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    Premier Samu social pour septembre

    Par L'Economiste | Edition N°:2082 Le 09/08/2005 | Partager

    . Objectif: Mettre hors de danger les plus vulnérables . Moyen: Un camion et des équipes pour secourir dans l’urgence . Les femmes et les enfants, la priorité Le premier Samu social de Casablanca, placé sous la houlette du Secrétariat d’Etat chargé de la Famille, verra le jour d’ici moins d’un mois. Jusque-là, il n’y avait aucune structure dans la capitale économique pouvant apporter une aide d’urgence aux personnes vulnérables. Seule l’association Bayti assure des tournées de nuit, et ce, depuis seulement deux mois. Le reste du temps, ce sont les services de police qui se chargent de réacheminer les personnes en grande difficulté vers le centre d’accueil de Til Mellil, actuellement en phase de rénovation. La création du Samu social a pris plus de deux ans. Dans la pratique, son installation passera par une “phase pilote” qui s’étendra sur un an, à partir de septembre. “Il a fallu dégager une priorité”, indique Claire Bouzigues, chargée de projet. Elle concerne les femmes et les enfants. “On ne peut pas prendre tout le monde pour le moment”, ajoute la jeune femme. Le démarrage effectif des activités est prévu pour novembre. A quoi va servir le Samu social? “Aider les personnes en grande détresse. Aller à la rencontre, dans la rue, de ceux qui n’ont plus la force de lancer un appel. Il s’agit d’être là quand toutes les portes sont fermées”, explique Claire Bouzigues. Le staff sera composé d’une quinzaine de personnes en tout, dont deux infirmiers, psychologues et travailleurs sociaux. Les équipes mobiles d’aide (EMA) sillonneront la ville durant la nuit -de 21 h à 6 h du matin- à bord d’un camion médicalisé, facilement reconnaissable. Par ailleurs, des personnes circuleront en mobylette en journée afin de repérer les enfants et les femmes en rupture sociale. Parmi les membres du Samu social -hommes et femmes-, il y aura des berbérophones ainsi que des arabophones. Leur mission, sur le terrain, est d’établir un diagnostic médical et donner les premiers soins d’urgence. Les plus en danger seront dirigés vers l’hôpital le plus proche. L’hiver, le Samu distribuera des couvertures, des vêtements chauds, des chaussures, des boissons… De même, les équipes mobiles développeront, outre leur activité de soutien psychologique et d’aide médicale, une action de prévention. L’éducation à la santé et notamment l’information des jeunes sur les dangers auxquels ils sont exposés (exploitation sexuelle, toxicomanie, violence physique…) devrait être au centre de leur intervention. L’équipe sera en mesure également de répondre aux anxiétés, volet primordial de ce type d’action. “C’est le travailleur social qui ira à la rencontre des victimes qui n’ont plus la volonté d’aller trouver les associations”, explique Claire Bouzigues. Le cas échéant, “et quand la personne veut bien parler, on pourra lui proposer différents types de services”. Pas de formule magique: “C’est du cas par cas!”. Une base de données sera constituée également pour assurer une assistance régulière. De même, un centre d’accueil ouvrira en parallèle (fin 2005) afin d’assurer des entretiens approfondis. Ouvert le jour, il recevra les enfants et jeunes femmes sans-abri rencontrés lors des “tournées”. Par ailleurs, le centre accueillera, pour quelques heures la nuit, les personnes pour qui il est vital d’être hébergées d’urgence, jusqu’à l’ouverture des centres d’accueil habituels.La phase pilote requiert un budget de fonctionnement de 3 millions de DH, financé en partie par des institutions publiques (ministère de la Santé, wilaya du Grand Casablanca, Secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées, mairie de Casablanca, ambassade de France…) . Mais, le Samu social est également à la recherche de fonds privés pour compléter le budget. Et permettre, à terme, de venir en aide aux hommes de 35/45 ans, “une population très difficile avec une grosse problématique de drogue et d’alcool”. Il y a aussi des mendiants, des handicapés “qui dorment la nuit dans leurs fauteuils roulants”, et des vieillards. “C’est un phénomène récent, 4 ans je crois, et en plein boom. A priori personne ne s’occupe d’eux”, explique Bouzigues. Le Samu social constitue ainsi le premier maillon d’une chaîne qui va de l’urgence à l’insertion. “Nous cherchons simplement à mettre en place un processus de prise en charge, au nom de la dignité que l’on doit à toute personne exclue des mécanismes traditionnels”. Mais la mission n’est pas facile: la rue change “de visage” une fois la nuit tombée. Certains quartiers, comme le port de pêche, deviennent le territoire de délinquants de toutes sortes.


    Orienter

    L'idée de créer le premier Samu social à Casablanca vient de Yasmina Baddou, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées, suite à une visite, en novembre 2003, du Samu social de Paris (créé en 1998 par le docteur Xavier Emmanuelli). En octobre 2004, une mission exploratoire est envoyée de Paris afin de rencontrer les principaux acteurs (institutions et associations). Quelques mois plus tard (janvier 2005), le projet passe à une autre phase: l’étude de faisabilité. Claire Bouzigues, 27 ans, est chargée de mener à bien cette mission. Titulaire d’un DESS en gestion de projet humanitaire, la jeune femme ira, pendant plus de six mois, à la rencontre de ceux qui s’occupent de personnes en situation d’exclusion. Double objectif: s’imprégner des difficultés rencontrées par les plus défavorisés au Maroc et mettre en place, ensuite, un réseau d’assistance afin de définir les rôles de chacun. Mission accomplie en juin dernier. Le réseau est constitué de diverses associations que l’on connaît bien: Al Ihssane de l’orphelinat Lalla Hasna, Amesip (Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire), Bayti, Heure joyeuse, Solidarité féminine, Unité de l’action féminine... En tout, une douzaine d’acteurs sociaux avec chacun des rôles précis. Notamment l’évaluation du stade de désocialisation et ensuite l’orientation de ces personnes vers les structures adéquates.Céline PERROTEY

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