarié par les problèmes sanitaires auxquels sont confrontés les élevages.

    Les maladies, telles que la salmonelle, la coccidiose, la peste, la gomborro, entraînent des pertes importantes. S'y ajoutent une certaine "insouciance" quant à la gestion des cadavres et le manque de techniciens spécialisés dans l'aviculture. Autre problème, les coûts de production constitués pour l'essentiel de l'alimentation (70% des charges) sont jugés très élevés. Dans tous les cas, il est reconnu que le secteur est mal organisé.

    Problèmes sanitaires et fluctuation des prix

    Une association interprofessionnelle regroupant tous les intervenants se fait encore attendre. Elle pourrait jouer un rôle dans la mise en place d'une véritable filière des produits avicoles, de la production de poussins à la commercialisation de la viande blanche et des oeuf s, estiment les observateurs.

    En effet, pour les poulets, le problème demeure quant à la maîtrise de l'offre, entraînant de facto des fluctuations assez erratiques des prix. La production emprunte essentiellement le circuit traditionnel (vente aux enchères dans les marchés de volailles, distribution à travers les points de ventes au vif, tuerie et boucherie).

    Outre l'existence d'une véritable chaîne de froid, le rôle des abattoirs modernes se trouvent toujours au premier plan.

    En dehors de l'aspect sanitaire, ils peuvent largement contribuer à la régulation du marché. Pour l'heure, les tueries, dernier maillon du circuit de distribution, avant la boucherie, semblent bloquer la voie.

    Les expériences de Tanger et de Rabat ont illustré la très forte résistance de certains intervenants à la modernisation du secteur.

    A.D.N.

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